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Nouvelles

Entendre des voix

8 mai 2014

Qu'ont en commun Socrate, Jésus, Jeanne d'Arc, Beethoven, Freud et Charles Dickens? Réponse: tous ont entendu ou ont affirmé avoir entendu des voix qui les ont guidés, nourris ou inspirés, selon le cas. Pourtant, nul besoin d'être un personnage célèbre pour connaître le phénomène des hallucinations auditives. Qui n'a pas croisé un jour ou l'autre une personne semblant converser avec un interlocuteur invisible? Dans son mémoire de maîtrise en service social, Sophie Grégoire a voulu savoir comment des personnes aux prises avec ce type d'hallucination arrivaient à composer avec la réalité. De quelles façons réussissaient-elles à s'adapter à ces voix dérangeantes qui faisaient irruption dans leur corps et dans leur tête, une ou plusieurs fois par jour?  

Aux fins de sa recherche dirigée par Myreille St-Onge, professeure à l'École de service social, Sophie Grégoire a mené des entrevues auprès de 8 participants (7 hommes et 1 femme) âgés de 25 à 49 ans. Tous étaient atteints de schizophrénie et prenaient des médicaments pour traiter cette  maladie mentale. «Ceux qui présentaient une meilleure adaptation aux voix entretenaient davantage de relations avec les autres, avaient une occupation à temps plein, s'adonnaient à des loisirs et s'investissaient dans des projets stimulants, souligne cette travailleuse sociale. Mais surtout, ils parvenaient à prendre des décisions en fonction de leurs propres valeurs, sans trop se laisser influencer par le contenu de leurs voix.»

On trouve un exemple de cette résilience dans le film Un homme d'exception de Ron Howard (A Beautiful Mind), sorti en 2001 et adapté de la biographie de John Forbes Nash, mathématicien américain célèbre et prix Nobel d'économie 1994. Dans le film, des personnages ont été inventés pour illustrer les délires schizophrènes du protagoniste. Mais dans la vraie vie, le professeur Nash entendait des voix lui faisant part de missions secrètes à remplir. Quand il choisissait de les ignorer, les voix se faisaient moins insistantes. 

Les participants à l'étude ont dit utiliser une stratégie similaire. «Ils entendent bel et bien des voix, mais ils savent en même temps qu'elles ne sont pas réelles, explique Sophie Grégoire. En prenant du recul par rapport à ces voix, celles-ci vont avoir moins d'emprise et devenir moins intrusives. Mais cela reste un défi qui n'est pas toujours facile à relever.» Des habitudes de vie saines de même qu'un suivi médical et psychosocial comptaient également parmi les moyens privilégiés par les répondants.

Entendre des voix peut causer une très grande détresse. Si le contenu et le type de voix varient d'une personne à l'autre, l'ensemble de ce qu'elle entend est négatif la plupart du temps. Les hallucinations auditives inciteraient même les individus touchés à éviter certaines situations, comme de se trouver dans un lieu public. «Par exemple, une personne m'a raconté qu'elle parlait avec un ami au centre commercial quand elle a soudainement entendu une voix s'immiscer dans la conversation, souligne Sophie Grégoire. Elle voulait que la voix se taise et elle avait peur que les gens la prennent pour une folle.»

Source: LeFil