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Nouvelles

Une relève inspirante, engagée et ouverte sur le monde

25 novembre 2014

L'an 2014 restera sans doute une année mémorable pour l'étudiante Léa Clermont-Dion, inscrite à la maîtrise en science politique. Ce printemps, elle faisait paraître, chez VLB éditeur, un essai percutant intitulé La revanche des moches, dans lequel elle tire à boulets rouges sur l'industrie de la beauté et sur le culte des apparences. Féministe depuis l'adolescence, la jeune femme de 23 ans a aussi présenté son premier documentaire intitulé Beauté fatale les 9 et 10 décembre dernier sur les ondes de Télé-Québec. Cette enquête «cinéma-vérité» explore l'obsession, individuelle et collective, pour la beauté et la jeunesse.

Essayiste et documentariste, Léa Clermont-Dion est également blogueuse, conférencière et chroniqueuse. Cette grande polyvalence ainsi qu'un engagement social certain viennent de lui valoir une bourse de leadership et développement durable de l'Université Laval dans la catégorie Leadership social/humanitaire. Remises annuellement, ces bourses récompensent les étudiantes et les étudiants qui se sont démarqués par leur esprit d'initiative et par des réalisations exceptionnelles. La cérémonie de remise des 103 bourses a eu lieu ce mardi 18 novembre au Grand Salon du pavillon Maurice-Pollack.

«Dans l'histoire, explique-t-elle, la beauté a toujours fait partie de nos vies. Mais la modernité a transformé notre rapport à cette réalité. Dans nos sociétés ultra-médiatisées, nous sommes devenus obsédés par le paraître. Et une industrie de la beauté, très lucrative, contribue à cette aliénation. Elle nous dit que nous ne serons jamais assez belles et que, pour l'être, nous devons nous procurer ses produits. La quête absolue de la beauté fait que l'on oublie l'essentiel.»

À la suite de la publication de La revanche des moches, une journaliste d'un grand quotidien a fait un rapprochement entre Léa Clermont-Dion et deux des têtes d'affiche du printemps étudiant de 2012, Léo Bureau-Blouin et Gabriel Nadeau-Dubois. «Je les respecte beaucoup, dit-elle. Je pense que le parallèle peut se faire aux plans du questionnement, de l'engagement social et de la volonté de réflexion.»

En 2008, l'Assemblée nationale du Québec a adopté la Charte québécoise pour une image corporelle saine et diversifiée. Léa Clermont-Dion en était la co-instigatrice. C'est dire à quel point la cause de la condition féminine lui tient à coeur. Comment tout cela a-t-il commencé? «Par ma rencontre avec Françoise David lorsque j'avais 13 ans, répond-elle. Elle donnait une entrevue à la radio et, pour la première fois, j'ai entendu le mot “féminisme”. Je ne la connaissais pas. Mais je lui ai écrit et elle a accepté de me rencontrer.»

Rapidement, l'adolescente développe un grand intérêt pour les questions entourant les femmes. Dès l'âge de 14 ans, avec une amie plus âgée, elle organise un colloque sur ce thème à l'UQAM. «J'ai peine à croire que nous avons attiré plus de 400 personnes!», s'exclame-t-elle. Impressionnée, la femme politique Lise Payette, féministe et écrivaine, envoie à l'adolescente des exemplaires de ses essais, qu'elle dédicace de la façon suivante: «À Léa, parce qu'elle est l'avenir». En 2011, le magazine Maclean's publie la liste des 15 jeunes se démarquant le plus au Canada. Léa Clermont-Dion figure parmi eux. Pour Jacinthe Laporte, qui a édité La revanche des moches, il est clair que la jeune femme est une leader naturelle. «Son indignation, affirme-t-elle, est sa force, sa candeur est son outil, sa passion est sa constance.»

Le Programme de bourses de leadership et développement durable en est à sa cinquième année. Une nouvelle catégorie de leadership s'est ajoutée cette année: l'entrepreneuriat. Lancé en 2010, unique en son genre au Québec et au Canada, ce programme a jusqu'à présent soutenu 437 étudiantes et étudiants. Cette année, les nouveaux boursiers se sont partagé la somme de 1,13 M$. Parmi les 103 récipiendaires honorés, 43 sont étudiants au premier cycle, 49 sont inscrits dans un programme de maîtrise et 11 poursuivent des études au doctorat. En cinq ans, les donateurs ont versé près de 5 M$ au programme.

Pour plus d'information: ulaval.ca/PBLDD

Article d'Yvon Larose, publié dans Le Fil, vol. 50, No 12, 20 novembre 2014