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Nouvelles

Démocratie: un bilan

7 avril 2015

Par Yvon Larose, journal Le Fil.

Un bilan de santé de la démocratie québécoise et canadienne, c'est l'objectif ambitieux que s'est fixé la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires de l'Université Laval en présentant un colloque sur ce thème les 8 et 9 avril. L'événement se tiendra dans un endroit prestigieux, le Salon rouge de l'Assemblée nationale du Québec. Pour l'occasion, 24 spécialistes, répartis autour de six tables rondes, seront invités à dialoguer ensemble de façon ouverte et constructive à propos des enjeux qui touchent le coeur de nos institutions démocratiques. Les enjeux seront l'éducation civique, les femmes en politique, la période de questions, le processus législatif, la réforme du mode de scrutin et le financement des partis politiques.

Parmi les invités figurent principalement des politiciens, des chroniqueurs et des chercheurs universitaires. Mentionnons les noms d'Agnès Maltais (PQ) et de Stéphane Dion (PLC) parmi les politiciens, d'Yves Boisvert (La Presse) et de Tasha Kheiriddin (National Post) parmi les chroniqueurs. À lui seul, le Département de science politique de l'Université Laval déléguera trois experts, soit les professeurs Marc André Bodet, Thierry Giasson et Réjean Pelletier.

Marc André Bodet participera à la table ronde sur la réforme du mode de scrutin. Avec les autres experts, il débattra la pertinence d'adopter un mode de scrutin proportionnel. Cette idée est dans l'air depuis plusieurs années au Québec. Ce mode de scrutin a comme avantage de porter au pouvoir des gouvernements qui représentent mieux la diversité des points de vue dans la société. Selon le professeur, il faut d'abord se demander quelles valeurs l'on veut privilégier. «Je ne suis pas convaincu que la forme proportionnelle pure, comme en Israël et aux Pays-Bas, où l'on gouverne par coalition, soit ce qu'il y a de mieux pour le Québec et le Canada, explique-t-il. Ici, le mode de scrutin uninominal majoritaire à un tour permet une représentation locale ainsi que l'efficacité du gouvernement. Ces deux valeurs sont défendables. »

Cela dit, le système actuel n'est pas parfait. Selon Marc André Bodet, les libéraux auraient remporté la victoire lors des élections générales du Québec en 1998 dans un contexte de proportionnalité. «Ce sont plutôt les péquistes, dit-il, qui ont formé un gouvernement majoritaire, malgré un nombre de votes inférieur à celui des libéraux.»

Affiches, sites Web, dépliants, envois postaux, panneaux routiers: la publicité venant des partis politiques lors d'une campagne électorale sera au coeur des discussions consacrées au financement des partis. Les spécialistes se questionneront sur son interdiction afin de minimiser le rôle de l'argent dans les élections. Pour le professeur Thierry Giasson, cette publicité doit demeurer, même si elle impose une ponction importante dans le budget d'une campagne. «La publicité condense  une pensée, admet-il, mais elle est utile aux citoyens durant une campagne électorale, un moment fondamental dans la vie démocratique. Elle véhicule beaucoup d'information que l'on ne trouve pas ailleurs, par exemple, le positionnement des partis politiques sur les enjeux électoraux.» Selon lui, les médias abordent de moins en moins ces enjeux. «Ils ont plutôt tendance à parler de la course elle-même, des problèmes reliés à l'organisation de la campagne, des stratégies, indique Thierry Giasson. Or, les citoyens ont besoin de toute l'information nécessaire leur permettant de prendre une décision éclairée dans l'isoloir.»

Le système parlementaire de type britannique en vigueur au Québec et au Canada repose sur l'idée qu'un gouvernement responsable doit répondre de ses actes, de ce qu'il fait ou ne fait pas, devant l'assemblée élue. Durant le colloque, Réjean Pelletier discutera avec les autres participants de la pertinence, ou non, pour l'opposition de soumettre ses questions, par écrit et à l'avance, au gouvernement. «Règle générale, explique-t-il, les questions proviennent de nouvelles dans les médias, ou d'une recherche particulière faite par un parti d'opposition.» Le professeur Pelletier se dit en faveur de questions écrites et soumises à l'avance. «Pour une meilleure réponse, je favorise les questions soumises la veille parce que plus près de l'actualité, précise-t-il. D'autres questions pourraient aussi être remises à la toute fin de la période de questions, donc le jour même. Cela serait utile, surtout de nos jours avec l'information instantanée qui peut venir de partout.»

Le colloque aura lieu les 8 et 9 avril à l'Assemblée nationale du Québec. L'inscription au colloque est gratuite, mais obligatoire. Pour s'inscrire: colloquedemocratie@pol.ulaval.ca. On peut consulter le programme à www.democratie.chaire.ulaval.ca.