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Nouvelles

Les mots qui blessent

24 novembre 2014

Menaces, insultes, dénigrement: la violence conjugale psychologique à l'endroit des femmes prend plusieurs formes. De leur côté, les hommes au comportement violent sont souvent démunis par rapport à leur impulsivité. Comment inciter l'une et l'autre à demander de l'aide? C'est l'objectif que vise une campagne contre la violence conjugale psychologique, qui se déroulera jusqu'au 18 décembre à travers le Québec. Les principales responsables de cette campagne sont Sylvie Pouliot et Maude Bouchard, professeures à l'École de design. Ont également collaboré au projet Estelle Lebel, professeure au Département d'information et de communication, et Geneviève Lessard, professeure à l'École de service social. Ce projet de recherche-création a été réalisé dans un contexte de design d'auteur, ce qui signifie que les responsables ont agi de leur propre chef et n'ont répondu à aucune commande de la part d'un organisme. Son originalité réside dans le fait que la campagne s'adresse aux deux sexes.
  
Pour concevoir leur campagne, les chercheuses ont tenu trois ateliers de création d'affichettes avec des femmes victimes de violence conjugale fréquentant des maisons d'hébergement, avec des hommes fréquentant des groupes d'aide aux personnes impulsives et, enfin, avec des intervenants en violence conjugale. On a demandé aux participants de nommer les éléments favorables les ayant incités à demander de l'aide, de même que les obstacles qui les en avaient empêchés. On les a ensuite interrogés sur ce qu'ils pensent que la population ignore au sujet de la violence conjugale et sur ce qu'elle devrait, à leur avis, savoir. Pour aider les personnes à créer leurs affichettes, Sylvie Pouliot, Maude Bouchard et le photographe Dylan Page ont mis sur pied une banque de mots et plus de 5000 images d'objets, de situations et de lieux.

«Ces ateliers visaient à connaître le point de vue des personnes et à déterminer quels types d'éléments visuels seraient efficaces pour informer, sensibiliser ou dénoncer la violence conjugale, tout en gardant l'anonymat des participants», indique Sylvie Pouliot.

À l'aide de ces concepts visuels, les professeures ont créé une campagne qui ne devrait laisser personne indifférent. Au Québec, 500 affiches illustrant le point de vue de la femme et de l'homme sont ainsi installées depuis le 15 novembre dans les CLSC, les hôpitaux, les agences de santé et les organismes oeuvrant dans le domaine de la violence conjugale. La population des deux sexes peut même poursuivre sa réflexion jusque dans les toilettes de certains restaurants et bars de la ville de Québec. À l'Université, on peut voir diverses installations dans les toilettes situées au premier étage du pavillon Alphonse-Desjardins.

Enfin, deux vidéos de 15 secondes ont été conçues: la première s'adresse aux femmes victimes de violence conjugale et la deuxième aux hommes au comportement impulsif. Ces vidéos sont présentées sur YouTube et sur les sites des organismes collaborateurs: les centres d'hébergement Maison pour femmes immigrantes et Maison Marie-Rollet, le Groupe d'aide aux personnes impulsives (GAPI), ainsi que les réseaux d'aide À coeur d'homme et SOS violence conjugale.

Article de Renée Larochelle
Publié dans Le Fil, vol. 50, No 12, le 20 novembre 2014