Les emplois après un doctorat en anthropologie

Le doctorat donne encore plus d’autonomie et une plus grande marge décisionnelle. Vous développerez les habiletés nécessaires pour contribuer à la préparation de politiques et de programmes qui ont une portée locale, nationale ou transnationale.

Vos compétences convoitées par les employeurs

Le doctorat donne accès à des postes universitaires en recherche et en enseignement. Dans les organismes publics ou parapublics et dans le secteur privé, il permet d’initier des projets, de diriger des équipes, de contribuer à l’élaboration de politiques, de programmes et de projets complexes. Après votre doctorat, vous serez spécialiste d’un domaine en particulier, mais serez aussi en mesure d’appliquer vos connaissances et compétences à un ensemble de situations comparables dans le monde.

Vos futurs domaines d'emploi

Après vos études, vous pourrez travailler en collaboration avec des groupes qui ont identifié des enjeux à faire valoir dans la société, auprès des gouvernements, à l’international ou auprès d’agences spécialisées.

Andrée-Ann Métivier

Depuis l’obtention de son doctorat, Andrée-Ann Métivier a le plaisir d’enseigner l’anthropologie au Cégep de Sainte-Foy. De plus, elle a occupé le poste de professionnelle de recherche au Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval où elle a mené un projet de recherche qualitative portant sur l’expérience de la douleur et de la qualité de vie chez les personnes atteintes d’endométriose avec la Dre Maheux-Lacroix, chercheuse clinicienne en gynécologie. Ces deux emplois se nourrissent mutuellement, son expérience en recherche alimentant les cours de méthodologie offerts aux collégiens et collégiennes et son expérience en anthropologie lui permettant d’apporter une perspective nouvelle sur l’endométriose, une condition gynécologique souvent étudiée selon une vision strictement médicale.

Auparavant, au sein de l’Université Laval, elle a été auxiliaire assistante d’enseignement au Département d’anthropologie et chargée de cours au Département de médecine sociale et préventive de la Faculté de médecine, où elle a initié des étudiants et étudiantes en santé publique aux sciences sociales. Elle a également pris part à différents projets de recherche interdisciplinaires dans le domaine de la petite enfance à la Direction de santé publique du CIUSSS de la Capitale nationale et de la pédiatrie au Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval en plus d’avoir contribué à titre d’auxiliaire à plusieurs autres projets pendant ses études de deuxième et de troisième cycle. 

Tout au long de son parcours professionnel, l’anthropologie de la santé a été le fil conducteur de ses activités. Elle a aussi constitué le thème central d’un colloque co-organisé avec l’Association des Anthropologues du Québec (AANTHQ) en 2024. Les connaissances et compétences qu’elle a développées au cours de sa formation anthropologique sont au cœur de son enseignement, mais aussi des activités de recherche qu’elle a menées en dehors de sa discipline, notamment sa connaissance des techniques de collecte et d’analyse de données, sa capacité à conduire des entretiens de recherche, ses compétences rédactionnelles et analytiques, la rigueur scientifique et, surtout, l’ouverture au caractère pluriel et complexe des expériences humaines. 

Avant toute chose, l’anthropologie est une vive passion, un regard particulier sur le monde, teinté de curiosité et de sensibilité, et un univers humain au sein duquel de nombreuses rencontres et relations d’amitié ont marqué son cheminement.

Séraphin Guy Balla Ndegue

Depuis décembre 2019, Séraphin est Professeur au Département d’anthropologie de l’Université de Yaoundé 1 (Cameroun), après avoir été étudiant, postdoctorant, puis chargé de cours au Département d’anthropologie de l’Université Laval. 

