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Nouvelles

Élections québécoises : la génération X aux commandes en 2018

17 avril 2015

Le déclin démographique des baby-boomers et la faible participation des plus jeunes aux élections donneront, dès 2018, le pouvoir de faire et de défaire les gouvernements lors des scrutins aux membres de la génération X.

Les prochaines élections générales, qui doivent se tenir en 2018 au Québec, seront celles du changement de garde générationnel. Pour la première fois, les membres de la génération X détiendront la balance du pouvoir au sein de l’électorat.

Selon une étude intitulée Poids électoral: la revanche de la génération X, qui paraîtra dans l’ouvrage L’état du Québec 2015 et dont Métro a obtenu copie en primeur, c’est en 2018 que les baby-boomers perdront leur domination sur le paysage politique québécois au profit des électeurs nés entre 1960 et 1979.

«Les X se démarqueront entre une génération qui s’efface, et une autre qui tarde à prendre sa place», explique François Gélineau, auteur de l’étude et professeur au Département de science politique de l’Université Laval.

Bien que les trois générations étudiées par M. Gélineau constitueront chacune 33 % de l’électorat en 2018 (voir graphique), les X seront, eux, arrivés à l’âge où ils sont le plus actifs politiquement. Ils seront donc plus nombreux à voter que les baby-boomers (nés avant 1960 et dont la participation décline) et que les Y et les millénaires (nés à partir de 1980 et dont le taux de participation est le plus bas).

«D’une génération à l’autre, il y a une baisse de la participation», indique M. Gélineau. Son étude souligne en effet que 64,8% des baby-boomers vo­taient à 18 ans, alors qu’au même âge, les Y votent à 51,3%.

Si ce changement de garde générationnel n’impli­que pas un transfert de vote automatique vers un parti ou une idéologie spécifiques, il laisse néanmoins entrevoir une transformation du discours politique, qui se fera en fonction des préférences de la génération X. «C’est une genération davantage repliée sur elle-même, concentrée sur ses propres intérêts et un peu moins intéressée par les enjeux sociaux», analyse le directeur général de l’Institut du Nouveau Monde (INM), Michel Venne. «Déjà, les partis politiques orientent leurs slogans et leurs choix de candidats en fonction de cette transformation, et ça va s’accentuer dans les 10-15 prochaines années.»

Signe de ce renversement, M. Venne cite la montée de commentateurs anti-étatique dans le discours public ainsi que l’appui majoritaire dans la population à la réduction de la taille de l’État (53%), confirmé la semaine dernière par un sondage Léger/Le Devoir. «Les X sont mécontents de la manière dont les générations précédentes ont géré le Québec, poursuit le directeur de l’INM. Ils sont arrivés sur le marché du travail en pleine crise économique du début des années 1980 et ont eu de la difficulté à se trouver de l’emploi. On a dit à cette génération-là: “Débrouille-toi.”»

À terme, par leur manque d’implication démocratique, les électeurs nés à partir de 1980 feront les frais de cette nouvelle conjoncture démographique.

«Si les générations votantes continuent d’être remplacées par des générations qui votent moins, on se retrouvera un jour avec des gouvernements élus par des minorités de citoyens, des gouvernements qui seront de moins en moins représentatifs et de moins en moins légitimes», commente M. Venne, qui a mis sur pied l’INM il y a une dizaine d’années afin d’encourager la participation citoyenne.

«On se prépare des lendemains démocratiques assez sombres», conclut-il.

Article de Maxime Huard, paru sur le site web Métro, le 13 avril 2015