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Nouvelles

La Vie privée à l'ère du numérique

6 octobre 2011

Les gouvernements doivent être responsables des informations qu’ils collectent sur leurs citoyens, mais c’est à l’internaute de gérer la manière dont il partage ses informations, estime Stéphane Leman-Langlois

Par Julie Bouchard

Tous les deux ans, le Commissariat à la protection de la vie privée sonde les Canadiens afin de comprendre leurs attitudes et inquiétudes à l’égard de la protection de la vie privée, notamment sur Internet. Selon les résultats du Sondage sur les Canadiens et la protection de la vie privée 2011, publiés en août, «quatre Canadiens sur dix estiment que la numérisation des rapports humains, par l'entremise des ordinateurs, tablettes et réseaux sans fil, fait peser aujourd'hui un risque élevé sur leur intimité et leur vie privée.»

Les deux tiers des répondants seraient aussi d’avis que les détails de leur vie privée seraient moins bien protégés dans l’environnement numérique qu'il y a 10 ans. De son côté, le Commissariat à la protection de la vie privée ne fait rien pour les rassurer. «Le sondage révèle que les technologies des communications représentent un risque pour la vie privée». Mais tous ne sont pas aussi inquiets…

«Tout dépend de quoi on parle. La notion de vie privée ne recoupe pas les mêmes choses pour tout le monde. De façon générale, elle repose sur l’anonymat inhérent à la vie dans les grandes villes. C’est donc une notion relativement récente que nous gagnerions à mettre en perspective», commente Stéphane Leman-Langlois, professeur à l’École de service social et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en surveillance et construction sociale du risque.

«Dans les années 1950, poursuit Stéphane Leman-Langlois, la vie privée était assez minimale. Les gens étaient tout le temps ensemble, et tout se savait dans le village. Le peu qu’on réussissait à garder secret était confessé au curé le dimanche ! Aujourd’hui, on nous parle de la vie privée comme de quelque chose d’essentiel qui doit être préservé, et on a peur de faire face à des menaces si on la gruge. Mais, dans les faits, qu’est-ce qui constitue une menace à la vie privée sur les réseaux informatiques? Les menaces réelles transforment en victimes les personnes. C’est l’utilisation, par exemple, des renseignements personnels à mauvais escient. Et c’est de ça que les Canadiens ont réellement peur», affirme Stéphane Leman-Langlois.

Les Canadiens sont d’ailleurs nombreux à lui donner raison: près des deux tiers d’entre eux (65 %) considèrent que la protection des renseignements personnels sera l’un des enjeux les plus importants auxquels le pays sera confronté au cours des dix prochaines années. Mais, ironie du sort, seulement 18 % d’entre eux considèrent faire un très bon travail pour protéger leurs renseignements, peut-être parce qu’ils sont aussi de plus en plus nombreux à croire que les gouvernements et les entreprises protègent mieux que jamais leurs renseignements personnels.

«Ça ne repose sur rien , affirme Stéphan Leman-Langlois. «Est-ce que le gouvernement a pris des dispositions ou promulgué des lois qui obligent les entreprises à protéger les renseignements personnels des citoyens? Oui. Ont-ils les moyens de les faire respecter? Non, entre autres parce qu’elles ne s’appliquent pas aux entreprises qui ne sont pas canadiennes, ce qui est le cas des réseaux sociaux comme Facebook ou Linkedin. Les gouvernements doivent être responsables des informations qu’ils collectent sur leurs citoyens. Mais pour le reste, c’est à l’internaute de gérer la manière dont il partage ses informations.»