Ses recherches abordent les dynamiques religieuses contemporaines en lien avec les enjeux de santé et de bien-être au sud du Sahara, notamment au Cameroun. Autour de cet axe thématique, il a réalisé des travaux sur l’expansion des églises pentecôtistes et leur prosélytisme basé sur la guérison miraculeuse ; sur les processus de conversion, les transformations culturelles et les dynamiques migratoires qui accompagnent l’implantation de ces églises. Il a également abordé la place de l’onirique dans l’élaboration des discours étiologiques et dans les recours thérapeutiques auprès des figures religieuses et de la tradipratique. Ses recherches les plus récentes sur cet axe portent sur l’impact des savoirs traditionnels sur la santé sexuelle et reproductive des femmes. Durant son séjour canadien, Séraphin a ouvert un nouveau champ de recherche qui porte sur l’insécurité alimentaire et ses incidences sur la santé des immigrants et des autochtones (Inuit) au Canada.

Avant son doctorat, il a fait toutes ses études supérieures (postsecondaires) au Cameroun, principalement à l’Université Catholique d’Afrique Centrale (Licence en philosophie et en théologie ; master en sciences sociales) et à l’Université de Yaoundé I (Licence en anthropologie). Une fois son doctorat complété en 2017, Séraphin a reçu deux bourses postdoctorales d’excellence (Action Diabète Canada et Sentinelle Nord). Ces bourses lui ont permis de travailler comme professionnel de recherche, successivement à la Faculté de Médecine de l’Université Laval (été 2017- été 2018 et à la Chaire Sentinelle Nord sur les relations avec les sociétés Inuite (hiver 2019-hiver 2021). Durant ces mêmes périodes, il a été Chargé de cours à l’Université du Québec à Montréal. 

Rentré au Cameroun, Séraphin a gardé de solides collaborations scientifiques avec les universités canadiennes, notamment avec le Département d’anthropologie de l’Université Laval où il est Professeur associé. Son profil international ainsi que son expertise sur des sujets d’actualité sont des atouts qui bénéficient non seulement à son département à l’Université de Yaoundé I, mais également à des structures gouvernementales camerounaises et à des organismes internationaux où il est régulièrement sollicité.

Maryline Vivion

Depuis juillet 2023, Maryline est professeure adjointe sous octroi au Département de médecine sociale et préventive de la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheure au Centre de recherche du CHU de Québec. Dans ce cadre, elle enseigne le cours obligatoire Recherche qualitative en santé publique auprès des étudiantes et étudiants inscrits à la maîtrise en santé publique, ainsi qu’auprès de candidates et candidats au doctorat en santé publique et communautaire. En parallèle de ses activités d’enseignement, elle développe un programme de recherche ancré en santé publique portant sur les pratiques informationnelles des personnes aînées au Québec. Ses travaux s’intéressent plus particulièrement aux enjeux de mésinformation, de désinformation, de surcharge informationnelle et d’accès à l’information en santé dans des écosystèmes informationnels de plus en plus complexes. Ce poste lui permet également de superviser des étudiantes et étudiants à la maîtrise et au doctorat, accompagné·es dans leur cheminement académique et leur développement comme chercheur·e·s ou professionnel·le·s en santé publique.

Avant l’obtention de son poste à l’Université Laval, elle a acquis une expérience de plus de 10 ans en tant que professionnelle de recherche à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Dès son baccalauréat en anthropologie, elle a intégré l’équipe Vaccination de l’INSPQ, où elle a travaillé au sein de l’équipe dirigée par Ève Dubé sur les enjeux liés à l’hésitation la vaccination. C’est dans ce contexte qu’elle a développé un intérêt marqué pour l’analyse des pratiques informationnelles et des processus de construction des savoirs en santé. Elle a par ailleurs réalisé son doctorat en menant une ethnographie en ligne auprès de groupes de mères québécoises, visant à explorer la construction et la circulation des savoirs, notamment en lien avec la vaccination. Son emploi à l’INSPQ lui a permis de consolider l’ensemble de ses compétences en recherche en santé publique, incluant la revue de la littérature, l’élaboration de problématiques de recherche, la collecte de données sur le terrain, l’analyse qualitative et la mobilisation des connaissances, tant par des publications scientifiques que par des communications lors de conférences.

