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Nouvelles

Pression 101

12 septembre 2014

Par Renée Larochelle, journal le Fil,

«Il y a une fois où j'ai fait un examen juste sur le speed, parce qu'il ne me restait plus de pot ce matin-là. Et j'ai eu une bonne note!» La phrase est tirée des entrevues qu'a réalisées Joanie Houde auprès de dix jeunes âgés de 14 à 17 ans et fréquentant le Centre de réadaptation en dépendance de Québec. Les résultats de son mémoire de maîtrise en service social révèlent que le désir de réussir, que ce soit sur les plans scolaire, sportif ou sexuel, amènerait bien des jeunes à pousser la porte des paradis artificiels. Un peu comme si la consommation de drogue n'était pas seulement liée au plaisir et au divertissement entre amis, mais aussi à la possibilité de pouvoir relever des défis.

«La plupart des études sur la question s'intéressent aux facteurs qui  prédisposent les jeunes à consommer. Moi, j'ai voulu mieux comprendre les motifs qui les animaient, explique Joanie Houde. Ceux que j'ai rencontrés pensaient que l'adolescence constituait la meilleure période de leur vie pour expérimenter les drogues (licites et illicites) parce qu'ils avaient peu de responsabilités. Consommer leur permettait aussi de mieux répondre aux attentes de leurs parents concernant leurs résultats scolaires. Par exemple, une répondante m'a dit que sa mère n'était jamais satisfaite, même avec des résultats de 90% et plus. La drogue leur permettait également de surmonter la fatigue pour pouvoir étudier, s'entraîner et, même, prolonger la journée.»

Du côté des performances sportives, trois adolescents parmi les répondants qui pratiquaient le ski acrobatique et le skate ont fait valoir que la drogue leur permettait de mieux sentir leur corps et de prendre davantage de risques. Le sentiment de peur était inhibé. Un joueur de hockey a révélé que fumer un joint avant une partie lui permettait d'être plus rapide et plus précis dans ses lancers au but. Il avait davantage confiance en lui et sa performance était meilleure.

Sous l'influence de la drogue, les jeunes qui étaient sexuellement actifs affirmaient ressentir davantage de plaisir et moins de gêne en faisant l'amour. «Il y a beaucoup de ragots concernant les performances sexuelles des uns et des autres qui circulent chez les jeunes, affirme Joanie Houde. Ils parlent des garçons et des filles, s'ils sont bons ou pas au lit, ce qui décuple la pression qu'ils peuvent subir. Une répondante m'a confié que projeter l'image d'une fille game sexuellement était un moyen d'attirer le regard des autres et d'acquérir un statut privilégié au sein de son groupe d'amis. Il y a également des actes sexuels ou des positions qu'elle aurait refusé de pratiquer si elle avait été à jeun.»

Enfin, des jeunes qui avaient commencé à consommer des drogues pour le plaisir se sont rendu compte qu'ils pouvaient en tirer d'autres avantages. C'est le cas d'une jeune fille qui a découvert que la prise d'amphétamines faisait maigrir. Elle pourrait ainsi ressembler aux mannequins et actrices vues à la télévision et sur Internet. «Prendre de la drogue pour se conformer aux diktats de la mode est alors devenu son motif unique», indique Joanie Houde.