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Nouvelles

Plus qu'une Trudeaumanie, un message à Harper

23 octobre 2015

Plus qu'une Trudeaumanie, le vote sanction contre le gouvernement conservateur sortant de Stephen Harper a permis à Justin Trudeau d'obtenir une large majorité pour être premier ministre.

Stephen Harper, en décidant de ne miser que sur son image et de faire campagne seul, a fini par transformer cette élection «en référendum sur sa personnalité», une figure polarisante, a déclaré à l'AFP le politologue Frédéric Boily de l'université de l'Alberta à Edmonton. «Cette élection ne porte pas sur moi», s'était lui-même défendu M. Harper en fin de campagne.

«Il y a eu une petite Trudeaumanie, avance le politologue Claude Denis de l'université d'Ottawa, un clin d'oeil à la vague du même nom qui avait porté Pierre Elliott Trudeau, le père de Justin, au pouvoir en 1968.

Avec 184 des 338 sièges, les libéraux sont devenus le premier parti politique de l'histoire politique canadienne à remporter des législatives après avoir été troisièmes à la dissolution.

Deux ans après son arrivée à la tête du parti, Justin Trudeau a mis fin à dix ans de règne conservateur en doublant les voix des libéraux par rapport au scrutin de 2011 (39% contre 19%) et où il n'avait obtenu que 34 sièges.

Après dix ans d'isolement relatif sur la scène internationale, le retour des libéraux au pouvoir devrait se traduire par un réengagement du Canada, notamment sur la question du climat et au sein des instances multilatérales, tout en s'accompagnant d'un changement de ton sur les questions de sécurité dans le monde et l'accueil des réfugiés syriens.

Justin Trudeau peut s'enorgueillir d'un immense succès personnel, lui sur qui personne n'aurait parié au début de la campagne face à deux adversaires plus aguerris, le conservateur Stephen Harper et le social-démocrate Thomas Mulcair.

Sans enlever à son mérite, «il y a eu un vote stratégique qui a fonctionné et qui a eu un effet positif pour Trudeau», a dit à l'AFP François Pétry, politologue à l'Université Laval à Québec.

Dans une triangulaire serrée, M. Trudeau a su canaliser le fort désir de changement qui animait une majorité de l'électorat après 10 ans de pouvoir conservateur sous la houlette de Stephen Harper, un homme froid.

«Et finalement, poursuit M. Pétry, c'est lui qui a réussi à défaire Harper — même si celui-ci a bien résisté — parce que cette fois le camp adverse était uni, alors qu'auparavant il était divisé».

M. Harper avait déclenché une longue campagne de 78 jours en pariant que Justin Trudeau, un habitué des bourdes dans le passé, se sortirait lui-même de la course. Or, loin de s'effondrer, Trudeau a réalisé un parcours parfait, menant une campagne positive et gagnant en assurance en fin de campagne.

L'autre grand perdant de cette élection est le social-démocrate Thomas Mulcair, deuxième au scrutin de 2011 après un raz-de-marée au Québec qui avait presque rayé de la carte les indépendantistes du Bloc québécois et qui chassait sur les mêmes terres que Justin Trudeau.

Favori dans les sondages au début de la campagne, le Nouveau parti démocratique (NPD) a vu ses appuis s'effriter «à partir du moment où il s'est engagé à équilibrer le budget» s'il était élu, bref à faire comme Stephen Harper, remarque François Pétry.

En prônant au contraire la nécessité de faire trois déficits d'affilée pour relancer l'économie, après une récession en première moitié de l'année avec la chute des cours du pétrole, le chef libéral a doublé le NPD sur sa gauche et vu ses soutiens augmenter, car il en était venu à incarner la rupture radicale d'avec l'ère Harper que souhaitait la majorité de l'électorat.

Article publié sur le site Internet TVANouvelles.ca, le 20 octobre 2015