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Nouvelles

Le grand frère Poutine

2 février 2015

La dimension impérialiste de l'actuelle politique étrangère russe s'inscrit dans la continuité

En Ukraine, l'annexion de la péninsule de Crimée, où vit une importante minorité russophone, a été l'un des temps forts de la politique étrangère de Moscou en 2014. S'agit-il d'une nouvelle forme d'impérialisme russe? «Oui et non, répond Aurélie Campana, professeure au Département de science politique et spécialiste de l'Europe de l'Est. La Russie a toujours eu une attitude paternaliste à l'égard de ces pays voisins où vivent des russophones, comme le Kazakhstan et l'Ukraine. Elle les considère sous sa sphère d'influence exclusive. Malgré la dissolution de l'empire soviétique, au début des années 1990, la Russie se voit toujours comme le grand frère, le leader régional.»

Le mercredi 4 février, Aurélie Campana participera à une table ronde au pavillon Gene-H.-Kruger consacrée aux enjeux de la nouvelle ère Poutine. La rencontre permettra de faire le point sur les grandes orientations de la politique étrangère russe. Elle est coorganisée par les Hautes Études internationales de l'Université Laval et la Société des relations internationales de Québec.

Selon la professeure, l'actuelle attitude impérialiste de Moscou s'alimente à un nationalisme et à un patriotisme de plus en plus affirmés sur la scène intérieure. Certains Russes défilent en faveur d'un retour de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). D'autres défendent des idées nationalistes dures. «Les nationalistes, précise-t-elle, se sont rapprochés des cercles du pouvoir. Ils ont de plus en plus voix au chapitre depuis quelques années.»

La crise politique qui continue à secouer l'Ukraine avait comme point de départ la volonté d'une majorité de citoyens de se rapprocher économiquement de l'Union européenne, plutôt que d'embrasser le projet russe d'Union eurasienne. Cette union économique ne réunit pour le moment que la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan. «Pour de nombreux dirigeants russes, indique Aurélie Campana, il serait totalement inacceptable de voir les pays de la sphère d'influence russe s'intégrer à l'Union européenne. De là découle la posture ferme et agressive de la Russie à l'endroit de l'Union et de l'OTAN.»

Le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, incarne l'actuelle politique étrangère russe. Il en est à son troisième mandat à la tête de son pays, ayant été élu en 2000, 2004 et 2012. «Poutine éprouve de la nostalgie pour l'URSS, souligne-t-elle. Il considère que la Russie a beaucoup perdu de la dissolution de l'Union soviétique. Ce passé ne peut pas être évacué. Il faut le gérer.»

Selon Aurélie Campana, la Russie a de moins en moins les moyens de ses ambitions. Elle a subi de plein fouet les effets de la crise financière de 2008. Le pays connaissait, depuis, un redressement de son économie. Mais la crise ukrainienne a entraîné des sanctions économiques occidentales pour la Russie. Et la récente chute du prix du baril de pétrole, dans cet important pays exportateur, a eu des conséquences immédiates.

«L'économie russe souffre d'un manque de diversification, explique-t-elle. Et ce pays reste assez peu attrayant pour les investisseurs étrangers. Il faut voir comment les choses vont évoluer pour les citoyens russes. Ils accordent un très grand soutien à Poutine. Une classe moyenne a émergé. Mais un coup de frein vient d'être donné.»

La table ronde se tiendra le mercredi 4 février, de 17h à 18h30, au local 2320-2330 du pavillon Gene-H.-Kruger. L'entrée est libre. mais l'inscription est obligatoire. Pour information: soriq@dolbec-intl.ca, communication@hei.ulaval.ca.
 
Source : le Fil