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Faculté des sciences sociales
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Québec (Québec) G1V 0A6

Nouvelles

Hommage à Hubert Laforge

3 mars 2015

Dans le cadre de cette 25e Soirée, la Faculté a choisi de rendre hommage à un personnage qui, lorsque l’on considère l’ensemble de ses réalisations, apparaît plus grand que nature. C’est un homme qui a joué un rôle immense dans le développement de notre Faculté, un grand doyen, un visionnaire, un homme ouvert sur le monde, un intellectuel, un mélomane, un grand donateur. En effet, Hubert Laforge est tout cela, et bien plus. C’est pour moi un très grand honneur, une grande fierté et un grand bonheur de le présenter ce soir.

Ses réalisations sont telles, et si variées, qu’il est difficile de savoir par où commencer. Il étudie d’abord la physique et les mathématiques à Cornell University et à l’Université de Montréal où il obtient en 1961 un baccalauréat. En 1962, il fait une licence en éducation pour ensuite faire carrière en enseignement aux universités de Phnom-Penh et de Tunis. C’est en 1969 qu’il obtient un doctorat en psychologie-éducation de l’Université d’Ottawa.

Il se joint à l’École de psychologie de l’Université Laval en 1971 comme professeur. Il y a enseigné l'apprentissage, l'analyse statistique et les facteurs psychologiques reliés à l'usage des drogues. Il y a réalisé des recherches sur l'apprentissage, sur l'effet physiologique et comportemental animal de l'exposition aux champs magnétiques de basse fréquence, et sur les facteurs socioculturels de la dépendance aux drogues chez les Amérindiens Innu et Naskapi.

Avant d’être nommé recteur à l’UQAC, Hubert Laforge devient en 1984 le doyen de la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval et le demeure jusqu’en 1992. Ce fut une chance pour notre Faculté qui pouvait ainsi compter sur une personne intègre, qui faisait passer les intérêts de l’institution et de la Faculté bien avant les siens. Sa devise : maintenir une structure administrative légère et donner le maximum des ressources vers les départements pour l’enseignement et la recherche. C’est une ambition très noble qu’il réussit à concrétiser. Nous saluons haut et fort l’exercice important qu’il a réalisé et qui a mené à l’élaboration du plan de développement de la Faculté 1987-90. Avant-gardiste, le doyen Laforge savait qu’une planification stratégique de sa Faculté l’amènerait plus loin dans la réalisation de ses projets. Ce plan a d’ailleurs permis un rattrapage de la position de la Faculté des sciences sociales par rapport aux autres facultés, malgré une opposition parfois vive de certains autres doyens.

Très tôt dans son mandat, le doyen Laforge s’implique de façon marquée pour appuyer son institution et faire rayonner ses programmes sur la scène internationale. Il met en place le programme de maîtrise en relations internationales et celui de coopération avec la Chine. Ces deux importants projets illustrent parfaitement ses qualités de visionnaire et de leader.

À l’époque, le gouvernement du Québec souhaitait voir s’instaurer un programme d’études de maîtrise pour la formation de spécialistes des questions internationales. Une première tentative quelques années auparavant, sous René Lévesque, n’avait pas abouti. Monsieur Laforge a immédiatement apporté tout son soutien au projet des professeurs de sa Faculté et invitait la haute direction de l’Université Laval à faire de même. Si bien que l’équipe de Laval a raflé la mise au détriment de l’équipe montréalaise également en lice, mais qui n’avait pas un tel support fervent de la part de son administration. Ce programme de maîtrise en relations internationales devait mener à la création de ce qui est aujourd’hui l’Institut québécois des hautes études internationales.

Le leadership et la personnalité attachante du doyen Laforge ont à coup sûr contribué à d’autres réussites comme celle de convaincre les autorités chinoises de choisir le Québec plutôt que la France pour le programme de formation en langue française de leurs futurs diplomates.

Mais monsieur Laforge savait aussi porter son regard beaucoup plus près de l’Université. Très vite après son entrée en fonction comme doyen, il décida de contacter le fondateur de la Faculté, le père Georges-Henri Lévesque. Ce fut le début d’échanges réguliers et d’une amitié qui durera jusqu’au décès du père Lévesque en janvier 2000.

