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Nouvelles

Retraite à 67 ans au fédéral : qui en fera les frais ?

21 janvier 2015

MONTRÉAL – En reportant de 65 à 67 ans de l’âge d’admissibilité à la pension de la Sécurité de la vieillesse et au Supplément de revenu garanti, l’État fédéral réduira ses dépenses de 7,1 milliards $ en 2030, indique une étude de la Chaire de recherche Industrielle Alliance sur les enjeux économiques des changements démographiques.

Pour leur part, les prestataires écoperont puisque le taux de faible revenu des Canadiens de 65 et 66 ans devrait passer de 6 à 17 %, précise l’étude de la chaire de l’Université Laval et l’Université du Québec à Montréal, intitulée Reforming Old Age Security : Effects and Alternatives, menée l’automne dernier.

En 2012, le gouvernement fédéral a annoncé qu'à partir d'avril 2023, et jusqu'en janvier 2029, l'âge d'admissibilité à la pension de la Sécurité de la vieillesse et au Supplément de revenu garanti passera graduellement de 65 à 67 ans.

Pour estimer les gains et les pertes de ce changement, quatre chercheurs de l'Université Laval -Nicholas-James Clavet, Jean-Yves Duclos, Bernard Fortin et Steeve Marchand - ont utilisé un modèle de «micro-simulation» de l'évolution démographique, économique et fiscale de la population, modèle baptisé SIMUL.

Les calculs supposent que les travailleurs ne modifient pas leurs comportements de travail et d’épargne.

Ainsi, en reportant l’âge de la retraite de 65 à 67 ans, le fédéral diminuera les dépenses de la Sécurité de la vieillesse de 6,354 milliards $ et du Supplément de revenu garanti de 2,103 milliards $ par an en 2030. Le total des économies serait de près de 8,5 milliards $ (tous les montants sont en dollars constants de 2014).

Le fédéral perdrait un peu au change. En repoussant de deux ans le versement des prestations, il devra se priver d’impôts sur le revenu (puisque les retraités sont imposables) et fera diminuer les sommes récupérées de la Sécurité de la vieillesse auprès des contribuables fortunés.

Mais au final, l’économie pour l’État sera de 7,1 milliards $.

Les femmes seront davantage pénalisées que les hommes, car leurs revenus de travail sont généralement plus faibles et elles abordent l’âge de la retraite dans une situation plus précaire.

Chez l’ensemble des individus âgés de 65 et de 66 ans, le 50 % le plus pauvre subira 60 % des pertes de revenus, estime l’étude. Le taux de faible revenu des 65-66 ans en 2030 augmenteraient de 6 % à 17 %.

Et les provinces ?

L’étude de la Chaire a également évalué les répercussions sur les provinces.

Des personnes âgées de 65 et de 66 ans et privées de prestations fédérales devront se tourner vers les prestations de dernier recours (aide sociale), qui relèvent des provinces. Cette situation entraînera des dépenses provinciales supplémentaires d’environ 169 millions $ en 2030.

Les provinces devront aussi, comme le fédéral, se priver d’impôts sur le revenu des retraités, soit environ 638 millions $, annuellement.

Article publié dans Le journal de Montréal, le 21 janvier 2015