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Nouvelles

Tourner le dos au travail

10 mai 2012

Un questionnaire permet de repérer les travailleurs dont les maux du dos les amèneront à s'absenter sur de longues périodes

Par Jean-Daniel Doucet

Il est possible de prédire qui s'absentera de son emploi pendant au moins six mois parmi les travailleurs récemment blessés au dos. C’est ce que révèle une étude publiée dans le Journal of Occupational Rehabilitation de mars par une équipe de chercheurs dirigée par Manon Truchon, professeure au Département des relations industrielles de l'Université Laval. 

Cette équipe a montré que 22 questions suffisent pour repérer au-delà de 70 % des travailleurs souffrant de maux au bas du dos qui s’absenteront à long terme de leur emploi. Les 535 travailleurs québécois qui ont participé à l'étude étaient déjà en congé maladie depuis 4 à 12 semaines au moment où ils ont rencontré les chercheurs. Les participants ont répondu à un questionnaire comportant 67 éléments dont certains touchaient les aspects psychosociaux du travail et la perception de l’environnement de travail.

L’étude a mis en évidence que les conditions de travail et la perception qu’en a l’employé sont des facteurs de risque d’absentéisme aussi importants que la dépression ou l’intensité de la douleur. L’appréhension d'un mal de dos causé par un retour au travail pourrait inciter les travailleurs blessés à rester à la maison.

Le questionnaire pourrait faciliter le repérage des gens risquant le plus de s’absenter de leur travail au-delà de six mois. Il pourrait aussi permettre d’agir sur les problèmes physiques et psychologiques des patients à risque ou sur leur milieu de travail. « Nous sommes déjà en essai clinique avec la Commission de la santé et de la sécurité du travail pour tenter d’évaluer l’efficacité du questionnaire en milieu réel », explique la chercheuse.

Cette nouvelle étude évalue la capacité prédictive du questionnaire, mais également l’efficacité des interventions visant à ramener le sujet au travail. « L’originalité de notre étude, c’est de considérer que le résultat final n'est pas seulement la diminution des douleurs au dos, mais aussi le retour au travail, observe-t-elle. Les actions à prendre pour permettre le retour au travail ne nécessitent souvent qu’un peu d’argent et de bonne volonté des parties. »

Les maux de dos engendrent des coûts annuels de plus de 500 millions de dollars aux Québécois. « Sept travailleurs sur 100 s’absentant pour un mal de dos ne retournent pas au travail. À eux seuls, ils accaparent 70 % des coûts associés à ce type d’incapacité », souligne Manon Truchon.

Source : Au fil des événements