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Faculté des sciences sociales
Pavillon Charles-De Koninck
1030, av. des Sciences-Humaines
Local 3456-E
Québec (Québec) G1V 0A6

Événements

Cyberespace et spiritualité

En cette ère du numérique, nos vies semblent envahies par Internet et les réseaux sociaux. Les experts, eux, évoquent le potentiel, aussi impressionnant qu'inquiétant, que recèlent les mégadonnées collectées dans le cyberespace. Ces phénomènes soulèvent une question fondamentale: la notion de vie privée existe-t-elle sur Internet?

Voilà la toile de fond sur laquelle se déroulera la prochaine conférence de la Chaire publique de l'ÆLIÉS, le lundi 30 mars. Quatre conférenciers débattront le thème «Cyberespace et vie privée». L'un d'eux sera Stéphane Leman-Langlois, professeur à l'École de service social et chercheur spécialisé en cybersécurité.

D'entrée de jeu, celui-ci indique que les nouvelles pratiques sur Internet soulèvent davantage de questions sur la vie privée que jamais auparavant. «Cela dit, les internautes y pensent de moins en moins, explique-t-il. Cette question a déjà été entendue par l'immense majorité d'entre eux. Les gens se disent qu'une atteinte à leur vie privée n'est pas vraiment grave s'ils n'ont rien à se reprocher. Par ailleurs, il serait faux de dire qu'il n'y a plus de vie privée sur le Web et qu'il est trop tard pour réagir.»

Le professeur Leman-Langlois insiste sur la collecte de données personnelles par des entités gouvernementales et industrielles. «Le plus surprenant est le chemin parcouru par les informations personnelles collectées. Elles sont analysées par ordinateur et croisées avec différentes banques de données.»

Il est sans doute déjà arrivé au lecteur de se faire demander son code postal par la caissière d'un commerce. Son réflexe a probablement été de se dire qu'il n'y pas de problème à le donner, que ce n'est pas une adresse et que c'est insuffisant pour dire qui l'on est vraiment. Or, ces codes seront mis en relation avec toutes sortes de banques de données. «Les croisements vont générer du nouveau contenu qui n'existait pas auparavant, souligne Stéphane Leman-Langlois. Par exemple, quel type de consommateur vous êtes, quels sont vos déplacements géographiques habituels, et ainsi de suite.»

Tout cela préfigure un avenir différent. «Nous nous dirigeons vers le Web 3.0, ou Web des objets, soutient-il. Les objets les plus courants seront connectés à Internet. Bien des systèmes d'alarme le sont déjà. Tout pourra être connecté au Web et fournir différentes informations personnelles.»

Le lundi 15 avril, une autre conférence de la Chaire publique de l'ÆLIÉS aura lieu à l'amphithéâtre Hydro-Québec du pavillon Alphonse-Desjardins sur le thème «Spiritualités et sectes contemporaines». Quatre conférenciers échangeront sur les mouvements spirituels et les sectes religieuses en dehors des grandes religions. Alain Bouchard, chargé de cours à la Faculté de théologie et de sciences religieuses et spécialiste des nouvelles formes de religion, sera présent.

«Au Québec, dit-il, des sectes comme l'Église de scientologie, Eckankar ou le Mouvement raëlien attirent très peu d'individus. Même en incluant les témoins de Jéhovah, ces sectes regroupent environ un demi d'un pour cent de la population. Ces personnes vont être attirées par des réponses plus claires et plus rigides à leurs questionnements existentiels. Celles-ci sont généralement mal à l'aise de vivre dans une société où tout est ramené à l'individu, où il n'y a plus de balises claires.»

Parfois, dans des cas exceptionnels, les choses tournent mal. Au Québec, les dérapages dans le domaine sectaire ont eu pour nom Moïse Thériault ainsi que l'Ordre du temple solaire. À l'étranger, on peut penser à la secte japonaise Aum Vérité suprême. Il y a 20 ans, certains de ses membres perpétraient une attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo.
Selon Alain Bouchard, la majorité de la population québécoise, soit de 70% à 80% des citoyens, n'éprouve qu'un intérêt minimal pour le phénomène religieux. «Cet intérêt a ceci de particulier: il se vit en dehors des grandes religions, souligne-t-il. Les gens vivent leur spiritualité dans des modes. Actuellement, il y a un engouement pour la méditation pleine conscience. On voit de grands rassemblements pour la pratique du yoga. Pour plusieurs des adeptes, ces activités vont au-delà de la détente physiologique.»

Le spécialiste rappelle qu'à la fin des années 1980 la mode était au Nouvel Âge. Les experts disaient voir là l'émergence de nouvelles formes de religion. On employait des cristaux, on faisait allusion aux anges.

Gratuit et ouvert à toutes et tous.
Pour information: www.aelies.ulaval.ca/chaire-publique

Article d'Yvon Larose publié dans le Fil, vol. 50, No 25, le 26 mars 2015

Date et heure
Mercredi 15 avril 2015 à 19 h

Lieu
Amphithéâtre Hydro-Québec du Pavillon Alphonse-Desjardins