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Nouvelles

Une expérience qui fait grandir

25 mars 2014

Vivre avec un parent aux prises avec un problème de santé mentale peut contribuer à forger la personnalité

Les adolescents vivant avec un parent ayant un trouble mental n'ont pas toujours la vie facile. En effet, le regard des autres sur soi peut peser lourd et les sorties en famille s'avérer très compliquées, quand elles ne sont pas carrément annulées pour cause de crise de panique du parent touché par le trouble en question. Mais tout n'est pas noir dans ce tableau aux teintes sombres; les ados peuvent même ressortir grandis de l'expérience.

C'est l'une des conclusions à laquelle en arrive Léonie Bélanger-Michaud, dans son mémoire de maîtrise en service social dirigé par Myreille St-Onge. Aux fins de son étude, Léonie Bélanger-Michaud a mené des entrevues auprès de 5 jeunes, quatre filles et un garçon, âgés de 14 à 18 ans. Tous bénéficiaient d'un suivi psychosocial en lien avec le trouble mental du parent, en l'occurrence la mère, dans cette recherche. Les troubles de l'humeur, d'anxiété, de la personnalité et d'abus de substance (alcoolisme) constituaient les problèmes de santé mentale rencontrés.

«Lorsque je leur ai demandé de nommer des aspects positifs liés à leur situation, les jeunes ont d'abord trouvé la chose difficile, dit Léonie Bélanger-Michaud. Puis, ils m'ont confié que l'état de leur mère les avait sensibilisés au fait de prendre soin de leur santé mentale, d'avoir une vie saine et de ne pas consommer de drogues. Ils rapportaient également être plus ouverts d'esprit face aux personnes ayant une maladie mentale et être moins enclins à les juger selon leur apparence ou leur attitude. Sans compter qu'ils avaient appris à gérer leur propre anxiété.»   

Il n'en demeure pas moins qu'au quotidien, les ados ne l'avaient pas facile et devaient naviguer entre l'irritabilité de leur mère, ses comportements autodestructeurs (mutilations, tentatives de suicide), la dépression, la surprotection, sans compter toute l'instabilité familiale générée par la situation. «Une participante m'a expliqué que lorsque sa mère manifestait de l'anxiété, elle se sentait anxieuse à son tour et qu'elle allait jusqu'à annuler une soirée prévue avec des amis pour rester avec sa mère, rapporte Léonie Bélanger-Michaud. Elle vivait de la culpabilité à l'idée de sortir.»

Dans cette foulée, certains avaient tendance à réconforter leur mère lors de crises ou encore à s'acquitter des tâches ménagères afin de lui rendre la vie plus facile. Ils pouvaient aussi adopter ce que Léonie Bélanger-Michaud appelle «l'attitude caméléon»: ma mère a besoin de parler à quelqu'un? Je me mets en mode écoute. Ma mère a besoin de se reposer? Je me mets en mode repos. Tout cela n'empêchait évidemment pas la colère ou le ressentiment de remonter à la surface à certaines occasions. En ce cas, les ados pouvaient se retirer physiquement ou encore décider de se «couper de leurs émotions», en regardant une émission de télé, par exemple.

Étonnamment, malgré toutes leurs difficultés, à peu près tous les ados de l'étude ont affirmé avoir une bonne relation avec leur mère, disant pouvoir s'y fier en cas de besoin, soulignant par exemple que leur mère prenait bien soin d'eux dans la mesure de ses capacités. «Elle essaie d'en faire beaucoup pour nous, a dit une répondante. Quand elle est le moindrement capable, elle va le faire.»

Invités à donner des conseils à d'autres jeunes vivant la même situation, les ados ont insisté sur l'importance de ne pas prendre toute la responsabilité de la santé mentale du parent sur ses épaules. En fait, leurs suggestions pourraient se résumer ainsi: parler à des gens en qui on a confiance, ne pas se laisser décourager… et faire du sport.

Source: Le Fil