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Nouvelles

À propos de l'euthanasie…

26 octobre 2013

Par Jean-Michel Genois-Gagnon
Journal Le Soleil

Le concept de l’euthanasie et du suicide assisté fait couler beaucoup d’encre à travers le monde depuis plusieurs  années, voire des décennies. Une majorité de pays refusent toujours d’y avoir recours, avec quelques exceptions, notamment les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et certains États américains.

Au Québec, environ 75 % des citoyens sont en faveur d’une intervention directe du médecin à la demande du patient et entre 68 et 69%des Canadiens sont aussi pour, selon Jean Mercier, membre d’un mouvement qui défend le droit de mourir dans la dignité. «Les médecins ont sonné l’alarme depuis environ quatre ou cinq ans, car ils se retrouvaient face à des cas qui étaient de plus en plus difficiles à administrer sur le plan médical.» Par exemple, «des sédations terminales pouvaient s’étendre sur deux semaines».

«L’aide médicale à mourir signifie pour nous [au Québec] l’utilisation de l’euthanasie et non pas du suicide assisté», tient à préciser celui qui est professeur de science politique à l’Université Laval. Le suicide assisté est permis en Suisse et dans les États de l’Oregon et de Washington. Lors d’un suicide assisté, le citoyen doit lui-même prendre la substance, faire un geste, tandis que «l’aide médicale à mourir au Québec est davantage pensée en termes d’injection. Un protocole devra être suivi et entre 10 et 15 minutes après l’injection d’une substance très précise, le patient trouvera la mort».

L’euthanasie est un usage de procédés qui permettent d’anticiper la mort ou de provoquer la mort, pour abréger l’agonie d’un malade incurable, ou lui épargner des souffrances extrêmes. Elle peut être active, c’est-à-dire que la mort est causée par l’administration d’un produit, ou passive lorsqu’un arrêt des soins est amorcé, et seuls des soins dits de «confort» sont prodigués.

«Au Québec, si on adopte une loi [projet de loi 52], elle va être davantage dirigée vers l’euthanasie, une aide qui est prescrite par le médecin traitant à la demande du patient», estime le professeur. Plusieurs consignes et conditions devront être respectées si le projet de loi 52 voit le jour. «Le patient devra en faire la demande à plusieurs reprises, et seul un médecin pourra répondre à cette demande, mais ce dernier aura le droit de refuser. Il faudra aussi s’assurer que le patient est apte à répondre, qu’il est bien sain d’esprit et qu’il est atteint d’une maladie incurable.»

PROCÉDURES RECONNUES
À ce jour, la procédure reconnue pour diminuer la souffrance des patients comprend plusieurs étapes. Premièrement, le médecin traitant prescrit l’arrêt des traitements actifs avec l’accord du patient. Deuxièmement, le médecin prescrit un plan de soins, comprenant la médication appropriée (antidouleur, antidépresseur) qui a comme principal objectif de soulager le patient de tous ses inconforts psychologiques et physiques qui précède sa mort. La troisième étape, lorsque l’évolution clinique du patient l’exige, le médecin peut prescrire une sédation terminale, où l’on endort le patient pour apporter un soulagement au dernier moment de sa vie.

On permet les différentes étapes de la procédure parce que l’effet premier n’est pas de mettre fin à la vie du patient,mais bien de le soulager et de l’accompagner durant les derniers moments de sa vie. «Cela entraîne un autre effet, cependant, qui est d’accélérer sa mort, mais ce n’est pas directement de rechercher la mort. C’est la théorie du double effet», souligne M. Mercier.

Avec l’euthanasie, il n’y auraitqu’un effet : entraîner la mort dans les 10 à 15 minutes qui suivent l’injection.

CONTRADICTION?
«Les dirigeants des soins palliatifs voient une contradiction entre les soins palliatifs et l’aide médicale à mourir [euthanasie]. Si le médecin a l’option de l’aide médicale à mourir, peut-êtrequ’il va y recouriraulieu des soins palliatifs. Ils voient une contradiction entre les deux, l’un va empêcher l’autre. Dans la réalité, les pays qui ont l’aide médiale à mourir ont aussi les meilleurs soins palliatifs au monde, il n’y a pasdecontradiction et il n’y a pas d’opposition. C’est vu comme une continuité des soins», précise M.Mercier. «Et ceux qui pensent qu’il y a des dérapages dans les pays qui ont accepté l’euthanasie, c’est faux! La commission d’enquête de la Société RoyaleduCanada a concluqu’il n’y a pas de dérapage dans ses pays.»

Par ailleurs, M. Mercier craint que si le projet loi 52 était accepté, des gens qui mériteraient d’y avoir accès pourraient être refusé.

«Je crains que ceux qui travaillent sur le projet de loi actuelle n’incluent pas les gens qui ne sont pas à l’article de la mort, mais qui sont très souffrants et qui ont une maladie organique constatée et vérifiable. Je crains que ces personnes soient exclues.  Une personne enfermée dans son corps devrait avoir le choix.»