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Nouvelles

Bons baisers de Russie

2 février 2012

Étudiante au doctorat en anthropologie, Agnès Blais avoue une véritable fascination pour le pays de Dostoïevski et de Poutine

Par Renée Larochelle

Agnès BlaisDans quelques semaines, Agnès Blais s’envolera pour la Russie afin d’y effectuer le «terrain» de sa thèse de doctorat en anthropologie portant sur trois associations russes qui luttent contre le racisme et les abus de pouvoir. Son séjour la mènera à Moscou, à Saint-Pétersbourg et à Krasnodar.

 

Ce voyage est le troisième que la jeune femme fera dans le plus vaste pays du monde. Elle y a en effet séjourné en 2004, aux fins de son mémoire de maîtrise ayant pour thème la solidarité en Russie postsoviétique, de même qu’en 2007, cette fois en touriste. L’anthropologue termine également une maîtrise en journalisme international sur le traitement journalistique de la complexité dans les conflits tchétchène et israélo-palestinien.

Quand on lui demande d’expliquer cette fascination pour la Russie – car il s’agit bien de fascination –, Agnès Blais laisse passer un long silence avant de répondre. « Je pense que c’est le côté excessif des Russes qui m’attire autant, dit-elle. S’ils sont plutôt froids dans la sphère publique, ils sont très chaleureux dans le privé et aiment beaucoup faire la fête. Une fois qu’on est leur ami, ils ne comptent plus leur temps. J’aime aussi la grande tradition artistique et littéraire de la Russie. »

Des sujets tabous

Agnès Blais a su à l’âge de 8 ou 9 ans qu’elle voulait devenir anthropologue. En fait, dès qu’elle a compris que l’anthropologie était l’étude des différentes cultures. Lors d’un voyage en France, ses parents l’emmènent visiter le Musée de l’Homme, à Paris, l’un de ses coups de foudre d’enfance. À l’école secondaire, puis au cégep, elle découvre avec ravissement la littérature russe avec Tolstoï, Dostoïevski, Tourgueniev, Gogol, Tchekhov.

Après son baccalauréat en anthropologie, durant lequel elle suit des cours de russe et participe au programme d’échanges avec le Centre Moscou-Québec de l’Université d’État des sciences humaines de Russie, la jeune femme commence sa maîtrise en anthropologie, dont elle a fait un livre. Paru récemment aux Presses de l’Université Laval, l’ouvrage s’intitule Une ONG en Russie post-soviétique. Elle y examine le concept de solidarité à travers NAN, un organisme qui vient en aide aux alcooliques, toxicomanes, enfants de la rue et personnes ayant le sida, tous des sujets tabous en Russie.

« Quand j’expliquais mon sujet de recherche aux  étudiants russes à qui j’enseignais le français, je voyais la déception sur leurs visages, dit Agnès Blais. Ils trouvaient que je m’intéressais trop au côté noir de la Russie. Pour eux, parler de problèmes de toxicomanie ou de maladies transmises sexuellement équivalait à en faire la propagande. »

Les difficultés de la solidarité

Au cours de ses entrevues sur le terrain, Agnès Blais s’est rendu compte que le terme «solidarité» ne signifiait pas tout à fait la même chose en Russie qu’en Occident. Avant la chute du régime soviétique, les dirigeants parlaient ainsi de « solidarité entre les pays socialistes » ou encore de « solidarité du prolétariat », mais jamais de solidarité signifiant l’entraide entre les personnes. 

Si les ONG en présence essaient de changer les mentalités depuis 1990, il n’en demeure pas moins que le président Poutine a promulgué en 2006 une loi visant à accroître le contrôle de l’État sur les ONG. Plusieurs ONG russes croient d’ailleurs que cette loi vise à fermer les ONG qui critiquent les politiques du gouvernement, de souligner Agnès Blais.       

Cette amoureuse de la Russie vivrait-elle en ce pays? « Il faudrait avant que je trouve un mari russe », blague-t-elle. Plus sérieusement, Agnès Blais affirme qu’elle y vivrait avec plaisir quelques années mais pas plus. Car vivre en Russie n’est pas facile quand on est étranger : il faut se lever de bonne heure pour obtenir le moindre papier, de la photocopie à la carte de métro. « Moscou est une ville chaotique et froide, mais en même temps tellement envoûtante, indique-t-elle. Et il y a ses théâtres et ses musées. »    

On peut lire le blogue d’Agnès Blais, intitulé Croquis de Russie, dans la page des blogues de Contact à www.blogues.ulaval.ca 

Source : Au fil des événements