Don par téléphone

Contacter la fondation de l’Université Laval au 418-656-3292


Don par la poste

Imprimer cette fiche remplissez-la et postez-la avec votre paiement à l’adresse suivante :

Faculté des sciences sociales
Pavillon Charles-De Koninck
1030, av. des Sciences-Humaines
Local 3456-E
Québec (Québec) G1V 0A6

Nouvelles

Une question de confiance

12 janvier 2012

Israël Dumont a étudié la représentation du risque associé à la pratique du vélo

Par Renée Larochelle

En mai 2010, à Rougemont, six cyclistes qui circulaient en peloton sur une route à deux voies ont été heurtés par une camionnette. Trois d’entre eux sont décédés à la suite de l’accident tandis que les autres ont été grièvement blessés. Est-ce à dire qu’ils avaient mal évalué les risques de circuler à vélo sur une route réservée en principe aux automobilistes ?

C’est cette question de la représentation du risque associé à la pratique du vélo qu’a examinée Israël Dumont dans son mémoire de Israël Dumontmaîtrise en sociologie dirigé par Andrée Fortin. Après avoir interrogé 15 résidents de la ville de Québec, 12 hommes et 3 femmes âgés de 20 à 70 ans, Israël Dumont en conclut que la plus grande peur des cyclistes est d’entrer en collision avec une autre personne, qu’il s’agisse d’un automobiliste, d’un cycliste ou d’un piéton. De ce point de vue, la chute causée par un trou ou une crevasse dans le bitume leur apparaît moins terrifiante. « Ils ont confiance en eux, mais pas nécessairement en l’autre », dit Israël Dumont qui effectue lui-même près de 2 000 km par année à vélo pour se rendre à l’Université ou encore pour faire des courses.

Rouler en sécurité

Suivant l’utilisation qu’ils faisaient de leur vélo, Israël Dumont a divisé les participants en trois groupes : les « sportifs », les « utilitaires » et les « récréatifs ». Évoluant généralement en peloton, les sportifs ont une opinion négative des pistes cyclables, en raison des piétons et des patineurs à roulettes qu’ils ont peur de heurter. Ils préfèrent donc circuler sur les routes, même si cela engendre parfois des conflits avec les automobilistes, lesquels ont souvent du mal à partager la route.

Pour leur part, les utilitaires, qui empruntent le plus souvent leur vélo pour aller au travail ou faire des courses, évitent les artères où le trafic est dense, et ce, parce qu’ils ne veulent pas être obligés de respecter la signalisation routière, leur but étant d’arriver le plus rapidement possible à destination.

Enfourchant leur vélo durant les fins de semaine ou les vacances, les récréatifs utilisent essentiellement les pistes cyclables, où ils disent être assurés de pouvoir rouler en toute sécurité.

« L’utilisation d’équipement de protection est intimement liée au style d’usage du vélo des personnes, révèle Israël Dumont. C’est uniquement sous la contrainte du trafic, de la pluie, de la neige ou de la noirceur que mes répondants utilisaient des pneus spéciaux durant l’hiver ou de phares clignotants le soir. » Par ailleurs, seules les trois femmes participant à l’étude ne portaient pas le casque pour des raisons de confort et de mode. Il faut dire qu’aucune ne faisait partie du groupe des sportifs. Une seule femme a mentionné craindre de se faire agresser lors de ses déplacements sur les pistes cyclables. Pour cette raison, elle choisissait des parcours près des rues achalandées. Israël Dumont a également relevé des différences sur le plan de la représentation du risque parmi ceux qui avaient déjà roulé à l’extérieur du Québec. Alors que, dans d’autres pays, les automobilistes se rangent légèrement à gauche pour laisser de la place aux cyclistes, on trouverait à Québec des automobilistes qui s’amusent à frôler les cyclistes.                                

Source : Au fil des événements