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Nouvelles

Les jeunes et la politique : une tendance difficile à renverser

9 octobre 2015

Manque de connaissances, manque d'intérêt pour la politique, manque de temps pour bien s'informer : bien que conscients de l'importance de participer à l'exercice électoral, de nombreux jeunes étudiants rencontrés par le Journal de Lévis ont admis qu'ils n'iront pas voter le 19 octobre prochain.

«J'en ressens une certaine culpabilité, parce que je sais que c'est important. Mais je n'ai vraiment pas le temps de suivre ça. Je n'utiliserai pas mon droit de vote, parce que je ne connais pas assez ça.»

Alyson, une étudiante du Cégep de Lévis-Lauzon, est loin d'être la seule dans cette situation. Plusieurs de ses collègues avouent ne pas avoir en main suffisamment d'information pour exercer leur droit de vote de façon éclairée. 

«J'ai l'impression que je n'ai pas assez de connaissances. Rendu là, ce serait presque du hasard si j'y allais», témoigne quant à elle Stéphanie.

Sur la douzaine d'étudiants interrogés aléatoirement, une seule était certaine qu'elle irait voter. Deux ont affirmé qu'ils iraient peut-être, s'ils trouvent le temps de s'informer d'ici le 19 octobre. Les autres ont confirmé qu'ils n'iraient pas.

Aux dernières élections fédérales, en mai 2011, seulement 38,8 % des jeunes âgés de 18 à 24 ans se sont déplacés aux urnes pour exercer leur droit de vote. Au Québec, on parle de 45 % des électeurs qui font partie de la plus jeune tranche d'âge. Et selon deux experts consultés, cette tendance du déclin du taux de participation, qui est également visible dans l'électorat en général, sera difficile à renverser.

«Une des explications est liée à la socialisation des jeunes électeurs. Dans les années 1950, alors que l'âge du droit de vote était de 21 ans, les jeunes de cet âge étaient bien souvent déjà mariés, avaient des enfants, des responsabilités et un emploi régulier. Aujourd'hui, les jeunes sont aux études plus longtemps, donc ne sont pas encore pleinement socialisés», note François Gélineau, titulaire de la Chaire de recherche sur la Démocratie et les institutions parlementaires de l'Université Laval

Pour cette raison, ils se sentiraient moins interpellés par les enjeux discutés lors de la campagne électorale. Mais aux yeux de Raymond Hudon, professeur au Département de science politique de l'Université Laval, les partis politiques, de leur côté, font bien peu d'efforts pour inclure les plus jeunes électeurs dans le débat. 

«Ce qui est frappant, c'est que les jeunes sont absents de cette campagne. On en entend très peu parler. Et comme ils ne vont pas voter, en termes de poids électoral, ils ne sont pas très payants», explique M. Hudon, qui voit dans cette problématique un cercle vicieux.

Si la tendance se maintient, soutient François Gélineau, le déclin de la participation des électeurs devrait se poursuivre à l'avenir, puisque les jeunes d'aujourd'hui, bien qu'ils devraient voter davantage en vieillissant, ne pourront jamais rattraper le taux de participation des générations antérieures. 

Comment alors renverser cette tendance? La mise en place d'un mode de scrutin proportionnel pourrait être une piste de solution, avance-t-il, puisque les électeurs sentiraient davantage que leur vote compte. Intégrer une formation civique au programme secondaire, où les élèves apprendraient en quoi consiste le devoir de citoyen, pourrait aussi aider à contrer le déclin du taux de vote.

De son côté, l'Association générale des étudiants du Cégep de Lévis-Lauzon (AGEECLL) tente de mobiliser ses membres en leur fournissant les outils nécessaires pour qu'ils se sentent à l'aise d'exercer leur droit de vote. L'association a d'ailleurs organisé la semaine dernière un débat rassemblant les cinq candidats à l'élection dans Bellechasse–Les Etchemins–Lévis. 

«La politique chez les jeunes, c'est inconnu, c'est incompris, c'est laissé à l'abandon et il faut que ça change. C'est important qu'on vote et qu'on fasse notre devoir de citoyen. On veut vraiment aider les étudiants là-dedans», ont commenté les deux organisatrices du débat, Laurianne Trudel et Mélissa Couture.

Article de Mariane Bergeron-Courteau, publié sur le site Internet Journaldelevis.com, le 6 octobre 2015