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Nouvelles

La vie devant soi

13 mars 2014

Par Renée Larochelle
Journal Le Fil

La valorisation de l'effort et la capacité de se projeter à long terme dans un métier ou une profession: voilà des facteurs qui seraient à la base de la réussite scolaire chez les cégépiens. Bien plus que les qualités de pédagogue du professeur ou encore la réputation de l'établissement d'enseignement fréquenté, c'est en effet le système de valeurs de l'étudiant qui jouerait le plus grand rôle dans ses chances de succès. Voilà la conclusion à laquelle arrive Jacques Roy dans sa thèse de doctorat en sociologie supervisée par Daniel Mercure.

Aux fins de son étude, le chercheur, qui a lui-même enseigné une vingtaine d'années au Cégep de Sainte-Foy, a analysé les réponses aux questionnaires remplis par 4 289 étudiants provenant de 51 établissements collégiaux, tant publics que privés. Il a également mené des entrevues auprès de quelque 200 étudiants issus de son large échantillon. «Par exemple, une jeune fille qui souhaite devenir architecte et qui garde le cap sur le but qu'elle s'est fixée a plus de chances de réussir au collégial qu'une autre plus hésitante et moins enracinée dans son choix», affirme Jacques Roy.
À l'instar d'autres chercheurs, l'ex-enseignant a constaté qu'en général les filles réussissaient davantage que les garçons au cégep et qu'elles étaient également plus persévérantes. À cet égard, indique-t-il, les motifs d'abandon diffèrent selon le sexe: un garçon va ainsi songer à laisser ses études par manque d'intérêt, alors que la fille va plutôt invoquer le sentiment d'être dépassée par l'ampleur de la charge de travail. D'autres différences ont été constatées sur le plan de l'attitude adoptée en classe.

«Dans les cours, les filles sont plus disciplinées et plus conformistes que les garçons, en ce sens qu'elles ont plus tendance à s'attacher aux règles et à les respecter, dit Jacques Roy. Il semble donc que leurs valeurs s'harmonisent davantage avec le système d'éducation et ses exigences. Les garçons, eux, sont davantage dans un mode ludique où s'affirmer et avoir du plaisir prennent beaucoup de place.»

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, les étudiants qui occupent un emploi à l'extérieur ne réussissent pas moins bien que les autres. Ainsi, 72% des participants à l'étude travaillaient en moyenne 17h par semaine, ce qui ne semblait pas nuire à leurs études. «Les étudiants avaient développé des stratégies pour concilier leur emploi avec les exigences scolaires», souligne Jacques Roy.

Si ce chercheur avait un conseil à donner aux parents, quel serait-il? Ne jamais sous-estimer le soutien qu'ils peuvent accorder à leur enfant, et ce, même si ce dernier a atteint l'âge de la majorité. À preuve, les résultats de l'étude révèlent qu'il existe un lien entre la persévérance scolaire et le soutien des parents. On comprend donc qu'un jeune bien accompagné, à qui on a inculqué depuis l'enfance l'idée que les efforts et la persévérance mènent loin, a en mains toutes les conditions gagnantes pour réussir ses études et… gagner son indépendance.