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Nouvelles

Sommet de l'OPEP : l'Alberta pourrait payer le prix fort

28 novembre 2014

La décision des pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) de ne pas diminuer la production de pétrole pourrait avoir des impacts au Canada. Des experts prédisent qu'une baisse soutenue des prix de l'or noir pourrait avoir un effet sur l'industrie des sables bitumineux et les finances de l'Alberta.

En présentant sa mise à jour économique mercredi, le ministre des Finances de l'Alberta disait espérer que la réunion des membres de l'OPEP permette de faire monter les prix du pétrole. Son souhait n'aura pas été exaucé.    

Réunis à Vienne, les membres de l'OPEP ne se sont pas entendus pour réduire la production. Jeudi matin, les cours du pétrole étaient toujours en baisse. La référence mondiale, le Brent, se vendait à 72 $ le baril et le baril nord-américain valait pour sa part 68 $.    

L'Association canadienne des producteurs pétroliers refuse de commenter les décisions prises par l'OPEP. Certains experts du domaine énergétique prévoient toutefois des conséquences négatives pour l'économie albertaine.    

Le professeur émérite de l'Université Laval, Antoine Ayoub, estime que, vu les coûts de production, « si la chute des prix se poursuit, les sables bitumineux de l'Alberta seront moins rentables à exploiter ».    

90 millions : production quotidienne de baril de pétrole dans le monde
40 % : la proportion de pétrole produite dans les pays membres de l'OPEP
Source : US energy information administration
 

Une baisse soutenue des prix du pétrole pourrait toucher d'autres économies que celle de l'Alberta, estime le professeur associé au département de sciences économiques de l'Université d'Ottawa, Jean-Thomas Bernard. « Ça affecte toutes les provinces. Moins il rentre d'argent en Alberta, moins il y a de péréquation à distribuer pour les provinces qui en reçoivent », explique-t-il.    

Jean-Thomas Bernard croit que si la baisse se poursuivait, cela n'affecterait pas nécessairement les opérations existantes des sables bitumineux, mais pourrait nuire au développement de nouveaux projets.    

Mercredi, le gouvernement de l'Alberta revoyait d'ailleurs à la baisse ses estimations du prix du pétrole pour l'année 2014-2015. Initialement projetée à 95 $, la prévision pour le prix du baril nord-américain a été revue à environ 89 $. Le ministre des Finances, Robin Campbell, avertissait que « si les prix du baril demeuraient bas, le gouvernement albertain aurait des décisions difficiles à prendre ».    

L'influence de l'OPEP    

Les douze pays membres de l'OPEP produisent environ 40 % du pétrole à l'échelle de la planète.    

Malgré l'activité pétrolière grandissante dans des pays ne faisant pas partie de cette organisation, comme le Canada et les États-Unis, l'influence du cartel demeure très importante, rappelle Judith Dwarkin, économiste en chef au groupe ITG Investment Research. « Le marché mondial fonctionne de manière à ce que si vous ne faites pas partie de l'OPEP, vous n'avez aucune influence sur les prix. Vous devez produire le plus que possible, peu importe quel est le prix du baril », explique-t-elle.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair, paru sur le site de Radio-Canada, le 27 novembre 2014