En santé publique, l’anthropologie occupe une place centrale dans son domaine d’emploi, car elle permet d’aborder les enjeux de santé autrement, à partir d’une compréhension holistique des pratiques sociales, culturelles et institutionnelles qui sous-tendent les problématiques de santé. Si cette approche est de plus en plus reconnue en santé publique, elle demeure encore relativement marginale dans certains milieux médicaux, où les cadres d’analyse sont historiquement dominés par les sciences biomédicales. L’anthropologie lui permet ainsi de développer des approches innovantes, en mettant en lumière les dimensions sociales, culturelles et informationnelles de la santé, souvent peu prises en compte par les modèles biomédicaux classiques. Elle constitue également un levier important pour enrichir le travail interdisciplinaire, en apportant des points de vue complémentaires à ceux de collègues principalement formés en sciences biomédicales, et en favorisant une meilleure prise en compte des réalités vécues par les populations dans la conception des interventions et des politiques de santé publique.

Olivia Roy-Malo

La thèse de doctorat d’Olivia Roy-Malo, en anthropologie et en sciences de l’éducation, a porté un regard sur la mise en œuvre de stratégies de valorisation pédagogique au sein de petites écoles primaires en milieu rural au Québec. Cette recherche lie l’anthropologie de l’école et des services publics au concept d’espoir social, inscrivant ces initiatives dans leur contexte et dans les visions d’avenir des acteurs et actrices qui s’y engagent.

Depuis le printemps 2023, elle travaille comme conseillère scientifique en impacts sociaux et psychologiques et en évaluation environnementale à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Son rôle consiste, entre autres, à offrir un soutien scientifique aux directions régionales de santé publique qui doivent évaluer et documenter les effets potentiels, perçus et vécus des activités et aléas climatiques sur la santé des collectivités. Ses mandats impliquent la réalisation de revues de littérature scientifique sur des thématiques ciblées, ainsi que des activités de transfert de connaissances concernant les impacts sociaux de projets industriels, extractivistes ou d’aménagement du territoire. Elle a notamment contribué à diverses audiences publiques tenues par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), portant sur des projets éoliens, miniers et d’infrastructures routières. 

Durant ses études, Olivia Roy-Malo a également travaillé aux Services à la recherche de la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval. Elle apportait alors un soutien aux conseillères à la recherche, en plus de prendre activement part à des initiatives de valorisation et de diffusion des connaissances. Ce passage l’a amenée à développer une solide connaissance du milieu de la recherche au Canada en plus de la préparer à collaborer au sein d’équipes interdisciplinaires. Aujourd’hui, elle côtoie quotidiennement des urbanistes, des toxicologues, des épidémiologistes, des politologues ou des nutritionnistes, entre autres. Elle a également eu la responsabilité de charges de cours en anthropologie du Québec et en méthodes qualitatives. Son parcours professionnel et académique lui a procuré les outils nécessaires pour mettre en valeur les forces de ces méthodes, comme leur capacité à décrire finement les réalités locales. 

Outre son doctorat, Olivia a développé des compétences en recherche qualitative comme auxiliaire de recherche au sein d’un projet dirigé par la professeure Sabrina Doyon sur les initiatives de valorisation environnementale au Bas-Saint-Laurent, de 2014 à 2018. C’est aussi dans ce contexte qu’elle a réalisé une maîtrise décrivant le processus décisionnel lié à la création d’une aire protégée dans cette région. Ainsi, elle a acquis une forte expérience de recherche en milieu rural, ce qui lui permet d’analyser finement les enjeux que vivent les collectivités rurales et éloignées dans le cadre de ses fonctions actuelles. Sa formation en anthropologie lui a apporté une sensibilité aux expériences vécues, aux manières dont les personnes s’organisent face aux enjeux ainsi qu’à l’importance de la reconnaissance de leurs savoirs. L’anthropologie met en lumière des perspectives critiques, essentielles à la rigueur scientifique et à l’analyse de la complexité des dynamiques sociales et des rapports de pouvoir qui s’y intriquent. 

