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Nouvelles

Le confort et l'ambivalence

4 octobre 2012

Au lendemain des élections provinciales du 4 septembre, le Québec se trouverait encore une fois à la croisée des chemins. Mais laquelle au juste?
 
Vers où s’en va le Québec au lendemain des élections du 4 septembre? À droite, à gauche, au milieu ou dans aucune de ces directions? À en juger par les propos des conférenciers qui se sont penchés sur la question lors d’une table ronde organisée par le Centre interuniversitaire d’études sur les arts, les lettres et la culture, le 27 septembre, la réponse n’est pas simple. Politiquement parlant, les Québécois sont en effet difficiles à suivre.    
 
 
L'échiquier politique a peu changé en cinq ans. En 2012, le parti de Pauline Marois a remporté l'élection avec 32 % des voix. En 2007, il avait terminé troisième avec 28 % des votes.
 
 
 
«On s’attendait à une déconfiture des libéraux. Le parti de Jean Charest a pourtant fait élire 50 députés, ce qui m’a beaucoup étonné», a affirmé Jocelyn Létourneau, professeur au Département d’histoire.

Pour le professeur au Département de science politique Guy Laforest, les électeurs n’ont fait que respecter le principe de l’alternance en élisant le Parti québécois après neuf ans de gouvernance libérale. L’alternance des partis au pouvoir étant un signe de vitalité pour la démocratie, il y a lieu de se réjouir de ce choix, croit le politologue. La population a choisi le changement.

Un changement minime toutefois. En témoignent les résultats hautement comparables de deux récentes élections provinciales. En 2007, le PQ avait récolté 28% des voix, le PLQ, 33% et l’ADQ, 30%. En 2012, le pourcentage s’élevait à 32% pour le PQ, 31% pour le PLQ et 27% pour la CAQ. En somme, l’échiquier est resté le même.

Selon Michel Pepin, correspondant parlementaire à Québec pour Radio-Canada, la performance de la CAQ demeure encore ce qu’il y a de plus surprenant dans cette élection. «En termes de positionnement électoral, les caquistes ont l’objectif plus ou moins avoué de remplacer le Parti libéral, indique le journaliste. De manière implicite, Québec solidaire souhaite un jour remplacer le PQ.» Mais ce n’est pas demain la veille que cela arrivera, croit-il, à regarder la faible progression du parti d’Amir Khadir et de Françoise David, passé de 4 % à 6 % en 5 ans. «Un parti gagne quand il réussit à se déplacer à droite tout en gardant les électeurs qu’il a déjà à gauche», allègue-t-il.

De son côté, Paul-Émile Auger, secrétaire général de la Table de concertation étudiante du Québec, estime que la méfiance et l’ambivalence qu’entretiennent des étudiants envers le Parti québécois au lendemain de l’élection viendraient du fait qu’ils veulent éviter de se lier à un parti qui pourrait se retourner contre eux, un jour ou l’autre. «La victoire du PQ a été présentée comme étant celle des étudiants, mais c’est une histoire à suivre…», a-t-il déclaré, laissant sous-entendre que les jeunes n’ont pas dit leur dernier mot.

Au-delà de l’idée d’indépendance, Jocelyn Létourneau croit que le Québec est actuellement en quête d’une plus grande affirmation. À cet égard, il ne pense pas que les débats futurs vont se cristalliser autour de la gauche ou de la droite, comme l’ont soulevé certains observateurs. «Conjoncturellement, le modèle de la gauche et de la droite, c’est en France ou encore en Amérique latine que ça fonctionne. Mais nous, nous sommes d’abord et avant tout des Nord-Américains», conclut l’historien.
 
Source : Le Fil