Le Québec dans une impasse politique

Le Québec dans une impasse politique

5 avril 2016

Guy Laforest dans Le Devoir du 2 avril dernier.

Des voix s’élèvent pour déloger les libéraux de Philippe Couillard, qui restent en selle malgré leurs déboires éthiques. L’ex-député libéral Gilles Ouimet encourage le mouvement des « orphelins politiques » qui cherche à donner une voix aux fédéralistes progressistes. Zoom sur un paysage politique en ébullition.

Alors, on résume : un parti qui forme le gouvernement depuis 11 des 13 dernières années, miné par des histoires pas trop nettes, se maintient au pouvoir devant une opposition affaiblie et divisée. Si des élections avaient lieu demain matin, ce parti — le Parti libéral du Québec (PLQ) — remporterait encore la victoire.

Ce constat brutal — la domination sans partage des libéraux sur le paysage politique du Québec — commence à inquiéter pas mal de monde au Québec. Il est malsain en démocratie d’avoir un parti, peu importe lequel, capable de garder le pouvoir contre vents et marées, sans réel contrepoids.

Les mésaventures du ministre Sam Hamad, empêtré dans une nouvelle histoire de financement politique et de pressions pour son « ami » Marc-Yvan Côté, marquent d’une tache de plus l’image du PLQ. D’autant plus que Marc-Yvan Côté, l’ex-ministre Nathalie Normandeau et d’autres proches du PLQ (et du Parti québécois) ont été arrêtés par la police deux semaines auparavant.

Un constat brutal, donc. Pour reprendre une analogie avec le hockey, les libéraux sont seuls sur la glace. Les partis de l’opposition le savent. Ils parlent vaguement de s’unir, mais la politique étant ce qu’elle est, tous les partis tirent la couverture de leur côté.

« Nous sommes en faveur d’une alliance : nous invitons les autres partis à se joindre à nous », répète-t-on au Parti québécois. Chez Québec solidaire et Option nationale, on n’est pas tout à fait emballé par cette main tendue ! L’idée d’une coalition est peut-être populaire dans la population, mais elle a de l’eau dans le gaz, c’est le moins qu’on puisse dire.

« La mise en place d’une alliance ou d’une coalition entre partis d’opposition paraît très peu probable. Il faudra sans doute compter sur la traditionnelle alternance du pouvoir pour voir un changement de gouvernement », dit le politologue Guy Laforest, de l’Université Laval.

« Les chefs ont des ego surdimensionnés qui nuisent aux rapprochements. Pierre Karl Péladeau et François Legault étaient les boss au sein de leurs entreprises avant de faire de la politique. Ils veulent rester les boss. Et on peut difficilement imaginer Québec solidaire s’allier à un parti dirigé par M. Péladeau », ajoute Guy Laforest.

Article complet : Le Devoir, 2 avril 2016