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Nouvelles

Victimisation à l'école : un lien génétique

18 janvier 2013

Le rejet par les pairs et la victimisation à l'école primaire seraient fortement influencés par la génétique, montrent des travaux réalisés par des universitaires québécois.

Le professeur de l'École de psychologie, M. Michel Boivin, et ses collaborateurs de l'UQAM et de l'Université de Montréal ont testé plus de 800 jumeaux à trois reprises à la maternelle, en première année et en quatrième année. Cet échantillon était composé à 41 % de « vrais » jumeaux monozygotes, partageant 100 % de leurs gènes, et à 59 % de faux jumeaux, qui partagent en moyenne 50 % de leur bagage génétique. Chaque participant, ses camarades de classe et son enseignant ont été soumis à des tests visant à mesurer le rejet par les pairs et la victimisation.

Les observations
Les résultats montrent que chaque paire de jumeaux présentait d'importantes similarités en matière de difficultés relationnelles. Selon les analyses, ces similitudes étaient attribuables à plus de 73 % à des facteurs génétiques.
« Certaines caractéristiques transmissibles génétiquement, qui se répercutent sur l'apparence physique ou sur les comportements - notamment l'agressivité, l'impulsivité ou l'hyperactivité - augmenteraient le risque de rejet ou de victimisation, » raconte M. Boivin.

En outre, les relations difficiles ne s'estompent pas entre la maternelle et la quatrième année. Cette persistance serait encore attribuable à des facteurs génétiques, selon les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Child Development. Selon eux, il est possible de repérer dès la maternelle les jeunes qui risquent d'avoir des rapports difficiles avec leurs pairs, ce qui permet d'intervenir rapidement auprès de ceux-ci. « Il faut éviter que les caractéristiques personnelles qui les rendent peu populaires auprès des autres enfants créent un cercle vicieux de rejet et de victimisation. »  - Michel Boivin            

Des rapports difficiles à l'enfance peuvent entraîner :

  • des problèmes scolaires;
  • des ennuis de santé;
  • de la dépression, de l'anxiété des idées suicidaires.

Les chercheurs Ginette Dionne (professeure titulaire à l'École de psychologie de l'Université Laval), Frank Vitaro, Alain Girard, Daniel Pérusse et Richard Tremblay (de l'Université de Montréal) et Mara Brendgen (de l'UQAM) ont aussi participé à cette recherche.

Sourre : Radio-Canada.ca