Şükran Tipi

Şükran Tipi a soutenu en 2024 une thèse en anthropologie linguistique explorant les liens profonds entre langue, territoire et mémoire chez les Pekuakamiulnuatsh à Mashteuiatsh, communauté ilnu du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Elle a adopté une approche collaborative et éthique, développée en partenariat avec Pekuakamiulnuatsh Takuhikan et la Société d’histoire et d’archéologie de Mashteuiatsh (SHAM). Elle travaille actuellement comme directrice du projet Ojitodan pour la protection et la revitalisation de la langue anicinabe chez Minwashin, organisme culturel anicinabe sans but lucratif. Dans le cadre de ses fonctions, elle soutient les communautés anicinabek sur le territoire actuel du Québec dans leurs efforts de revitalisation, de réappropriation et de restitution de la langue et des savoirs anicinabe, à travers les trois axes structurants du projet Ojitodan ("Faisons et construisons quelque chose ensemble"), notamment recherche, transmission et valorisation. Son travail consiste donc à être à l'écoute et à construire des relations, dans le but de développer des initiatives localement adaptées aux besoins, en coconstruction avec les expert.e.s de la langue autant qu'avec les personnes dédiées à la transmettre en contexte communautaire et sur l'ensemble du territoire anicinabe.

Le programme de doctorat en anthropologie à l'Université Laval lui a permis de développer une expertise en anthropologie linguistique, tout en offrant une formation rigoureuse en collecte et analyse de données autant qu'en méthodologies qualitatives, tout en aiguisant son regard critique sur sa propre société, l'institutionnalisation des savoirs et les enjeux contemporains du local au global. Sa direction de recherche l’a aussi rapidement encouragée à publier dans des revues savantes et à participer à des colloques, ce qui lui a permis de tisser des liens avec d’autres chercheurs et chercheuses et de construire un réseau de relations de solidarité et de mentorat qui perdure bien au-delà de la diplomation. C'est ainsi depuis 2011 qu'elle fréquente le réseau du Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones (CIÉRA), comme membre d'abord du pôle ULaval, puis comme coordonnatrice scientifique du pôle régional du CIÉRA en Outaouais jusqu'en 2024, où elle a contribué à la mise en œuvre de projets de recherche et de formations en collaboration avec des partenaires autochtones d'ici et à l'international.

Parallèlement à son parcours académique, Şükran Tipi s’est engagée activement dans la construction de liens entre les milieux institutionnels et les communautés autochtones. À la suite de son implication au sein du conseil de bande de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh, elle a occupé depuis 2012 des fonctions clés en lien avec l'autochtonisation des milieux d'enseignement postsecondaire, notamment au Centre des Premières Nations Nikanite de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et également à l'Université du Québec en Outaouais (UQO), où elle a contribué à la mise en place du premier Bureau de liaison autochtone et au développement de mesures de soutien et d'accompagnement des personnes étudiantes autochtones tout au long de leur cheminement jusqu'à leur diplomation. Depuis 2022, elle est régulièrement appelée à donner des formations de sensibilisation aux enjeux et réalités autochtones, notamment à l'UQO où elle détient également un statut de chargée de cours au Département des sciences sociales. Son implication professionnelle en milieu communautaire et institutionnel avec les Autochtones de différentes nations et générations depuis plus que quinze ans amène Şükran Tipi à poser un regard réflexif sur les défis ontologiques et épistémologiques de la décolonisation, à partir de sa posture de chercheuse allochtone issue de l'immigration récente.

Catherine Morin Boulais

Depuis 2023, Catherine Morin Boulais est chercheure à la Direction de soutien aux familles du Secrétariat aux relations avec les Premières Nations et les Inuit. Elle est responsable des recherches sur le contexte médical, religieux, social, ou politique dans lequel plus de 200 enfants autochtones sont décédés ou disparus au cours du XXe siècle, après avoir été admis dans un établissement de santé ou de services sociaux québécois. Pour élaborer ses recherches, elle s’appuie sur les besoins exprimés par les personnes qui font appel à la Direction de soutien aux familles pour retrouver un proche autochtone. 

