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Nouvelles

Turbulences et mutations au PQ

12 janvier 2012

Selon Éric Montigny, le Parti québécois est devenu davantage un parti de pouvoir qu’un parti d’idées depuis l’échec référendaire de 1995

Par Yvon Larose

Une nouvelle page de la relation historiquement tumultueuse entre le chef et les militants du Parti québécois (PQ) s’est écrite en juin 2011. En quelques semaines, cinq députés péquistes ont claqué la porte en désaccord avec la stratégie et le leadership de la chef du parti, Pauline Marois.

Éric Montigny« L’une des causes de cette crise est la réorientation progressive du parti vers des objectifs partisans plus pragmatiques que la réalisation de la souveraineté », explique Éric Montigny, adjoint au titulaire de la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires. Celui-ci est l’auteur de Leadership et militantisme au Parti québécois, un essai de 245 pages paru récemment aux Presses de l’Université Laval. Le livre couvre la période de 1993 à 2011.

Le Parti québécois a toujours comme objectif premier la souveraineté du Québec. Ce qui ne l’a pas empêché de devenir davantage un parti de pouvoir qu’un parti d’idées, avec un objectif électoraliste après l’échec référendaire de 1995. « Cette transformation, affirme Éric Montigny, fait en sorte que certains, comme les députées démissionnaires Lisette Lapointe et Louise Beaudoin, ne se reconnaissaient plus dans le parti. » Selon lui, les militants ont accordé beaucoup de marge de manœuvre à Pauline Marois pour relancer le PQ après le revers historique de 2007. « En contrepartie, poursuit-il, ils attendent d’elle qu’elle performe sur le plan électoral. »

Des rapports complexes

Le Parti québécois a vu le jour il y a plus de 40 ans. À quatre reprises, il a formé un gouvernement majoritaire. L’un après l’autre, les chefs de ce parti ont eu des rapports complexes avec leur base militante. Ce fut le cas de Lucien Bouchard. René Lévesque a été contesté. Jacques Parizeau a dû démissionner après le référendum de 1995. « Sur le plan des règles internes, indique Éric Montigny, le Parti québécois a une culture démocratique plus forte que ses adversaires. Historiquement, le chef doit donc composer avec des contraintes plus importantes. »

Un autre élément distingue le PQ des autres partis politiques québécois: le vote de confiance des militants à l’endroit du chef. « Cette pratique existe au sein des autres partis, mais elle est plus contraignante au Parti québécois où un chef doit s’y soumettre même s’il forme un gouvernement majoritaire, souligne Éric Montigny. Cela donne aux militants un pouvoir plus important. »

Selon lui, il est fréquent pour un parti d’idées d’évoluer vers un parti de pouvoir. « Ce qui est particulier dans le cas du PQ, dit-il, c’est le dilemme lié à son option fondamentale. Dans le contexte où la souveraineté n’est pas populaire auprès de l’électorat, le Parti québécois va tenter de s’adapter à son environnement avec des expressions comme “conditions gagnantes” ou “gouvernance souverainiste”. »

La prise éventuelle du pouvoir s’annonce ardue pour le Parti québécois. L’électorat apparaît volatil depuis la quasi-disparition du Bloc québécois, un parti souverainiste, lors des élections fédérales de mai 2011. Et le nouveau venu sur la scène politique, la Coalition Avenir Québec (CAQ), vient mêler les cartes comme l’illustre la démission surprise, le 9 janvier, du député péquiste François Rebello. Celui-ci est le troisième député du Parti québécois à se joindre à la CAQ. « Le PQ, explique Éric Montigny, ne peut plus simplement attendre que le gouvernement devienne impopulaire pour aspirer au pouvoir. »

Source : Au fil des événements