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Nouvelles

Les nouveaux visages de la pauvreté à Québec

24 août 2015

La pauvreté et son corollaire, l'exclusion sociale, font l'objet d'un volumineux rapport de recherche
Catherine Bonneau et Justine Langlois, deux étudiantes au baccalauréat en sociologie, ont remis, ce printemps, un rapport de recherche de plus de 175 pages à l'Accorderie, une coopérative de solidarité de la capitale. Ce travail de longue haleine s'est échelonné sur deux sessions dans le cadre du Laboratoire de recherche en sociologie.

«L'Accorderie, explique Catherine Bonneau, voulait connaître les différents visages de la pauvreté et de l'exclusion sociale dans un contexte de «nouvelle pauvreté». Il y a de plus en plus d'emplois précaires au salaire minimum, ce qui fait que, même avec un travail, les gens ont du mal à joindre les deux bouts. L'Accorderie voulait aussi savoir si elle arrivait toujours, dans ce contexte, à combler les besoins de ses membres.»

Les étudiantes ont constitué un échantillon de 16 personnes en situation de pauvreté et d'exclusion sociale, dont 8 membres de l'Accorderie. Globalement, les participants étaient âgés de 27 à 65 ans. Il y avait 10 femmes et 6 hommes. Douze étaient locataires. Il y avait aussi 2 propriétaires et 2 sans-abri. Une participante n'avait aucune source de revenus, 5 recevaient de l'aide sociale et 5 travaillaient à temps partiel. Enfin, 2 personnes travaillaient à temps plein. Au plan scolaire, 2 répondantes détenaient un diplôme d'études secondaires et 3 un diplôme d'études collégiales. Deux autres avaient un baccalauréat et un possédait un diplôme de maîtrise. Six personnes vivaient seules. Six autres étaient monoparentales.

Certains participants à l'enquête adhéraient à la cause d'un organisme communautaire et y participaient activement. D'autres fréquentaient ces endroits dans le but de créer des relations sociales. Ceux qui cherchaient à combler un besoin matériel étaient les plus susceptibles de quitter une fois leur besoin comblé. Enfin, les gens de l'itinérance réclamaient une satisfaction strictement matérielle à leurs besoins, comme se loger et se nourrir.

Les étudiantes avaient émis l'hypothèse que les besoins des personnes seraient différents selon leur parcours de vie. Ces besoins varieraient selon l'âge, la situation familiale et conjugale, les occupations ainsi que le niveau de scolarité. Cette hypothèse s'est vue entièrement confirmée. Différents types de ruptures ont modifié les parcours individuels et entraîné la précarité. Ces ruptures vont du divorce à l'itinérance, en passant par les problèmes de santé mentale et physique, le décrochage scolaire et la difficulté d'insertion sur le marché du travail.

«Plusieurs répondants ont eu des épisodes de santé mentale, souligne Catherine Bonneau. Par ailleurs, avoir fait des études ne prévient pas contre la pauvreté. Pour nous, il était important de montrer les diverses manières de vivre la pauvreté. Il n'y a pas juste l'itinérance.»

La pauvreté, on peut la vivre en étant un travailleur à faible revenu, ou comme famille monoparentale. Ou bien comme ce participant scolarisé de 57 ans vivant de l'aide sociale. «Issu de la classe moyenne, explique l'étudiante, cet homme se concentre sur son engagement social. Il siège au conseil d'administration de plusieurs organismes communautaires. D'ailleurs, nos répondants disaient valoriser surtout l'amitié, la famille et les relations sociales, avant le travail.»

Le sans-abri se situe dans une catégorie à part. Cette personne en situation de pauvreté absolue est incapable de subvenir à ses besoins de base. Dans la rue, il mène un combat de tous les instants pour survivre. «Pour les sans-abri, la rue, c'est la solidarité, indique Catherine Bonneau. Ils s'identifient à l'image de la pauvreté. Et ils la retournent en la rendant positive.» Ce point de vue était bien différent chez tous les autres participants à l'enquête. Pour ces répondants, être pauvre constitue un stigmate. «Dans leurs réponses, poursuit-elle, ils ont cherché à se distancier de la figure typique du pauvre, mais aussi de l'image du riche. Ils n'accordent pas d'importance à l'argent dans leur conception de la réussite sociale.»

Pour la qualité de leur rapport, Catherine Bonneau et Justine Langlois ont remporté la bourse de 1 500$ du Fonds d'aide à la réussite étudiante de sociologie. Elles ont aussi obtenu la note A+ pour leur travail. Les professeurs Simon Langlois, Richard Marcoux et Denys Delâge, membres du jury, ont déclaré que le rapport équivalait à un excellent mémoire de maîtrise. L'étude peut être consultée à l'adresse suivante: www.soc.ulaval.ca/?pid=1204
Source : Le Fil