Don par téléphone

Contacter la fondation de l’Université Laval au 418-656-3292


Don par la poste

Imprimer cette fiche remplissez-la et postez-la avec votre paiement à l’adresse suivante :

Faculté des sciences sociales
Pavillon Charles-De Koninck
1030, av. des Sciences-Humaines
Local 3456-E
Québec (Québec) G1V 0A6

Nouvelles

Cindy Chamberland: les gamers dans l'oeil de la chercheuse

27 novembre 2013

Article journal Le Soleil
Par Jean-François Néron

Cindy Chamberland a remporté un prix canadien pour sa recherche sur l'analyse du mouvement oculaire en lien avec la réussite d'un jeu vidéo. Sur la photo, la chercheuse porte un type de lunettes qui peuvent analyser le mouvement oculaire, bien qu'il n'a pas servi pour la recherche décrite ici.

À seulement 31 ans, Cindy Chamberland, boursière postdoctorante en psychologie cognitive de l'Université Laval, a réalisé une grande première dans le monde des jeux vidéo. «Habituellement, les entreprises comme Ubisoft, avec qui nous avons travaillé, évaluent les jeux de façon suggestive, raconte-t-elle. Des gens observent les testeurs de jeux, regardent s'ils ont du plaisir. Ils leur remettent ensuite un questionnaire pour qu'ils évaluent le jeu, savoir s'ils sont satisfaits.»

La démarche de la jeune chercheuse était d'évaluer cette satisfaction à partir de critères objectifs, plus précisément, ici, l'analyse du mouvement oculaire. Des appareils intégrés à l'écran ont permis de mesurer en temps réel le mouvement de 25 joueurs durant une partie de 45 minutes. Lors de l'analyse des résultats, des cercles apparaissaient à l'écran aux endroits où ils avaient regardé. Plus ils étaient grands, plus les joueurs avaient posé longtemps les yeux au même endroit.

Mme Chamberland a ensuite comparé les mouvements oculaires des joueurs qui ont obtenu du succès avec ceux qui n'en avaient pas. Elle a conclu que les seconds omettaient de regarder plusieurs zones à l'écran où se trouvaient des «informations critiques» pour permettre de réaliser la tâche demandée.

Cette approche s'appelle la psychologie cognitive. Elle s'applique à de nombreux domaines d'activités. «Quels sont les processus cognitifs qui entrent en jeu dans la prise de décision d'un individu? Lorsque nous identifions ces processus, nous pouvons faire des recommandations pour augmenter la performance en prenant compte de la limite des capacités humaines et diminuer les erreurs», explique la chercheuse, qui travaille parallèlement à d'autres projets dans les secteurs de l'aviation, du marketing, de la sécurité civile et de la santé. Depuis sa première année au baccalauréat, Mme Chamberland savait qu'elle était destinée à la recherche appliquée alors que la plupart se dirigent vers la pratique en clinique. «J'ai d'abord commencé à m'intéresser à la mémoire. Je voulais savoir comment pouvoir l'améliorer.»

Aujourd'hui, ses champs d'intérêt sont multiples, et, surtout, elle trouve valorisant le fait que les conclusions de ses recherches servent à l'amélioration de pratiques diverses. «Avec la recherche sur les jeux vidéo, les créateurs disposent maintenant d'une donnée objective qui les aidera dans la conception des jeux», soutient-elle.

En effet, les insuccès d'un gamer peuvent conduire à son désintéressement du jeu. Avec les données qu'ils disposent, les concepteurs créeront possiblement des «tutoriels intelligents» adaptés à la capacité des joueurs. Peut-être même pourront-ils établir des paramètres personnalisés selon les mouvements oculaires. En découleront une meilleure courbe d'apprentissage et, par conséquent, le maintien de l'intérêt pour le jeu.

Mitacs, qui octroie le prix à Mme Chamberland, se définit comme une organisation nationale de recherche à but non lucratif qui encourage la prochaine génération d'innovateurs en les aidant à acquérir des compétences scientifiques et commerciales essentielles à leur réussite. Cindy Chamberland a reçu son prix dans la catégorie pour l'innovation exceptionnelle d'un stagiaire postdoctoral.