Quand Trudeau résonne encore en Chine

Quand Trudeau résonne encore en Chine

1 septembre 2016

Gérard Hervouet dans Le Devoir du 31 août dernier.

Le cadeau peut paraître banal vu de ce côté-ci de l’océan, mais en Chine, sa symbolique n’a échappé à personne. Au premier jour de son premier voyage officiel en Chine, Justin Trudeau a offert une médaille à l’effigie du médecin canadien Gérard HervouetNorman Bethune, une médaille provenant de la même série que celle offerte 43 ans plus tôt par son père à Mao Zedong.

À lui seul, ce présent résume tout le potentiel que le patronyme du premier ministre représente pour les relations sino-canadiennes… ou au minimum, celui que le Canada aimerait qu’il ait !

Pierre Elliott Trudeau était fasciné par la Chine, allant jusqu’à y entrer illégalement en 1949 pour la visiter. C’est à son initiative que le Canada rétablit ses relations diplomatiques en octobre 1970 et manoeuvre pour faire admettre la République populaire de Chine (RPC) à l’ONU, ce qui survient l’année suivante. Le processus de reconnaissance internationale de la RPC avait débuté en 1950 avec les quatre pays scandinaves, la Grande-Bretagne et la Suisse, mais s’était arrêté avec la révolution culturelle. Le Canada relance donc le bal à un moment où la Chine cherche des cautions internationales.

« Cette reconnaissance a un impact catalytique », s’exclame Yves Tiberghien, directeur de l’Institut de recherche sur l’Asie à l’Université de Colombie-Britannique. Elle sera suivie par la visite du président américain Richard Nixon en 1971.

« Il a été perçu en Chine comme quelqu’un capable de tenir tête aux États-Unis », renchérit Gérard Hervouet, directeur du Groupe d’étude et de recherche sur l’Asie contemporaine de l’Université Laval. M. Trudeau s’était fait traiter de « cryptocommuniste » par le gouverneur de l’Alabama…

Article complet : Le Devoir, 31 août 2016.