Avant de joindre le Secrétariat aux relations avec les Premières Nations et les Inuit, Catherine a travaillé comme analyste à Services aux Autochtones Canada. Parmi ses mandats, elle a documenté l’historique des pensionnats dits indiens au Québec et a participé à la coordination interministérielle et intergouvernementale des efforts pour répondre aux besoins des communautés touchées. Cette incursion au gouvernement fédéral a été précédée d’un emploi d’agente de transfert de connaissances et d’expertise au ministère des Forêts. Dans ce poste, elle a notamment contribué à la rédaction de la Stratégie nationale de production de bois et du Glossaire forestier. Préalablement, elle a occupé des postes d’agente de recherche ou d’assistante de recherche à l’École nationale de l’administration publique, à l’Institut national de santé publique du Québec, au CHU de Québec et à l’Université Laval.

Tout au long de son parcours professionnel, Catherine a mis à profit les compétences acquises dans sa formation en anthropologie, soit la maîtrise des méthodes de recherche qualitative, la rigueur scientifique, la capacité d’analyse, de rédaction et de synthèse, ainsi que la compréhension des dynamiques sociales et des rapports de pouvoir à l’œuvre. L’intérêt pour l’Autre et sa vision du monde, un esprit à la fois ouvert et critique et l’aptitude à tisser des liens, entre autres traits caractéristiques des anthropologues, se sont également avérés des atouts sur le marché du travail.

Servane Roupnel, Conseillère en recherche, sous-ministériat des Service correctionnels

Servane Roupnel

Servane occupe actuellement deux emplois qui lui permettent d'allier plusieurs facettes de sa formation anthropologique tout en répondant à ses passions entre la recherche et l'enseignement. Ainsi, son emploi principal est conseillère en recherche au sous-ministériat des Services correctionnels (ministère de la Sécurité publique). Ce travail à multiples facettes lui permet de répondre à des demandes ministérielles sur divers sujets autour du milieu correctionnel (besoins des détenus, statistiques correctionnelles pour la gestion du milieu, enjeux sociaux sur la sécurité et la détention au Québec). Son rôle est également d'accompagner les chercheurs (professionnels ou étudiants) dans leurs projets au sein des établissements de détention (vérifications sécuritaires, adaptations méthodologiques au milieu, accès aux établissements et individus visés, etc.). En plus de cet emploi, elle occupe le poste de chargée de cours au département d'anthropologie pour le cours « Diversité culturelle : contexte et enjeux » . Elle garde ainsi un pied dans le milieu universitaire, pour répondre à son besoin de transmission des connaissances auprès d'étudiants avec une grande diversité de parcours. 

Expériences professionnelles antérieures

Elle a travaillé tout au long de ses études universitaires, ce qui lui a permis d'accumuler une multitude d'expériences professionnelles. Elle débuté comme auxiliaire de recherche, notamment à l'ENAP, travaillant sur le leadership au sein de la fonction publique québécoise. Cela lui a permis de diversifier ses connaissances tout en travaillant avec une équipe pluridisciplinaire. Elle a ensuite occupé un poste de coordonnatrice nationale sur les questions de recherche scientifique et de genre au sein d'un organisme à but non-lucratif « Le Forum de Respect ». Son rôle était de développer des collaborations scientifiques sur tout projet de recherche visant le bien-être du personnel en uniforme (pompiers, policiers, militaires, paramédics, etc.). De plus, elle travaillait à faire reconnaitre les enjeux spécifiques liés au genre au sein des professions en uniforme. Cet emploi à rayonnement national lui a permis d’évoluer auprès de nombreux leaders du milieu de la Défense, de la Santé ainsi que du milieu universitaire pour contribuer au développement des connaissances sur les enjeux spécifiques à la population en uniforme. 

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi

Sa formation en anthropologie a toujours été un atout, et ce, dans toutes ses professions. Comme elle travaille continuellement dans une équipe multidisciplinaire, l'anthropologie, par son approche de décentrement, lui a permis de s'ouvrir à plusieurs points de vue dans une approche éthique et critique. Grâce à une méthodologie précise et pertinente dans l’appréhension des enjeux sociaux actuels, les anthropologues sont à même de répondre à des questions sensibles tant dans une approche scientifique qu'opérationnelle. Par la diversité des cours offerts tout au long de son parcours, elle a pu faire évoluer ses connaissances sur de très nombreux sujets, permettant une adaptation sans faille et déployant un esprit critique affuté. 

