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Nouvelles

Le gène de la motivation scolaire?

21 mai 2015

Tous les parents et les enseignants le savent: la motivation scolaire n'est pas répartie également entre les enfants. Ce que l'on ignorait toutefois, c'est dans quelle mesure ces différences dépendent de l'inné et de l'acquis. Une équipe internationale qui a étudié la question auprès de quelque 13 000 jumeaux conclut que presque la moitié de la variabilité dans la motivation scolaire est associée à des facteurs génétiques.

Pour mener cette étude, l'équipe de 26 chercheurs, dont cinq sont de l'Université Laval, a fait appel à des jumeaux homozygotes – des jumeaux identiques – et dizygotes – des jumeaux non identiques – âgés de 9 à 16 ans. Afin de s'assurer de couvrir un large éventail de cultures et de systèmes scolaires, les chercheurs ont recruté les participants au Canada, aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Russie, en Allemagne et au Japon. À différents intervalles de temps, les jeunes ont été invités à répondre à des questions portant sur deux éléments liés à la motivation scolaire, soit le plaisir d'apprendre et la perception de compétence en mathématiques, en sciences et en langues. Pour chacune de ces variables, les chercheurs ont estimé la part de la variabilité attribuable à la génétique à l'aide d'un modèle mathématique reposant sur les similarités observées entre les paires de jumeaux identiques et non identiques.

Les résultats, publiés dans un récent numéro de Personality and Individual Differences, indiquent qu'en moyenne 43% de la variabilité dans la motivation scolaire est associée à des facteurs génétiques. Cette valeur est relativement constante, peu importe le pays, le système scolaire et l'âge des répondants. «Même le fait d'être dans des classes différentes ne modifie pas substantiellement la similarité entre jumeaux dans leur plaisir d'apprendre et leur sentiment de compétence», signale l'un des auteurs de l'étude, Michel Boivin, de l'École de psychologie.

Selon le chercheur, il est temps de prendre du recul par rapport aux explications purement environnementales concernant la motivation scolaire. «Le plaisir d'apprendre et la perception de compétence ont une composante génétique aussi forte que les habiletés cognitives. Les différences entre les enfants ne sont pas dues uniquement à des facteurs comme un bon ou un mauvais milieu familial, un bon ou un mauvais enseignant, une bonne ou une mauvaise école.»

Il ne faut pas pour autant considérer la dimension génétique de la motivation scolaire comme une fatalité, prévient le chercheur. «La génétique n'est pas un déterminisme absolu. C'est une prédisposition de force ou de vulnérabilité qui peut être modifiée par l'environnement. Comme la réponse à une modification environnementale sera différente selon la génétique des enfants, il faudrait adapter l'éducation à leurs besoins particuliers. En médecine, on tend maintenant à choisir les traitements pharmacologiques en fonction du profil génétique des patients. Il faudrait faire la même chose en éducation.»

Les autres chercheurs de l'Université Laval qui cosignent l'étude parue dans Personality and Individual Differences sont Gabrielle Garon-Carrier, Ginette Dionne et Nadine Forget-Dubois, de l'École de psychologie, et Frédéric Guay, de la Faculté des sciences de l'éducation.

Artcile de Jean Hamann, paru dans LeFil, volume 50, numéro 30 | 21 mai 2015