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Nouvelles

Prendre un enfant par la main

24 novembre 2010

Par Renée Larochelle

Les jeunes suivis par les centres jeunesse vivent plus de stabilité depuis que des modifications ont été apportées à la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ) en 2007. C’est ce que révèle le rapport sur l’évaluation des impacts de la nouvelle Loi sur la protection de la jeunesse au Québec déposé récemment à l’Assemblée nationale. «Tous les problèmes ne sont pas réglés pour autant, mais il s’agit d’un pas dans la bonne direction», explique Daniel Turcotte, professeur à l’École de service social, qui a dirigé cette évaluation à laquelle ont participé quatre autres membres du Centre de recherche sur les jeunes et les familles à risque (JEFAR) de l’Université Laval: Sylvie Drapeau, Sylvie Moisan, Marie-Hélène Gagné et Marie-Christine Saint-Jacques. Rappelons qu’avant les modifications apportées à la LPJ, les jeunes pouvaient être ballotés d’une famille à l’autre pendant des années puisqu’il n’existait pas de durée maximale de placement. Aujourd’hui, le délai est de 12 mois pour les moins de deux ans, de 18 mois pour les deux à cinq ans et à deux ans pour les moins de cinq ans.  

Une mobilisation du milieu
Aux fins de ce rapport, les chercheurs ont comparé la situation de 9 623 enfants pris en charge par la DPJ avant les nouvelles dispositions de la loi et celle de 8 991 enfants après. Chaque cohorte a été suivie pendant un peu plus de deux ans. Premier constat: le recours au placement est moins fréquent, touchant 59 % des enfants plutôt que 63 % avant. Ensuite, lors du placement, l’enfant est de plus en plus confié à la famille élargie, comme une tante ou des grands-parents, plutôt qu’à une famille d’accueil ou à des éducateurs (33 % après contre 25 % avant). La situation des enfants qui vivent le plus d’instabilité à cause de changements fréquents de milieu de vie s’est aussi légèrement améliorée. Selon Daniel Turcotte, il était plutôt prévisible que ces changements soient mineurs, mais l’important demeure que les choses bougent. «La diminution des placements égale une plus grande stabilité, c’est du moins l’hypothèse que nous faisons, explique le chercheur. Dans certains cas, les déplacements peuvent être positifs, comme lorsqu’un jeune passe d’un centre jeunesse à une famille d’accueil, par exemple.»

L’équipe de recherche a aussi évalué l’implantation des nouvelles dispositions de la LPJ auprès des différents intervenants des centres jeunesse du Québec. «Il y a eu une très large mobilisation du milieu, tant sur le plan régional qu’à l’échelle nationale, rapporte Daniel Turcotte. Plus de 21 000 intervenants et gestionnaires ont participé aux journées de formation et de sensibilisation. La grande majorité juge que ces changements sont utiles pour assurer une meilleure protection des enfants.»