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Nouvelles

Un film bien endormant

16 septembre 2014

Par Jean Hamann, journal Le FIl

Des chercheurs ont participé à la production d'un film d'animation très endormant. Et ils en sont ravis. Leur réaction n'est guère surprenante lorsqu'on sait qu'il s'agit d'une équipe de l'École de psychologie qui veut aider les personnes atteintes de cancer à retrouver un sommeil de qualité. Le film en question, qui présente les grandes lignes d'un traitement non pharmacologique de l'insomnie, a conduit à une rémission des problèmes de sommeil chez près de la moitié des personnes qui l'ont visionné, révèle une étude qui vient d'être publiée dans la revue Sleep.

La vidéo d'animation présente les principales composantes de la thérapie cognitivo-comportementale mise au point par le professeur Charles Morin et ses collaborateurs. Ce traitement mise sur un changement de croyances (traitement cognitif) et sur un changement d'habitudes (traitement comportemental) par rapport au sommeil. L'efficacité de cette méthode a fait ses preuves, mais peu d'établissements de santé disposent des ressources humaines et financières pour l'offrir à leurs patients.

Pour contourner le problème, les chercheurs de l'École de psychologie et du Centre de recherche du CHU de Québec ont eu l'idée d'offrir l'intervention sous forme de vidéo. Ils en ont confié la production au Groupe Vélocité qui a réalisé un film d'animation de 60 minutes mettant en vedette cinq personnages: le professeur Morpheus et quatre patients souffrant d'insomnie, réunis dans une séance de groupe. Restait à savoir si le traitement apportait des bénéfices lorsqu'il était livré sous cette forme.

Les chercheurs Josée Savard, Hans Ivers, Marie-Hélène Savard et Charles Morin ont remis une copie de la vidéo et les six fascicules qui l'accompagnent à 81 femmes récemment traitées pour un cancer du sein qui souffraient d'insomnie. Aux fins de comparaison, ils ont soumis un nombre équivalent de patientes au traitement cognitivo-comportemental dispensé par un psychologue. Résultat? Il y a rémission de l'insomnie chez 71% des sujets qui ont reçu l'intervention individuelle et chez 44% des sujets du groupe vidéo. «Dans les milieux où l'intervention individualisée n'est pas offerte, c'est-à-dire presque partout, la vidéo est une option très valable», résume la responsable de l'étude, Josée Savard.

Les chercheurs veulent maintenant évaluer une version Internet de cette intervention vidéo en y ajoutant la possibilité de communiquer avec un professionnel pour obtenir du soutien. Ils recrutent présentement des patients qui ont eu un diagnostic de cancer au cours des 18 derniers mois et qui souffrent d'insomnie (pour participer: GREPO@crchuq.ulaval.ca). L'insomnie touche 30 à 60% des personnes qui ont reçu un diagnostic de cancer. «Il est important de s'attaquer à ce problème parce que la qualité de vie des personnes en dépend et que l'insomnie est souvent annonciatrice de dépression, de troubles anxieux et d'abus de substances», souligne la professeure Savard.