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Nouvelles

L'ironie: pas aussi drôle pour tout le monde

28 janvier 2014

Annie vient de remporter le 10 km de l'Université Laval. Son copain l'attend à la ligne d'arrivée et lui lance: «On ne peut pas dire que tu es complètement dépourvue de talent». Que voulait-il réellement dire? Voilà le type de questions qui a permis à Geneviève Gaudreau, étudiante au doctorat en psychologie, et aux professeurs Laura Monetta et Joël Macoir, du Département de réadaptation, Robert Jr Laforce et Stéphane Poulin, de la Faculté de médecine, et Carol Hudon, de l'École de psychologie, de conclure que les individus avec un déclin léger de la cognition ont de la difficulté à saisir l'ironie. 

Les chercheurs arrivent à ce constat après avoir étudié 60 patients, dont la moitié souffrait d'un trouble cognitif léger. Ces sujets devaient distinguer les énoncés ironiques des énoncés mensongers contenus dans de courtes mises en situation. Les résultats, publiés dans un récent numéro de la revue Neuropsychology, indiquent que la compréhension des messages ironiques est deux fois moins bonne chez les sujets avec déficit cognitif que chez les sujets normaux.

«Les personnes âgées présentant un trouble cognitif léger se plaignent de pertes de mémoire, mais elles sont toujours autonomes et fonctionnelles. Ce n'est pas un état de démence», précise Laura Monetta. Leur déclin est tout de même plus rapide que ce qu'on observe chez les gens qui vieillissent normalement. Il s'agit d'une étape appelée phase prodromique de l'alzheimer durant laquelle se manifestent des symptômes précurseurs de cette maladie. D'ailleurs, les individus aux prises avec ce trouble ont dix fois plus de risque que les personnes en santé de souffrir ultérieurement d'alzheimer.

La compréhension d'un énoncé ironique demande un effort cognitif important, signale la chercheuse. En plus de comprendre ce que dit le locuteur, le récepteur doit saisir ce qu'il veut dire en réalité. «Ce processus est étroitement lié à la capacité d'attribuer une intention ou un état à une autre personne, phénomène relevant de la mentalisation», souligne-t-elle. 

Des chercheurs ont déjà démontré que les personnes atteintes de certaines maladies neurodégénératives telles que l'alzheimer éprouvent de la difficulté à saisir l'ironie. «Notre étude est l'une des premières qui rapportent la présence de ce même déficit chez les individus ayant un trouble léger de la cognition. Plus précisément, elle illustre l'existence de cette difficulté chez les personnes dans la phase prodromique de la maladie d'Alzheimer», conclut la professeure.

Source: Dominique Brunet-Vaudrin, Le Fil