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Nouvelles

Un présumé djihadiste demande d'être jugé au Canada

13 mars 2015

L'avocat d'un résident permanent, soupçonné d'avoir voulu faire entre autres sauter le consulat des États-Unis à Toronto, demande qu'il soit jugé par les tribunaux canadiens au lieu d'être expulsé vers son pays d'origine, le Pakistan.

Le juriste soutient que son client, Jahanzeb Malik, pourra au moins présenter une défense s'il est traduit devant une cour criminelle, ce qu'il lui sera impossible de faire devant les tribunaux de l'immigration. Cependant, comme Jahanzeb Malik n'est pas citoyen canadien, la pratique veut qu'il soit expulsé pour être jugé dans son pays d'origine, si le Pakistan décide de porter des accusations. Entretemps, le suspect demeure en détention préventive, à la suite de son arrestation, lundi. Il doit comparaître à nouveau lundi prochain devant la Commission de l'immigration et du statut de réfugié.    

Plus « facile » de l'extrader    

De son côté, le professeur Stéphane Leman-Langlois, directeur de l'équipe de recherche sur le terrorisme à l'Université Laval, explique que « dans une procédure criminelle, le fardeau de la preuve est relativement élevé ». C'est sans parler, ajoute-t-il, du coût d'un procès et de la possibilité que l'accusé soit acquitté. Les autorités fédérales allèguent que Jahanzeb Malik est un sympathisant de l'État islamique. Il aurait visité à plusieurs reprises des camps d'entraînement en Libye et au Pakistan. Récemment, il aurait tenté de recruter un complice pour planifier des attentats à la bombe contre le consulat des États-Unis à Toronto et dans le quartier des affaires. Son complice et lui auraient visionné des vidéos de propagande djihadistes, planifié des attaques et même discuté d'un message vidéo à enregistrer afin de revendiquer leur geste.

Lorsque son complice est une taupe    

Ce complice en question était en fait un agent d'infiltration des services de sécurité qui avait pour mission de le surveiller. Pour les policiers, il s'agit d'une nouvelle stratégie plus proactive, croit le professeur Stéphane Leman-Langlois, directeur de l'équipe de recherche sur le terrorisme à l'Université Laval.    

« Les forces policières se sont fait prendre un peu en défaut à cause qu'ils avaient Martin Couture-Rouleau sous surveillance et qu'il a mené à bien ses attaques quand même », à St-Jean-Sur-Richelieu cet automne.  « Donc, maintenant, les policiers sont moins tolérants pour ces 100 ou 200 personnes qui sont sous surveillance et vont maintenant essayer de faire débloquer ces dossiers-là », poursuit-il.    

Ottawa tient mordicus à C-51    

Selon les partis d'opposition à Ottawa, cette arrestation démontre que les lois actuelles fonctionnent bien. Mais le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, continue de défendre son nouveau projet de loi antiterroriste C-51.    

« Plusieurs outils dans le projet de loi C-51 vont renforcer des mesures dont nous disposons pour s'adapter à la menace terroriste, dont la capacité de poser des gestes pour réduire la menace et, lors d'attaque imminente, de procéder à des arrestations afin de porter des accusations et détenir ces personnes », soutient le ministre.  C-51 permettra aussi de« s'en prendre au langage terroriste en rendant illégales la promotion et la dissémination de l'idéologie terroriste », a-t-il poursuivi.    

Nouvelle publiée sur le site de Racio-Canada le 12 mars 2015