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Nouvelles

Un économiste sur le Web

11 décembre 2014

Au cours des trois dernières années, le professeur Gérard Bélanger a régulièrement alimenté de ses textes critiques le blogue de l'Association des économistes québécois ainsi que le journal en ligne Huffington Post. Cette production Web est maintenant accessible aux passionnés de la chose économique telle que vue par celui qui enseigne depuis plus de 45 ans à l'Université.

Les blogues d'un vieil économiste se présentent sous la forme d'un livre numérique gratuit de plus de 250 pages disponible sur le site du Département d'économique. On y trouve 64 textes répartis en 11 chapitres. Les sujets traités vont de la science économique à la corruption, en passant par les politiques économiques, l'austérité, l'université, les soins de la santé et la taxation.

«Je suis un peu iconoclaste, dit-il. J'aime bien aller à contre-courant de la pensée dominante. J'aime aussi ouvrir la porte sur des perspectives inédites.»

Dans son texte intitulé La fin des hommes?, Gérard Bélanger aborde la question du progrès relatif des femmes dans notre société. Pour lui, les indicateurs d'un recul masculin sont nombreux. Par exemple, le taux de décrochage scolaire. Chez les jeunes Québécoises, ce taux est passé de 37% à 13% entre 1979 et 2008. Pendant ce temps, chez les garçons, la proportion passait de 43% à 23%. Selon le professeur, il y a eu une amélioration plus grande de la situation des filles durant la période étudiée.

Autre indicateur significatif: l'obtention de diplômes universitaires. En 1976, le taux d'obtention d'un baccalauréat était de 13% chez les femmes. Cette proportion a grimpé à 40% en 2008. Chez les hommes, elle est passée de 16% à 25%.

La féminisation des effectifs a été particulièrement rapide en médecine. En 1979, on comptait une femme sur neuf médecins. En 2009, on en comptait deux sur cinq.

«D'après moi, explique Gérard Bélanger, la société de demain sera très différente et défavorable aux hommes, les femmes ayant un niveau d'instruction supérieur. Si la tendance se poursuit, je suis également certain qu'elles auront des revenus plus élevés, en lien avec leur niveau d'instruction. En 1976, environ 12% des femmes vivant en couple gagnaient plus que leur conjoint. En 2008, cette proportion atteignait 29%.»

Dans son texte La futilité des politiques natalistes, le professeur pose la question suivante: une augmentation de la natalité signifie-t-elle nécessairement une croissance de la population future? Selon lui, le taux de natalité peut effectivement augmenter du fait de mesures favorables, comme l'amélioration des subventions pour les congés parentaux ainsi que de celles aux garderies. Un autre moyen consiste à hausser les cibles annuelles de l'immigration internationale. «Mais, poursuit-il, cela ne veut pas dire que les bébé nés de ces mesures vont demeurer au Québec une fois adultes. Même chose pour les personnes issues de l'immigration. Si elles n'ont pas de possibilités d'emploi, elles partiront. Bref, la population va où sont les emplois.»

Gérard Bélanger croit que la politique la plus favorable à une hausse de la population au Québec en est une de croissance économique. La croissance économique permet de stimuler la demande de main-d'oeuvre et le nombre d'emplois intéressants. En conséquence, elle permet de retenir les personnes qui chercheraient à améliorer leur sort à l'extérieur de la province. «L'économie dynamique de l'Alberta et l'économie stagnante des provinces Maritimes illustrent cette thèse, souligne-t-il. C'est le développement économique qui a haussé le taux de croissance de la population de l'Alberta.»

Le livre numérique de Gérard Bélanger est disponible en format PDF à l'adresse suivante: http://bit.ly/1DcsKvp

Article d'Yvon Larose, paru dans Le Fil, vol. 50 No 15, 11 décembre 2014