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Nouvelles

Les autochtones comptent peser dans les urnes

16 octobre 2015

Les autochtones au Canada ont régulièrement boudé les urnes, symbole d'une soumission à la reine Elizabeth II, chef d'État en titre de la terre où ils vivent. Mais ils comptent cette fois faire entendre leurs revendications lundi lors du scrutin des législatives.

Si à la précédente élection en 2011 le vote autochtone avait frémi, cette fois la tendance devrait être plus marquée. D'abord parce que cette fois l'Assemblée des Premières nations (APN) «a appelé ses membres à voter et il y a beaucoup d'activité sur les réseaux sociaux» en faveur du devoir citoyen, a indiqué à l'AFP Thierry Rodon, professeur de sciences politiques à l'Université Laval à Québec.

Au total, les autochtones sont un peu plus de 1,4 million, soit 4% de la population canadienne, avec une forte prédominance des Premières nations (60%) par rapport aux métis et aux Inuits.

L'APN, qui dit représenter 900 000 personnes réparties en 634 communautés, est «restée neutre depuis le début de la campagne» en août, mais a «appelé plus de personnes autochtones à aller voter», a fait savoir cette organisation dirigée par le chef Perry Bellegarde.

Du côté du Congrès des peuples autochtones (CPA) - dont les membres sont principalement des Amérindiens vivant hors des réserves ou les métis et les Inuits - le message se veut encore plus clair. «Nous disons à nos membres: ''Prenez le temps d'aller voter, car on a beaucoup de difficultés avec le gouvernement en place''», a souligné Robert Bertrand, membre du comité exécutif.

Au pouvoir depuis plus de neuf ans, le premier ministre conservateur Stephen Harper s'est attiré les griefs des autochtones. Ils portent inlassablement sur les inégalités, l'éducation des enfants, les problèmes de santé, les violences faites aux femmes, ou encore le respect des langues. Autant de points noirs soulignés cet été par le Comité des droits de l'homme de l'ONU.

C'est sur ces problématiques que l'APN a présenté le mois dernier sa plateforme aux partis politiques afin d'obtenir des engagements avant l'élection du 19 octobre.

Les responsables autochtones ne donnent pas de consigne de vote. Cependant, comme le recommande Robert Bertrand, les autochtones doivent «voter pour le meilleur parti possible pour nous aider à faire valoir nos demandes auprès du gouvernement fédéral».

Seuls partis à avoir fait des propositions sur la base de la plateforme de l'APN, le Nouveau Parti démocratique et le Parti libéral ont plutôt la faveur des responsables autochtones.

Sur les 338 sièges de la Chambre, l'APN a ciblé 51 circonscriptions où le vote des autochtones peut influer sur la couleur de la future Chambre, selon Thierry Rodon.

Début octobre, Thomas Mulcair, leader du NPD, a jugé nécessaire «de tourner la page et d'entamer un véritable dialogue de nation à nation, fondé sur le respect afin d'apporter des changements tangibles» aux autochtones.

Un message accueilli favorablement par Perry Bellegarde, chef des Premières nations. Thomas Mulcair «donne suite à un grand nombre de nos grandes priorités et montre un engagement très ferme à collaborer à l'élimination» des inégalités dans tous les domaines, a-t-il indiqué.

«Nous travaillerons avec le gouvernement, quel que soit le parti qui le formera, car nous voulons que les questions autochtones occupent une place plus importante» dans la politique intérieure, selon Dwight Dorey, chef du CPA.

Lors d'une manifestation colorée et rythmée par des chants traditionnels organisée il y a quelques jours à Montréal, les autochtones ont réclamé au prochain gouvernement de cesser de les «ignorer», car «la majorité de nos communautés vit dans la misère», avait dénoncé Constant Awashish, grand chef de la nation Atikamek.

Article de Marc Braibant, publié sur le site de TVA_Nouvelles.ca, le 15 octobre 2015