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Nouvelles

Quand étudier rime avec efficacité!

25 septembre 2015

Un public très nombreux a assisté, lundi dernier, à la Chaire publique de l’ÆLIÉS portant sur différents outils pour apprendre

Animée par Isabelle Guilbeault, cette activité de l’Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures a donné la parole à trois experts spécialisés dans des domaines bien différents: le sommeil, la lecture rapide et les cartes conceptuelles visant à schématiser des concepts.

Pourquoi le sommeil? On l’oublie souvent, mais dormir suffisamment et de façon réparatrice facilite grandement l’assimilation de données et d’informations, comme l’a rappelé Charles M. Morin, directeur du Centre d’étude des troubles du sommeil à l’Institut universitaire en santé mentale de Québec. Ce professeur à l’École de psychologie de l’Université Laval a rappelé à l'assistance des règles essentielles, notamment l’importance de disposer d’une période de décompression avant de se coucher. Contrairement à un appareil électronique, le cerveau humain ne dispose pas d’un interrupteur «OFF», et on ne peut espérer dormir après avoir étudié intensément.

Il a également conseillé d’éviter l’utilisation tardive d’écrans, dont la lumière aurait tendance, tout comme la consommation de produits stimulants et de café, à stimuler le cerveau et à retarder l’endormissement. En fait, plutôt que de voir de manière négative le temps consacré à dormir, il vaudrait mieux le considérer comme un moyen pour accroître sa concentration. Charles M. Morin a d’ailleurs cité une étude qui montre clairement qu’un groupe d’apprentissage, après avoir fait une sieste, enregistre de meilleures performances que celles d’un groupe qui n’a pas dormi.

Les étudiants auraient également intérêt à tirer profit de leur période d’éveil, notamment en adoptant la lecture efficace prônée par Daniel Gagnon, orthopédagogue et psychopédagogue. À ses yeux, un bon lecteur n’est pas passif; il devient un «mineur qui creuse le filon de la connaissance». Durant ses séminaires de formation, l’orthopédagogue propose une méthode inspirée de celle d’Evelyn Wood, l’Américaine qui a initié l’ancien président américain John F. Kennedy à ce type de lecture. Il s’agit, en fait, de lire avec un pointeur, idéalement un crayon, en adoptant un mouvement dynamique qui ne s’arrête jamais sur un mot en particulier.

De petits exercices de vitesse complètent la formation dispensée par cet orthopédagogue, aussi auteur de l’ouvrage Quand lire rime avec plaisir. À plusieurs reprises, il demande aux lecteurs de répondre à des questions sur le texte. L’exercice se répète jusqu’à ce qu’ils soient capables de retenir au moins 80% du contenu, alors qu’ils lisent deux à trois fois plus rapidement que la moyenne. Selon Daniel Gagnon, cette méthode aurait tout intérêt à être implantée dès le primaire, car elle faciliterait l’apprentissage de la lecture, particulièrement chez les élèves en difficulté.

Conseiller en informatique, Pierre Pilon prône, lui aussi, une nouvelle façon d’aborder l’étude en la rendant davantage concrète. Comment? En utilisant des cartes cognitives, soit des représentations et des schémas. Le conférencier a ainsi expliqué que certains professeurs exigent de leurs étudiants qu’ils présentent leur projet de maîtrise sans écrire une seule ligne. Seules sont autorisées des cartes comportant quelques mots clés, avec des flèches les reliant entre eux, réalisées sur une feuille de papier ou sur ordinateur. De cette façon, soutient le conférencier, l’étudiant va à l’essentiel. Il crée une image dans l’espace de la représentation afin que son cerveau fonctionne mieux.

Une de ces représentations, appelée carte heuristique, permet de visualiser des données sous forme de diagramme, organisé selon le développement de la pensée. Par exemple, pour une thèse, un étudiant part du contenu qu’il connaît sur son sujet, puis développe en quelques mots son hypothèse de travail et les objectifs à atteindre. Un autre type de carte cognitive, la carte conceptuelle, relie, elle, les notions listées sous forme d’arborescence par des mots clés, ce qui oblige la personne à déterminer le fonctionnement d’un concept. Par exemple, une vache, qui produit du lait, ne permet pas directement la fabrication du fromage. Il faut une étape intermédiaire. Armés de tels outils, les étudiants devraient donc disposer de moyens supplémentaires pour tirer le meilleur parti de leurs connaissances cette session.

Article de Pascale Guéricolas, paru dans LeFil, vol. 51, No 5, le 24 septembre 2015