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Nouvelles

Deux hommes et un couffin

13 décembre 2011

À part d’appartenir au même sexe, rien ne différencierait les parents gais des autres parents

La scène se passe dans un centre commercial. Autour d’une poussette où dort un bambin d’environ deux ans, deux hommes – visiblement un couple – cherchent un jouet égaré. Devant ce portrait de famille inhabituel, les gens semblent ambivalents: si certains esquissent un sourire poli ou roulent des yeux étonnés, d’autres passent leur chemin pour ensuite se retourner en direction de ce couple singulier. Bienvenue dans la réalité hors norme des couples d’hommes gais qui ont décidé d’adopter un enfant. Hormis le fait qu’ils sont du même sexe, ces parents sont cependant comme tous les parents du monde: ils aiment leur enfant de tout leur cœur et souhaitent le meilleur pour lui. C’est l’une des conclusions du mémoire de maîtrise en service social de Marie-Christine Fortin, professionnelle de recherche au Centre de recherche sur l’adaptation des jeunes et des familles à risque (JEFAR). Son objectif était de mieux comprendre l’expérience des pères gais ayant adopté un enfant placé en banque mixte, un programme mis en place par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) et qui permet à des enfants à haut risque d’abandon par leurs parents biologiques d’être placés le plus tôt possible dans une famille stable, dans une perspective d’adoption.  

«Lorsqu’ils sortaient avec leur enfant dans un lieu public, mes participants me disaient qu’ils avaient l’impression d’être en coming out perpétuel, raconte Marie-Christine Fortin. Les gens voyaient bien qu’ils étaient en présence d’un couple avec leur enfant, mais qu’il n’y avait pas de maman.» Aux fins de son étude, la chercheuse a interrogé 7 hommes âgés de 42 à 53 ans vivant en couple. Tous détenaient un diplôme universitaire. Les enfants avaient de 18 à 24 mois au moment de l’adoption. À l’exception d’un couple, tous les enfants adoptés étaient des garçons. 

Aux États-Unis, les parents gais font maintenant assez partie du paysage pour que le réseau généraliste ABC présente la série à succès Modern Family.

Photo: ABC

Des réactions positives

Premier constat: les raisons qui motivent des couples gais à vouloir adopter un enfant sont les mêmes que celles des couples hétéros, soit le désir de fonder une famille. Une fois cette décision prise, ils s’engagent dans le processus d’adoption qui n’est pas de tout repos, ne serait-ce qu’en raison du passé parfois lourd des enfants proposés. Tout au long de la démarche, aucun des répondants à l’étude n’a dit avoir subi de discrimination de la part des intervenants de la DPJ, cette dernière s’efforçant de jumeler un intervenant faisant preuve d’ouverture à ce sujet. Quant à la réaction de la famille et des proches des futurs parents à l’annonce du projet d’adoption, elle a été en général très positive.
Deuxième constat: une fois l’enfant adopté et instruit de ses origines avec des explications adaptées à son âge et qui évolueront ensuite, les parents ont le souci constant de s’assurer qu’il sera traité comme les autres, bref, de le protéger. Par exemple, avant une fête d’anniversaire à laquelle leur enfant est invité, ils n’hésiteront pas à donner un coup de téléphone pour vérifier si tout le monde est à l’aise avec leur statut de parents et, du même coup, avec celui de leur enfant. Même chose pour le choix de la garderie ou de l’école, où ils s’assureront que les dirigeants et membres du personnel sont ouverts à la diversité.


Évidemment, les pères gais ne sont pas dupes et savent bien qu’un jour ou l’autre, leur enfant rentrera en larmes de l’école parce que des jeunes auront traité ses parents de «tapettes», de souligner Marie-Christine Fortin. Mais ils ont confiance que leur enfant fera son chemin dans la vie. Parce qu’il est bien entouré, parce que ses proches l’aiment et surtout parce qu’il fait partie d’une famille.

Par Renée Larochelle

Source: Au fil des événements