Don par téléphone

Contacter la fondation de l’Université Laval au 418-656-3292


Don par la poste

Imprimer cette fiche remplissez-la et postez-la avec votre paiement à l’adresse suivante :

Faculté des sciences sociales
Pavillon Charles-De Koninck
1030, av. des Sciences-Humaines
Local 3456-E
Québec (Québec) G1V 0A6

Nouvelles

Les dessous de l'anorexie et de la bigorexie

12 mars 2014

La bigorexie, ou dysmorphie musculaire, comprend plusieurs facettes. C’est tout d’abord un trouble mental qui touche les hommes pour qui l’entraînement constitue un moyen de sculpter leur corps tout en évitant d’engraisser. Ensuite, c’est un problème qui, à bien des égards, s’apparente à l’anorexie féminine, de là d’ailleurs sa dénomination « d’anorexie inversée ». C’est le sujet sur lequel se penche Isabelle Labrecque, doctorante en psychologie à l’Université Laval, dans le cadre de ses recherches.

Dans ses recherches au Laboratoire d’évaluation et d’intervention en problématique du poids, Mme Labrecque a comparé le profil psychologique de jeunes hommes souffrant de bigorexie avec ceux de femmes anorexiques et d’individus sains représentatifs de la population. Aux fins de son étude, elle a ciblé certaines variables psychologiques clés.

Rencontrée par Impact Campus la semaine dernière à l’Université Laval, Mme Labrecque a tenu à clarifier le stéréotype voulant que le bigorexique s’entraîne nécessairement deux fois par jour, sept jours par semaine. Selon elle, « c’est davantage la rigidité qui accompagne les comportements qui importe. On peut souffrir de bigorexie en s’entraînant aussi peu que trois fois par semaine. »

D’ailleurs, cette notion de rigidité comportementale fait partie d’une série de critères sur lesquels Mme Labrecque s’est basée pour mettre sur pied une entrevue diagnostique. Constituée d’une vingtaine de questions, cette entrevue lui a entre autres permis de constater que 90% des bigorexiques de son échantillon disent abandonner fréquemment des activités sociales afin de se concentrer sur leur entraînement. Dans son groupe constitué d’individus sains, ce nombre est de 10% seulement.

En ce qui a trait aux variables psychologiques étudiées, les découvertes de la doctorante confirment l’existence d’un parallèle entre bigorexie et anorexie au niveau de l’estime de soi corporelle et du perfectionnisme. « Ce que ça veut dire, c’est que les deux groupes partagent la même perception altérée de leur corps ainsi que la même quête effrénée d’excellence », a-t-elle analysé.

Mais là où la comparaison entre les deux groupes est la plus intéressante, c’est en ce qui concerne le narcissisme dit « grandiose ». En fait, ce n’est pas une ressemblance que Mme Labrecque a constatée, mais bien une différence. Selon elle, les idées de grandeur, l’arrogance et le besoin d’être admiré qui caractérisent ce type de narcissisme constituent une variable distinctive de la bigorexie.

Source: Impact Campus