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Nouvelles

Terres des Soeurs de la Charité : Une ville dans la ville

16 décembre 2014

La Fondation Famille Jules-Dallaire a acquis les vastes terres agricoles des Soeurs de la Charité, à Québec, pour y faire du développement résidentiel. Or tous les profits qu’elle y fera seront investis dans des causes caritatives.

Pas moins de 150 millions de dollars pourraient ainsi être réinvestis dans la Fondation Famille Jules-Dallaire et dans les oeuvres des Soeurs de la Charité. Chose certaine, le groupe immobilier derrière la fondation, le Groupe Dallaire, ne fera pas un sou dans cette aventure, assure le patron, Michel Dallaire.

« Ce que je recherchais, c’était comment faire la différence, comment redonner à la société », a-t-il expliqué en entrevue jeudi. Le groupe immobilier créé par son père est le plus gros propriétaire foncier de la ville de Québec, où il détient pas moins de 135 millions de pieds carrés de terrain.

Avec ce nouveau projet dans le secteur de Beauport, M. Dallaire veut « faire plus » avec la fondation caritative que son père avait mise en place.

L’agriculture disparaît

Le projet est gigantesque. Le terrain mesure 200 hectares (22 millions de pieds carrés). Une fois terminé, il abritera 6500 unités d’habitation et une population oscillant entre 15 000 et 20 000 personnes. Il faudra probablement y construire une école primaire et ajouter une série de services de proximité pour les gens du secteur. « Il n’y aura pas juste du condo. Il y aura des maisons de ville, des maisons pour premiers acheteurs, des immeubles à logements et du logement social, a résumé M. Dallaire. C’est une ville ! »

Certains déplorent toutefois qu’on n’ait pas préservé la vocation agricole de ces terres, qui comptaient parmi les derniers espaces cultivables sur le territoire de Québec. Pour la professeure Manon Boulianne de l’Université Laval, « c’est peut-être une belle occasion qui se perd ». La chercheuse, qui étudie le phénomène de l’agriculture urbaine, note que beaucoup de villes doivent, au contraire, décontaminer des terrains à grands frais pour se doter d’espaces verts et faire de l’agriculture urbaine. « Ce n’est pas très avant-gardiste sur ce plan, dit-elle. Ces terres-là, c’est vraiment un bijou. »

Interrogé à ce propos, M. Dallaire dit ne pas avoir envisagé de laisser une place à l’agriculture urbaine dans le projet. « Non, pas du tout. On a décidé de privilégier les personnes, l’aide aux démunis. On n’a pas envisagé de préserver des terres pour l’agriculture. L’objectif, c’est de maximiser la capitalisation des deux fondations. »

Selon Radio-Canada, le maire de Québec, Régis Labeaume, a aussi écarté l’idée du revers de la main en conférence de presse. « Dans une ville, on ne fait pas d’agriculture. À part deux, trois personnes qui aiment ça en faire, mais il faut se faire des jardins dans ce temps-là. »

Article  d'Isabelle Porter, publié dans Le Devoir, le 12 décembre 2014