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Nouvelles

Égalité homme femme: l'insatisfaction demeure

29 janvier 2014

Les hommes et les femmes ont beau être pour l'égalité en ce qui concerne le partage des tâches domestiques et parentales, ils souhaitent avant toute chose que l'équité règne au sein du couple, en somme, que les deux fassent leur part. C'est l'un des constats que fait Julie Garon dans son mémoire de maîtrise en sociologie, sous la direction de Madeleine Pastinelli. L'étude visait à mieux comprendre l'écart entre les attentes et la réalité des parents dans le partage des tâches.

«La différence entre l'égalité et l'équité est que l'égalité suppose un partage moitié moitié des tâches de même qu'une interchangeabilité dans les rôles, explique Julie Garon. L'équité renvoie plutôt au sentiment de justice que l'on ressent quand les deux membres du couple s'investissent également dans les tâches ménagères et parentales, et ce, même si le type d'investissement diffère selon le sexe.»

Aux fins de sa recherche, Julie Garon a mené des entrevues auprès de huit femmes et de huit hommes. Tous détenaient des diplômes universitaires et occupaient des emplois à temps plein, à l'exception d'un seul qui terminait son doctorat tout en travaillant à temps partiel. Ils étaient âgés de 33 ans en moyenne et étaient parents d'un enfant. À noter que les participants n'appartenaient pas au même couple afin de ne pas biaiser les données. En effet, précise Julie Garon, des chercheurs ont remarqué que lorsqu'ils étaient interviewés ensemble, les deux conjoints tentaient de présenter une façade conjugale unie et allaient même jusqu'à remettre en cause leurs perceptions pour les faire correspondre à celles de leur partenaire.

Si les femmes étaient plus nombreuses que les hommes à ressentir l'inégalité au quotidien, elles choisissaient de sacrifier leur désir d'égalité pour ne pas nuire au bien-être collectif familial, rapporte Julie Garon. Elles estimaient également qu'il était parfois plus facile d'accomplir certaines tâches ménagères que d'expliquer à leur conjoint quoi faire. Par ailleurs, les participants correspondaient aux modèles traditionnels dévolus à leur sexe. Par exemple, les hommes sortent les poubelles, pellettent la neige et prennent rendez-vous au garage pour faire réparer la voiture. De leur côté, les femmes prévoient qu'il faudra acheter un nouvel habit de neige au petit, prennent les rendez-vous familiaux et inspectent la boîte à lunch pour voir si tous les légumes ont été mangés.

«Mes répondants se sentaient très à l'aise dans ces modèles traditionnels, dit Julie Garon. Une femme m'a dit que c'était simplement par manque d'envie qu'elle ne jouait pas du marteau ni du tournevis. Pour excuser son manque de participation aux tâches parentales, un homme a indiqué que sa conjointe avait «naturellement» plus d'aptitudes à s'occuper des enfants.»

Même s'ils constatent que le partage des tâches n'est pas égal, les participants des deux sexes ne ressentaient pas pour autant le goût de modifier leurs habitudes. «Tout se passe comme si le statu quo était préférable à un bouleversement, un peu comme si le poids des habitudes était trop lourd, conclut Julie Garon. Bref, l'insatisfaction demeure.»

Source: Renée Larochelle, Le Fil