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Nouvelles

Ils ont dit...

24 avril 2014

Le beau temps arrive tranquillement. Et avec lui, les commentaires ou gestes de nature sexuelle déplacés et commis par des inconnus sont appelés à se multiplier, rappelle l’organisme Stop Street Harassment, qui organisait, la semaine dernière, la Semaine internationale contre le harcèlement de rue. Ces comportements sont toutefois souvent banalisés, racontent des victimes. Selon certains intervenants, il est grand temps d’en parler et d’agir.

Ce n’est pas un hasard si la Semaine contre le harcèlement de rue s’est déroulée à ce moment de l’année. «Au printemps, en même temps qu’il y a le soulagement du soleil, on a l’impression que les harceleurs sortent d’hibernation, indique Catherine Cormier, de Hollaback! Montréal, une organisation qui cherche à mettre fin au harcèlement de rue. Comme on se dévoile, eux se dévoilent également. Ça devient une expérience qui est très bittersweet.»

On peut définir le harcèlement de rue comme étant le résultat de commentaires ou de comportements de nature sexuelle non désirés, faits par des inconnus dans l’espace public. Il peut s’agir de sifflements, de remarques, d’attouchements ou de gestes d’exhibitionnisme, par exemple. Métro a facilement et rapidement recueilli plusieurs témoignages de ce type (voir les encadrés et les bulles de l’illustration).

Même si le printemps fait ressurgir ces comportements, ils peuvent se produire n’importe quand et n’importe où. Et l’anonymat des rues accentue la difficulté de réagir ou de porter plainte. Comme le fait remarquer le sociologue de la sexualité Michel Dorais, «quand ça se passe dans un lieu public, tu n’as pas l’identité de la personne» – au contraire, par exemple, du harcèlement en milieu de travail.

Il demeure extrêmement difficile de chiffrer le nombre de victimes de ces comportements, puisque beaucoup d’incidents ne sont pas signalés. Au Service de police de la Ville de Mont­réal (SPVM), on peut seulement affirmer à Métro que ces gestes sont compilés dans la catégorie «Autres infractions contre la personne», sans plus de précision.

Pour Michel Dorais, «le nombre de femmes qui racontent que des choses comme ça leur sont arrivées est tellement élevé qu’on ne peut pas croire que le nombre de gars qui le font sont des exceptions». Le nœud du problème, selon M. Dorais, qui enseigne à l’Université Laval, est l’éducation.

«On ne parle jamais de vie amoureuse ou sexuelle dans l’éducation, dans les écoles. Ça devrait se faire, souligne-t-il. À mon avis, apprendre à être bien avec soi et être bien avec les autres, si ce n’est pas une chose aussi importante que savoir lire et écrire, je me demande bien ce qui est important dans la vie! D’autant plus que, quand on parle de tentative de séduction qui devient du harcèlement, ce n’est pas une attitude qui est socialement acceptable. Il faut lutter contre ça.»

Comment réagir?

Pour Hollaback!, il est important de réagir aux situations de harcèlement. Jessie Lawson, aussi de l’organisation Hollaback! Montréal, croit que «Hollaback!, ça veut dire de ne pas souffrir en silence. C’est se retourner et dire: “Est-ce que tu sais que tu m’énerves ou que j’ai peur de toi?” Mais c’est aussi [le signaler] aux autorités, à la police».

Le sociologue Michel Dorais note toutefois les limites des réactions individuelles. «Quand vous êtes agressé, votre éventail de réactions est quand même limité. C’est plate à dire, mais c’est ça. C’est pour ça qu’il faut parler de prévention et de réponse collective, parce qu’effectivement, je pense que ce débat-là peut et doit se faire.»

Source: Le Métro