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Nouvelles

Trois questions à Philippe Le Prestre

21 juin 2012

Sur les enjeux du sommet Rio+20 qui réunit 120 chefs d'État

Par Pascale Guéricolas

Cent vingt chefs d'État et de gouvernement sont à Rio de Janeiro, au Brésil, du 20 au 22 juin, pour le sommet Rio+20 des Nations unies. Ils doivent s’entendre sur un texte commun sur le développement durable. La vision de Philippe Le Prestre, professeur au Département de science politique et auteur de Vingt ans après: Rio et l'avant-goût de l'avenir, paru l’an dernier aux Presses de l’Université Laval. 

Philippe Le Prestre

 

 

Philippe Le Prestre

Quelle est l’utilité de rendez-vous planétaires comme Rio+20 alors que le taux de GES ne cesse de grimper et que la biodiversité est plus que jamais menacée?

Ces rendez-vous ne visent pas à résoudre des crises, mais à consolider des acquis et à stimuler l’action collective dans un contexte politique et économique incertain. On enregistre certains progrès depuis 20 ans. Pensons au développement de nouveaux concepts tel le principe de précaution, ou à l’intégration des principes du développement durable dans de nouveaux instruments législatifs et politiques, au rapprochement de la science et de la décision… La société civile (ONG, entreprises) et les autorités infraétatiques (provinces, régions, municipalités) jouent aussi un rôle croissant dans la mise en œuvre des politiques de développement durable. Par ailleurs, les forums plus spécialisés, comme la convention-cadre sur les changements climatiques ou celle sur la diversité biologique, se nourrissent des résultats de ces grands rendez-vous. En fin de compte, la mise en place d’ententes internationales a eu pour effet de tirer vers le haut les politiques régionales et nationales depuis 20 ans.

Quel est l'avenir des outils de gouvernance environnementale mondiale?

La communauté internationale cherche depuis la fin des années 1990 à développer une nouvelle architecture institutionnelle onusienne. Elle veut renforcer le poids du Programme des Nations unies pour l’environnement face aux agences spécialisées de l’ONU ou à l’Organisation mondiale du commerce, remédier à l’absence de cohérence des politiques adoptées et lutter contre le sous-financement de la protection de l’environnement. Cependant, ni les États ni les chercheurs ne s’entendent sur la gravité du diagnostic ni sur les solutions proposées. Le salut ne réside pas nécessairement dans la centralisation de l’autorité. La création d’une véritable organisation mondiale pour l’environnement demeure controversée. Par exemple, au Canada, le gouvernement fédéral s’y oppose alors que le Québec y est favorable. De toute façon, une telle organisation ne pourra jamais obliger les États à faire ce qu’ils ne veulent pas faire. Pour des États dont les ministères sont rivaux et les réglementations nationales incohérentes, il n’est pas facile de prendre des engagements internationaux forts. Les grandes réunions comme celle de Rio facilitent la mobilisation de la société civile. Les ONG, les scientifiques, les agriculteurs, les jeunes, les syndicats, les entreprises… tous viennent y puiser de nouvelles forces afin de peser plus efficacement sur les politiques nationales. 

Que faut-il attendre du Canada, considéré comme pionnier du développement durable lors du Sommet de la terre en 1992, qui depuis s'est retiré du protocole de Kyoto?

Le protocole de Kyoto n’est qu’un instrument qui a démontré ses limites depuis longtemps. L’important n’est pas que le Canada se soit retiré de Kyoto (hormis pour la portée symbolique d’un tel geste), mais dans quelle mesure il est décidé à adopter une politique ambitieuse de réduction des GES. Ce n’est malheureusement pas le cas. Ce pays, qui a si longtemps joué un rôle moteur dans la coopération internationale pour l’environnement, a vu sa réputation se dégrader sérieusement sous le dernier gouvernement libéral, et surtout avec les conservateurs. Pourtant, ce sont des Canadiens qui ont participé à la rédaction des rapports qui ont donné naissance au concept de développement durable ou permis la rencontre de Rio en 1992! Sans parler des hauts fonctionnaires canadiens qui ont facilité l’adoption de plusieurs ententes. Depuis quelques années, l’état fédéral bloque certains dossiers touchant le climat ou le commerce d’organismes génétiquement modifiés. Les ressources consacrées à la recherche en environnement baissent aussi. Tout cela a sérieusement diminué le leadership diplomatique du Canada. Cependant, le pays joue encore un rôle positif dans certains dossiers dont les implications politiques et économiques internes sont moins fortes, comme la convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants, la biodiversité ou la lutte contre l’appauvrissement de la couche d’ozone.

Source : Au fil des événements

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