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Nouvelles

L'amour au temps de la retraite

18 septembre 2012

Les personnes âgées seules habitant en maison de retraite veulent bien s’engager dans une nouvelle relation amoureuse, mais pas à n’importe quel prix
 

Ils se sont mariés, ils ont eu des enfants et habitent maintenant en maison de retraite. Veufs ou veuves depuis des années, ils ont le désir de rencontrer quelqu’un du sexe opposé, mais pas à n’importe quel prix. Les femmes, surtout, souhaitent conserver leur indépendance et leur autonomie, ayant passé des années à s’occuper de leurs enfants et de leur mari. Elles ne veulent pas reproduire le modèle conjugal qui a été le leur durant des années de mariage.

C’est la conclusion qui se dégage du mémoire de maîtrise réalisé par Andréa Pelletier, sous la direction de Madeleine Pastinelli du Département de sociologie. Aux fins de sa recherche, l’étudiante a mené une enquête en profondeur auprès de 7 personnes âgées, 3 hommes et 4 femmes, qui avaient noué des liens amoureux avec un autre pensionnaire dans une maison de retraite. Leurs années de veuvage variaient de 3 à 25 ans.

«La vie en solo n’est pas facile pour ces personnes, explique Andréa Pelletier. Être en couple permet de bénéficier du soutien de l’autre et d’avoir quelqu’un avec qui discuter.»

Les répondants qui avaient vécu l’expérience d’une première cohabitation avec leur partenaire en maison de retraite ont affirmé que leur relation amoureuse n’avait pas vraiment changé depuis qu’ils habitaient ensemble, sauf d’avoir développé une certaine routine au quotidien. Il était important pour eux de conserver une certaine autonomie financière, bien qu’il leur arrivait de payer conjointement certaines dépenses communes. En somme, ils tenaient à leur autonomie, tout en valorisant l’intimité conjugale au quotidien.

La plupart d’entre eux ont d’ailleurs insisté sur l’importance de dormir ensemble, et ce, même avant de cohabiter. Ces moments étaient à leurs yeux l’occasion de se retrouver et d’échanger après une journée parfois passée chacun de leur côté.

Compte tenu de leur âge avancé, les répondants faisaient peu de projets d’avenir. Disant non au mariage, des répondantes expliquaient ne pas vouloir vivre à nouveau sous l’autorité d’un homme ni perdre une partie de leur indépendance. Elles estimaient que le mariage compliquerait inutilement la relation, en plus de risquer d’engendrer des conflits avec les enfants concernant les questions d’héritage.

«Ces personnes, durant leur mariage, se sont généralement conformées au modèle conjugal de l’époque, où les partenaires s’engageaient réciproquement l’un envers l’autre pour la vie et où les rôles des femmes et des hommes étaient bien définis et contrastés. Ils n’ont pas reproduit ce modèle conjugal à l’intérieur de leurs relations amoureuses actuelles», conclut Andréa Pelletier.
 
Source : Le Fil