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Nouvelles

Politiciennes demandées

7 novembre 2014

Que se passe-t-il avec les femmes en politique au Québec? Après avoir connu une montée progressive entre 1976 et 2003, la proportion des femmes élues à l'Assemblée nationale n'augmente plus depuis 10 ans, et ce, malgré la tenue de quatre élections générales.

C'est ce qui ressort d'une étude publiée récemment par le Directeur général des élections du Québec. Ayant pour titre Femmes et politique: facteurs d'influence, mesures incitatives et exposé de la situation québécoise, l'étude a été réalisée par Rosalie Readman, étudiante à la maîtrise en science politique. Marie-Christine Ross et Monica Rosales, du Service de la recherche, de la modernisation et de la coopération internationale, en ont assuré la direction.

En septembre 2012, Pauline Marois est devenue la première première ministre du Québec. Certains y ont vu le signe que la société québécoise était plus que jamais ouverte à la présence des femmes en politique. D'autres y ont vu l'aboutissement des efforts mis de l'avant par les femmes pour avoir leur place à l'Assemblée nationale. Malgré tous ces beaux discours, il n'en demeure pas moins que le pourcentage des femmes en politique plafonne autour de 30% depuis les années 2000, indique Rosalie Readman.

«Sur le plan de l'idéologie égalitaire, le Québec obtient une note élevée, ce qui est un facteur positif influençant la représentation des femmes en politique, affirme-t-elle. Il est reconnu que des facteurs socio-économiques, comme le niveau de scolarité, ont également une grande importance quant à la représentation en politique. Or, en 2011, pour la première fois au Québec, le taux de scolarité chez les femmes était plus élevé que chez les hommes.» Faudrait-il donc instaurer des quotas, faire de la discrimination positive, changer les modes de scrutin pour attirer – et faire élire – les femmes en politique?

Pour y voir plus clair, Rosalie Readman a examiné ce qui se faisait ailleurs dans le monde. Parmi les pays affichant traditionnellement un fort taux de présence des femmes figure la Suède, qui compte actuellement 45% de femmes dans les rangs de ses parlementaires. La Suède a imposé des quotas, non pas légaux mais volontaires, à la fin des années 1980. Des partis les ont adoptés, bientôt suivis par d'autres. L'affaire a fait boule de neige. La hausse la plus marquée est survenue lors de l'élection de 1974, alors même qu'aucune mesure n'était en place. L'idéologie égalitaire prévalant dans les pays scandinaves contribue évidemment à cette forte représentation féminine, rappelle Rosalie Readman.

À l'autre extrémité du spectre, des pays comme l'Inde et le Pakistan ont employé les grands moyens en implantant la mesure des sièges réservés: dans ce contexte, si une femme se présente, c'est elle qui est élue, peu importe le parti vainqueur à une élection. Si l'expérience s'est avérée positive à long terme pour l'Inde, et ce, même après que cette disposition ait été retirée, les choses ont été différentes pour le Pakistan, où la représentation féminine a fondu comme neige au soleil lorsque ces mesures favorisant les femmes ont été enlevées.

Avec 56,3% de députées, le Rwanda remporte la palme du pays qui compte le plus d'élues au monde. Dans ce cas, c'est une addition de facteurs qui donne ce résultat, soit la politique des sièges réservés mise en place en 2003 conjuguée à la forte présence des femmes à la Chambre des députés, avant même l'instauration des sièges réservés.
Entre autres recommandations, les chercheuses suggèrent un meilleur effort de la part des partis politiques dans leurs stratégies de recrutement. Ils pourraient aussi sélectionner des circonscriptions où les femmes auraient des chances raisonnables d'être élues. Il ne s'agit toutefois pas de donner la priorité au genre sur la compétence, loin de là. «On ne veut pas faire de la discrimination positive, mais on veut éliminer la discrimination négative», résume Rosalie Readman. Cela dit, les femmes devraient être encouragées au même titre que les hommes à se lancer en politique, ce qui ne semble pas toujours le cas. Il y a aussi le fait que les femmes elles-mêmes se considèrent souvent moins aptes que les hommes à se lancer en politique, d'où leur faible représentation.

L'étude Femmes et politique: facteurs d'influence, mesures incitatives et exposé de la situation québécoise, publiée dans la collection «Études électorales», peut être consultée sur le site electionsquebec.qc.ca.

Article de Renée Larochelle, publié dans Le Fil, vol. 50, no 10, le 6 novembre 2014