Un rendez-vous annuel sur la sécurité internationale

Un rendez-vous annuel sur la sécurité internationale

3 mai 2016

Jonathan PaquinLes phénomènes de radicalisation, les attentats terroristes et la déportation massive de populations font les manchettes des journaux. Plus que jamais, la notion de la sécurité internationale est une priorité pour les pays et pour les organismes non-gouvernementaux. Quelles approches devrait-on privilégier ? Peut-on prévenir les actes d’attentats terroristes ? Plusieurs questions seront soulevées lors du 2e Forum St-Laurent pour la sécurité nationale,  qui se déroulera le 6 mai à Québec.

Déjà plus de 200 inscriptions ont été reçues par l’organisation du Forum, qui invite la population, les acteurs politiques et les entreprises québécoises à assister aux différentes discussions (offertes à un tarif très accessible). « Ce n’est pas un forum en vase clos. C’est une plateforme démocratique et ouverte à tous ceux et celles qui se sentent interpellés par les questions de sécurité internationale », insiste Jonathan Paquin, professeur agrégé de science politique et directeur du Centre sur la sécurité internationale (CSI) à l’Institut des hautes études internationales de l’Université Laval (HEI).

Donner une voix aux pays francophones

Co-organisateur du forum, M. Paquin et son équipe souhaitent positionner le Forum St-Laurent comme le premier rendez-vous annuel de la francophonie sur ces enjeux. « Il existe déjà plusieurs colloques ou rendez-vous semblables dans les pays anglo-saxons, comme la Security Conference de Munich, le Global Strategic Review de Londres, ou encore l’International Security Forum d’Halifax, explique-t-il. Mais très peu de ces discussions donnent une voix aux petits pays francophones, ceux de l’Afrique par exemple, et présentent des experts reconnus de la francophonie », poursuit M. Paquin.

Mettre l’Afrique de l’Ouest à l’agenda

Les actes de violence qui se multiplient en Afrique de l’Ouest, une région souvent occultée par les médias nord-américains, ouvriront les discussions du Forum. « Oui, l’intervention militaire au Mali suscite un certain intérêt médiatique à l’international, mais je crois qu’il faut d’abord démystifier les racines, les fondements de ces guerres et des violences qui perdurent depuis plusieurs années dans certaines zones et qui ont mené à la migration massive de plusieurs peuples. C’est une problématique complexe », explique le politicologue, qui souhaite attirer l’attention sur des conflits moins souvent exposés dans la sphère médiatique. Pourtant, même lorsque ces violences se situent à l’autre bout du monde, ils peuvent rapidement rattraper l’actualité locale. L’attentat terroriste au Burkina Faso au début de l’année, dans laquelle six Québécois ont été tués, a démontré la vulnérabilité des coopérants qui se trouvent dans une zone où le climat politique est instable.

Un lieu d’échanges

La complexité de certains conflits incite les organisateurs à être prudents quant à leur approche. « Le Forum est un lieu d’échanges, de réseautage et de débats. Ce n’est pas le lieu de prise de décision politique, bien qu’on souhaite fort être entendu par les différentes autorités gouvernementales », insiste M. Paquin. Les participants auront certainement l’écoute du ministre des Affaires étrangères du Canada, Stéphane Dion, qui prononcera d’ailleurs une allocution, en mijournée, sur les engagements et la contribution de son gouvernement à la sécurité internationale.

Le climat, une menace réelle

Au-delà du terrorisme et des guerres civiles, la sécurité environnementale sera également ciblée. Le président Obama avait d’ailleurs proclamé l’an dernier, dans un discours à ses troupes militaires, que les changements climatiques étaient l’une des principales menaces à la sécurité humaine. Les catastrophes environnementales sont certes celles qui font le plus de victimes. Les sécheresses prolongées, la fonte des glaciers et les famines causées par les changements climatiques entraîneraient également des migrations massives de populations vers des villes plus densément peuplées, alimentant ainsi un climat de tension et de violence. Fruit d’une coopération interuniversitaire entre l’Université Laval, l’UQAM et l’Université de Montréal, le Forum St-Laurent a été mis sur pied en 2015. Il se déroule en alternance à Montréal et à Québec.

Info et inscription
www.fsl.quebec