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Nouvelles

L'important, c'est d'aimer

12 janvier 2012

L’attachement entre le parent et son enfant est basé sur la confiance et influencerait les relations durant toute une vie

Par Renée Larochelle

De la même manière que l’oisillon ouvrant son bec s’attend à recevoir la becquée et développe ainsi une relation de confiance avec la mère, un bébé a besoin de savoir que quelqu’un viendra le consoler s’il pleure. Cette assurance que quelqu’un veille sur nous dans les moments difficiles et qu’on peut se fier à cette personne pour nous sortir du pétrin, qu’il s’agisse de la faim, de la soif ou du besoin de chaleur humaine, est à la base de l’attachement parent-enfant. Les bébés qui en sont privés sont fortement à risque de porter les séquelles de ce rendez-vous manqué toute leur vie.

C’est le message qu’a livré George Tarabulsy, professeur à l’École de psychologie, lors d’une conférence grand public prononcée récemment à l’occasion du 50e anniversaire de l’École de psychologie. Ainsi, le premier à décrire les interactions parent-enfant en détail, selon l’âge de l’enfant, a été le psychiatre et psychanalyste anglais John Bowlby, dans les années 1940. « Bowlby avait lu les travaux de l’éthologue Konrad Lorenz qui, lors de ses recherches avec des oies, avait découvert que l’oison s’attachait à la première figure qui bougeait autour de lui, a expliqué George Tarabulsy. On connaît la célèbre photo où Lorenz marche, suivi d’une dizaine d’oies qui le prennent en quelque sorte pour leur maman. Bowlby s’est dit que si cela était vrai avec les animaux, il était peut-être logique que cela soit la même chose avec les humains et les premières personnes présentes dans leur vie. »

Émotions, pleurs et détresse

Les premiers contacts du bébé avec sa mère (et son père) sont primordiaux pour bâtir et renforcer le lien d’attachement avec ses parents. Prendre son bébé dans ses bras, le regarder face à face, lui parler, faire des vocalises, exagérer ses expressions faciales sont des gestes qui montrent à l’enfant qu’il est important, qu’il compte pour nous et, en somme, qu’il est aimé. Pour cette raison, laisser pleurer un bébé dans son lit pour éviter qu’il devienne capricieux ou gâté n’est pas une bonne idée. « L’autonomie qui arrive trop tôt est problématique pour l’enfant, explique George Tarabulsy. S’il doit gérer lui-même ses émotions, ses peurs, ses détresses trop tôt, il apprendra plus difficilement à faire confiance à son environnement et à entrer en relation avec les autres. »

Les autres, ce sont l’éducatrice en garderie, l’enseignante, les amis et, plus tard, l’homme ou la femme avec qui il formera un couple. Certains chercheurs ont même appliqué les trois grandes catégories d’attachement enfant-parent – sécurisant, évitant et ambivalent – aux relations de couple. Par exemple, les couples évoluant dans une relation « sécurisante » ont un haut niveau de confiance et n’hésitent pas à rechercher de l’aide en cas de besoin. À l’autre bout, les couples en relations « ambivalentes » se caractérisent par l’absence de confiance entre les partenaires, au point où la peur d’être abandonné peut dominer la relation.

Source : Au fil des événements