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Événements

Journée d'étude sur la radiophonie québécoise

Passionnés de radio, attention! Une journée d'étude sera spécialement consacrée à ce média ce vendredi 28 novembre. Au programme, des tables rondes avec des artisans bien connus de la radio publique tels Jean Dussault et Pierre Maisonneuve, mais aussi des conférences sur l'histoire de la radio, les radios de confrontation et la radio numérique avec un acteur de la première heure, Christophe Rault, cofondateur d'ARTE Radio.

Cette journée donnera aussi l'occasion de tendre l'oreille à d'autres réalités radiophoniques. En parallèle des discussions, les participants pourront découvrir des extraits sonores tirés de radios étudiantes, autochtones, ou de Radio-Canada, ainsi que des documentaires radiophoniques, dont celui de Marie-Laurence Rancourt intitulé Peut-être ils avaient oublié c'était quoi la radio?

Étudiante à la maîtrise en sociologie, celle-ci est à l'origine de l'événement, qu'elle qualifie de «radioactif». et qu'elle a mis sur pied en collaboration avec des citoyens et le Groupe d'études et de recherches sur la radio. «L'idée a germé lors d'un voyage en Europe, alors que j'ai découvert plusieurs styles radiophoniques, dont le documentaire-fiction et le documentaire poétique, que je ne connaissais pas», affirme la jeune femme. Amoureuse de ce mélange subtil de bruits, de paroles et de musique que produit la radio, Marie-Laurence Rancourt déplore le règne de l'opinion et des voix «conformes» dans le monde de la radio québécoise actuelle. Elle dit aussi regretter le passage d'une radio autrefois fenêtre sur le monde à une radio oeillère orientée vers le «je-me-moi».

Jean Dussault, journaliste et animateur pendant plus de trente ans à la radio de Radio-Canada, partage le pessimisme de l'étudiante en sociologie, en particulier en ce qui concerne son ancien employeur. «Le problème fondamental de Radio-Canada, c'est qu'elle fait partie de la même compagnie que CBC, et que personne ne regarde CBC à l'ouest de l'Ontario.» Selon l'ancien animateur de Sans frontières et correspondant parlementaire à Québec, Radio-Canada fonctionne bien au Québec, mais les coupures successives et la course aux cotes d'écoute obligent les émissions à se conformer toujours un peu plus aux modèles en vigueur dans la radio privée. Aux yeux de ce journaliste aujourd'hui à la retraite, la solution à cette lente agonie passe par un meilleur financement de la radio publique. «Si l'on veut qu'un service public soit efficace, il faut qu'il soit défrayé par le public», explique-t-il, tout en ayant conscience que le modèle de financement fédéral lie le destin de la radio et de la télévision francophones à celui de CBC.

Et pourquoi ne pas établir un service public québécois de radiodiffusion, propose Daniel Turp? Le professeur à la Faculté de droit de l'Université de Montréal, ex-député du Bloc québécois et du Parti québécois, présentera pour sa part une conférence sur le mouvement Radio-Québec lancé en 2007, qui permettrait, selon lui, de proposer un contenu québécois orienté vers les arts, la culture et les sciences. Et si l'avenir passait par une fidélisation à des programmes particuliers plutôt qu'à une station? C'est l'interrogation de Henri Assogba, qui imagine l'auditeur se bâtissant sa propre grille radio en balladodiffusion.

Ce professeur en journalisme radiophonique au Département d'information et de communication s'intéresse notamment à la revue de presse, un genre très prisé par les radios africaines. Il constate que la transition vers le numérique s'effectue à pas forcés sur ce continent puisque la diffusion analogique va cesser en juin prochain. Béninois d'origine, mais aussi fidèle auditeur des radios européennes, Henri Assogba espère que la radio au Québec pourra bénéficier des expériences menées ailleurs. «Est-ce que les responsables sont prêts à investir dans des outils numériques? Je sens, dit le professeur, un grand intérêt de mes étudiants pour la radio et les possibilités offertes par le Web.»

Pour plus d'information sur la Journée d'étude sur la radiophonie québécoise: radioactif.weebly.com

Article de Pascale Guéricolas, publié dans Le Fil, vol. 50 No 13, 27 novembre 2014

Date et heure
Vendredi 28 novembre 2014 à 8 h 18

Lieu
Pavillon Gene-H.-Kruger de l’Université Laval