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Nouvelles

les jeunes envahissent la politique

1er avril 2014

Les 18 à 29 ans n'ont jamais été aussi nombreux sur les bulletins de vote. En 2012, les jeunes sont sortis massivement dans les rues pour protester contre le gouvernement. Deux ans plus tard, ils aspirent à le former.

Avec 190 représentants, soit 23,3 % des 815 candidatures à travers la province, les 18 à 29 ans ont surpassé en nombre les quinquagénaires qui formaient la masse critique des candidats depuis 2007. En 2005 et en 1998, année où le Directeur général des élections du Québec a commencé à dresser le profil des aspirants députés, les 40 à 49 ans dominaient.

Ainsi, pour la première fois en 20 ans, les candidats qui nous sourient sur les pancartes électorales ont un peu moins de rides et de cheveux gris. Pour l'ex-président de la Fédération étudiante collégiale du Québec et plus jeune député élu à l'Assemblée nationale, Léo Bureau-Blouin, il ne fait aucun doute qu'il s'agit d'une conséquence directe du printemps étudiant, une hypothèse qui est partagée par tous les intervenants consultés par Le Soleil. «Il y a eu un éveil, une prise de conscience», avance celui souvent désigné comme modèle d'engagement par ses pairs.

Déjà, au scrutin de septembre 2012, le nombre de candidatures jeunesse avait bondi en flèche. Mais il a fallu attendre aux présentes élections avant que le groupe des moins de 30 ans devienne majoritaire. M. Bureau-Blouin croit qu'il s'agit d'une évolution normale pour ceux qui, à l'époque du conflit sur la hausse des droits de scolarité, s'engageaient pour la première fois. «Depuis, ils n'ont pas cessé leur implication», souligne celui qui formule l'espoir que la présence massive des jeunes se traduise par un intérêt marqué pour les dossiers qui les intéressent.

L'équation n'est pas si simple, selon le politologue membre de la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires de l'Université Laval Éric Montigny. Il fait remarquer que l'éducation et l'environnement, deux thèmes chers aux 18-29 ans, n'ont à peu près pas été discutés depuis l'appel aux urnes.

S'il partage ce constat, le vice-président de la Table de concertation des forums jeunesse régionaux du Québec, Félix Joyal, juge que les nouveaux venus en politique ont des préoccupations semblables à leurs aînés, mais que c'est dans la façon de les aborder ou de trouver des solutions qu'ils se distinguent.

Selon lui, une plus grande présence de jeunes à l'Assemblée nationale voudrait notamment dire davantage de communication sur les réseaux sociaux pour intéresser leurs confrères à la chose publique. La littérature démontre quant à elle que les députés verts ont tendance à passer plus de temps dans leur circonscription, notamment pour faire leur place et se familiariser au mieux avec les enjeux de la population qu'ils représentent, explique l'expert de l'Université Laval M. Montigny.

Des bémols

Mais encore faut-il que les 18 à 29 ans soient élus en grand nombre le 7 avril. Et on est loin de la coupe aux lèvres, prédit la doctorante en sociologie et membre de la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires de l'Université Laval, Magali Paquin. Elle fait remarquer que la chambre basse se renouvelle très peu d'une élection à l'autre. Par exemple, 116 députés sortants se représentent cette année et 14 anciens députés font un retour en politique. «Combien d'entre eux seront réélus? Car toutes ces personnes ont nécessairement vieilli depuis leur dernière élection», signale celle qui croit que beaucoup se portent volontaires ayant en tête qu'ils n'ont aucune chance d'être choisis par les électeurs.

«C'est d'ailleurs pour cela qu'ils posent leur candidature, ils savent qu'ils sont un porte-étendard pour défendre une cause dans l'espace public», fait valoir l'experte. Dans la même veine, le politologue de l'Université de Montréal, André Blais, souligne que la moyenne d'âge des candidats a peut-être baissé de façon draconienne en raison de la venue de partis politiques marginaux.

Parmi les quatre formations politiques les plus importantes, ce sont les candidats de la Coalition avenir Québec et de Québec solidaire qui ont la moyenne d'âge la plus basse, soit 44 ans. Avant elles, huit plus petits partis présentent des politiciens moins âgés, dont le Parti nul qui détient le record avec une moyenne de 29 ans. Sol Zanetti, le chef d'Option nationale, dont la moyenne d'âge des candidatures est de 31 ans, estime que son parti attire les plus jeunes justement parce qu'il leur permet de faire les choses à leur manière.

L'ex-leader du mouvement des carrés rouges de la région de Rimouski, Thomas Briand Gionest, a compris cet hiver que cela ne plaisait pas à tout le monde. L'aspirant candidat de 25 ans pour le Parti québécois dans Rimouski a été mis de côté au profit d'une candidature plus mûre. Selon lui, il est rare que les 18 à 29 ans sont placés dans des circonscriptions où ils ont des chances réelles de l'emporter. «On a peut-être un nombre record de jeunes candidats, mais ils sont où?» demande-t-il. Tous les grands partis - y compris le sien - ont encore des croûtes à manger s'ils veulent vraiment un changement générationnel, croit-il. «La société est plus prête qu'eux», conclut le jeune politicien.

Source: La Presse