Drapeau franco-ontarien

Déclaration de solidarité - Université Laurentienne

16 avril 2021

Les professeures et professeurs de la FLSH et de la FSS vous invitent à manifester votre appui à la déclaration de solidarité suivante :

Les professeures et professeurs de la Faculté des sciences sociales et de la Faculté des lettres et des sciences humaines de l’Université Laval sont préoccupés par l’impact des compressions annoncées par l’Université Laurentienne sur l’offre d’études supérieures en français en Ontario.

Québec, le 16 avril 2021 - La langue française est un patrimoine inestimable qui contribue à notre développement collectif à tous et à toutes, et ce, bien au-delà de nos frontières. En tant qu’universitaires œuvrant tout particulièrement dans le champ de la francophonie au sein d’une institution qui s’enracine dans la riche et longue histoire des usages du français en Amérique du Nord, nous croyons qu’il est essentiel de consolider et de promouvoir l’accès aux études supérieures en français.

À cet égard, les récents événements qui se sont produits à l’Université Laurentienne sont particulièrement préoccupants. La restructuration annoncée le 12 avril 2021 entraîne la suppression de 69 programmes de tous cycles, dont 28 en français. Les programmes d'histoire en français, de philosophie, d'études françaises, de sciences religieuses, de musique, de droit en français, de géographie, de science politique, de formation des sages-femmes et plusieurs autres n'existent plus. Ce faisant, on a remercié 110 professeurs et professeures, en plus du personnel administratif.

La disparition de ces programmes est extrêmement préoccupante. Les sciences humaines et sociales constituent le socle même de la formation offerte par toutes les universités depuis le Moyen Âge : non seulement fournissent-elles le supplément de sens essentiel pour notre vie en commun, mais elles constituent un outil fondamental pour définir notre rapport au monde et les actions que cela suppose. L’abolition de ces programmes aura ainsi de lourds effets délétères à moyen et à long terme pour l’ensemble de la société. Les disciplines des sciences humaines et sociales sont si importantes afin de relever les défis d’une complexité inouïe posés par la société de demain.

Dans l'avenir, de larges pans du savoir seront inaccessibles pour la communauté étudiante francophone et francophile du nord de l'Ontario voulant demeurer dans leur région ou s’y établir. Alors que les francophones représentent près de 18 % des 9000 étudiants et étudiantes de l’Université Laurentienne, près de 40 % des programmes en langue française ont été supprimés. Pourtant, les étudiants, étudiantes, professeures et professeurs de ces programmes ont apporté une contribution inestimable au rayonnement de l’Ontario français depuis plus de 60 ans. Ce sont elles et eux qui étaient aux côtés de l’historien Gaétan Gervais lorsque le premier drapeau franco-ontarien a été levé sur le campus de l’Université Laurentienne. Ce sont elles et eux qui ont créé des institutions comme le Théâtre du Nouvel-Ontario, la Nuit sur l’Étang, les éditions Prise de parole; institutions dont l’importance va bien au-delà des frontières de l’Ontario français. Ce sont elles et eux qui, aujourd’hui, animent la vie du nord de l’Ontario. Les séquelles des récents événements sur l'ensemble de la société franco-ontarienne sont énormes, tant sur le plan de la vitalité culturelle que sur celui du développement socio-économique.

L’Université Laval, comme c’est le cas pour toutes les institutions d’enseignement et de recherche québécoises, entretient des relations étroites avec l’Université Laurentienne, notamment depuis sa constitution en université fédérée en 1960. Notre université a accueilli plusieurs étudiantes et étudiants désirant compléter leur formation acquise à l’Université Laurentienne. Notre université a formé plusieurs professeures et professeurs qui ont consacré leurs talents et leur énergie à la formation des jeunes franco-ontariens et franco-ontariennes et à la recherche de pointe ayant des retombées multiples sur nos sociétés. La suppression des programmes et les licenciements nous attristent profondément.

L’accès de la société franco-ontarienne à un système d’enseignement supérieur de langue française complet et de qualité est un gage de vitalité culturelle et économique dont les retombées se manifestent bien au-delà de l’Ontario. Nous incitons les communautés et les gouvernements à travailler ensemble pour permettre un accès renouvelé à des études supérieures en français pour l’épanouissement de la francophonie et pour le plus grand bénéfice de la société.

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*La liste des signataires est actualisée régulièrement