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Nouvelles

Ces forces de la nature

9 octobre 2015

Les films d'arts martiaux présentent des superhéros et des aventures qui correspondent à un ordre bien établi

Un film de James Bond où il n'y aurait ni Bond girl ni gadget ne serait pas considéré comme un «vrai» film de James Bond, tellement ces éléments distinctifs sont indissociables du genre. De la même manière, les films d'arts martiaux fonctionnent avec des codes et un ordre établi – un certain nombre de références, en somme – qui correspondent aux attentes du spectateur. Dans sa thèse de doctorat en sociologie, Olivier Bernard a voulu en savoir davantage sur la manière dont se structure l'imaginaire des arts martiaux au cinéma. 

Aux fins de son étude, le chercheur a analysé les 16 films d'arts martiaux ayant été les plus lucratifs au guichet au cours des 30 dernières années. Les titres sont évocateurs de l'esprit et de l'atmosphère qui imprégnent ces oeuvres: The Karate Kid, The Last Samurai, Kill Bill, Street Fighter, Mortal Kombat, Hard to Kill, etc. Il a ajouté à son corpus quatre films d'action qui, sans être des films d'arts martiaux proprement dits, comportent des scènes faisant clairement allusion à des éléments reliés au genre: Star Wars: The Phantom Menace (1999) et Sherlock Holmes (2009), pour ne citer que ces exemples.

«L'imaginaire des arts martiaux se révèle d'abord par la manière d'être et le comportement des personnages: ce sont des héros qui font face à des despotes, explique Olivier Bernard. Dotés d'une droiture morale inébranlable, leur vision du monde inclut une mission ainsi que des valeurs d'honneur et de spiritualité.» Comme les ennemis qu'ils combattent, les héros sont capables de prouesses extraordinaires qui se traduisent par des capacités physiques surhumaines.

En ce qui concerne les costumes, les choses varient: les personnages portent des habits contemporains de l'époque du récit, mais aussi des costumes fantastiques qui ressemblent aux tenues classiques de diverses disciplines des arts martiaux, le tout agrémenté d'orientalisme, de souligner Olivier Bernard. Parlant de fantastique, Olivier Bernard note des similitudes frappantes entre l'univers imaginaire des arts martiaux et celui de Star Wars. Un bon exemple de cela est le personnage de Dark Vador, dans les films de George Lucas, dont l'allure est celle d'un samouraï. Il y a également les chevaliers Jedi qui ont, eux aussi, des pouvoirs, des valeurs et une apparence qui s'apparentent aux héros de films d'arts martiaux.

«Plus le costume du héros est extravagant, plus ses pouvoirs sont grands et tendent vers la magie, indique le sociologue. En fait, plus cette corrélation est forte, plus le héros s'approche de l'éthos du superhéros. Ce principe s'applique également aux antagonistes, qui ont les capacités de tenir tête aux superhéros.»

Autre caractéristique des films d'arts martiaux: la présence d'effets spéciaux qui viennent renforcer la puissance des gestes et la maîtrise de l'environnement, en même temps qu'ils soulignent à gros traits la morale supérieure des héros. Dans ces films où les forces de la nature reflètent les émotions des personnages, le décor revêt une importance capitale. L'expression de l'invraisemblable, le mysticisme oriental, les qualités salvatrices de la nature, des temples et des lieux de culte, le surnaturel et la magie ne sauraient s'appuyer sur un décor banal, soutient Olivier Bernard.  Enfin, les prises de vues et les jeux de caméra typiques à ce genre de films permettent d'apprécier à leur juste valeur les chorégraphies parfois compliquées, mais souvent de grande beauté, qu'on y trouve.

Article de Renée Larochelle, publié dans LeFil, vol. 51, No 7, le 8 octobre 2015