Un autre bon coup du doyen Laforge fut la création du Fonds Georges-Henri-Lévesque. En effet, lorsque le recteur Jean-Guy Paquet entreprit une grande campagne de souscription pour l’Université, le doyen Laforge s’y investit avec enthousiasme en faveur de la Faculté. Dans la foulée, il prit l’initiative de créer le Fonds Georges-Henri-Lévesque et de faire appel au père Lévesque pour orienter ses sollicitations. Les cinquante-huit personnalités contactées lui répondirent toutes par un oui spontané. Et c’est ainsi que près d’un demi-million de dollars furent rassemblés, presque en un tournemain.

En complément de cette action, monsieur Laforge eut en 2012 le privilège de signer, à titre de président de la Fondation du patrimoine laurentien, une entente faisant don à l’Université Laval des archives et des avoirs financiers résiduels de cette Fondation.

Vous l’aurez compris, c’est en grande partie grâce au dynamisme, à la clairvoyance, au leadership, à l’entregent et à la générosité de monsieur Laforge que notre Faculté dispose d’un Fonds au capital considérable, qui permet entre autres de soutenir financièrement de nombreux étudiants, notamment par le biais de bourses dont plusieurs ont été allouées ce soir.

Je tiens à souligner en particulier la bourse annuelle Hubert-et-Florence-Laforge d’un montant de mille dollars décernée, dans le cadre des Prix de la Faculté, à un étudiant ou une étudiante au doctorat en psychologie, grâce à un don de monsieur et madame Laforge.

Mais monsieur Laforge a plus d’une corde à son arc, ou plutôt devrais-je dire, à son clavecin. En effet, c’est un grand mélomane doublé, vous allez le voir, d’un grand donateur. Tout jeune déjà, il rêve d’une carrière musicale et est admis à l’École de musique Vincent d’Indy, à Montréal, où, à l’époque, seules les femmes sont acceptées. Dans les années 60, il est considéré comme un pionnier au Québec du retour à la facture ancienne du clavecin. Au cours de ses nombreux voyages, il a fait des rencontres importantes de grands noms dans la musique ancienne qui lui ont permis, au fil du temps, de devenir un véritable spécialiste du domaine.

Fort de ce vaste savoir, Hubert Laforge a présidé à la reconstruction exacte de l’orgue français qui se trouvait dans la Cathédrale de Québec et qui fut détruit lors du siège de la ville en 1759. La reproduction fidèle qui a résulté de cette reconstruction est installée dans la Chapelle du Musée de l’Amérique francophone.

C’est également dans la Chapelle du Musée de l’Amérique francophone qu’est installé le magnifique instrument offert par monsieur Hubert Laforge et son épouse, Florence. Un don inestimable, un objet unique légué par de véritables passionnés. Il s’agit du clavecin opus 7 qui est la réplique exacte d’un clavecin fabriqué en 1733 par François Blanchet.

Je m’en voudrais de conclure cette présentation sans rendre également hommage à Florence Beaulac, son épouse. Sans les connaître beaucoup, je peux facilement imaginer que leur complicité, leur étroite symbiose et leur amour réciproque sont tels que plusieurs des quelques réalisations que je viens d’évoquer ne se seraient sans doute pas accomplies, ou pas aussi complètement, si Hubert n’avait pas pu compter sur le soutien de Florence, soutien que je devine inconditionnel.

Permettez-moi, Monsieur Laforge, après ce résumé trop court d’une partie seulement de vos impressionnantes réalisations, de vous remercier au nom de l’ensemble de mes collègues et des étudiants et étudiantes de la Faculté du charisme, de la vision, du dynamisme, du leadership dont vous avez fait preuve lorsque vous dirigiez la Faculté. Votre passage chez nous a laissé une marque si forte que trente ans après, tous ici, personnel et étudiants en ressentons encore les effets bénéfiques bien vivaces. Merci d’avoir si fort aimé notre Faculté et de la porter encore dans votre coeur.

À vous et à Florence, je vous adresse un grand merci.

Caroline Senécal
Doyenne de la Faculté des sciences sociales