Pascal Vallières

Après avoir complété ses recherches doctorales sur la gouvernance internationale de l’environnement au département d’anthropologie de l’Université Laval, Pascal a travaillé, de 2021 à 2025, comme conseiller en coopération climatique internationale au ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. À ce titre, il a soutenu la mise en œuvre d’initiatives portées par des organisations québécoises en collaboration avec des partenaires locaux dans les pays francophones vulnérables d’Afrique et des Antilles, dans le cadre du Programme de coopération climatique internationale (PCCI).

Il travaille aujourd’hui comme consultant indépendant en coopération internationale et participe à la rédaction de diverses publications portant sur la gouvernance climatique et les projets d’adaptation aux changements climatiques. Il a codirigé l’ouvrage « L’Afrique subsaharienne au temps de l’Anthropocène », publié en 2025, qui explore les tensions entre développement économique et enjeux environnementaux dans cette région du monde.

De 2010 à 2019, il a été chargé de cours au département d’anthropologie de l’Université Laval, où il enseignait principalement sur les thèmes de la diversité culturelle et de la mondialisation en Afrique subsaharienne.

L’expertise développée au fil de ses études et de ses travaux doctoraux constitue un atout majeur dans ses fonctions précédentes et actuelles, où la compréhension des enjeux sociaux, économiques et environnementaux propres aux pays ciblés par la coopération climatique est essentielle pour le suivi et l’accompagnement des projets. Son expérience au sein des communautés rurales ouest-africaines lui a permis de reconnaître l’importance de la valorisation des savoir-faire locaux ainsi que la mobilisation des femmes et des jeunes, des leviers déterminants pour favoriser l’adoption de nouvelles pratiques dans les projets d’adaptation aux changements climatiques.

Aurélie Hot

En 2010, j’ai complété mon doctorat sous la supervision de Louis-Jacques Dorais. Ces années d’étude au département d’anthropologie ont représenté une découverte intellectuelle exigeante, tout comme une riche expérience humaine. Je travaille aujourd’hui comme conseillère principale de recherche à l’Université de Montréal, où je coordonne l’équipe RENARD en transfert de connaissances. J’aborde quotidiennement mon travail avec la boîte à outils que j’ai constituée grâce à mes études en anthropologie, c’est-à-dire avec une posture d’apprentissage, d’accompagnement et d’engagement.

Après un baccalauréat en littérature, j’ai compris que les sciences sociales convenaient mieux à mes attentes à la fois de formation et d’engagement actif dans la société. Au 3e cycle, j’ai pu travailler avec Louis-Jacques, un professeur inspirant, pour mieux comprendre les dynamiques linguistiques, notamment au Nunavut. À Iqaluit et Igloolik, j’ai eu la chance d’écouter des leaders culturels, politiques et académiques.

 

À la suite de mon doctorat, j’ai d’abord travaillé dans le milieu universitaire comme chargée de cours et professionnelle de recherche, puis dans le milieu communautaire VIH/sida québécois comme coordonnatrice de recherche, et enfin dans le réseau de la santé et des services sociaux comme spécialiste en mobilisation des connaissances. L’ensemble de ces expériences ont continué à façonner ma compréhension de la recherche appliquée, du rôle des leaders communautaires ou des personnes qui sont les premières concernées par nos recherches, et enfin du rôle que moi-même je souhaitais jouer, comme intermédiaire, dans le processus de mobilisation des connaissances.

Pierre Boris Nnde Takukam

Après avoir obtenu un baccalauréat en sciences sociales en 2007 et une maîtrise en développement et management de projets en 2009, Pierre Boris Nnde Takukam oriente finalement sa formation vers l’anthropologie pour réaliser son doctorat qu’il obtient avec succès à l’Université Laval en 2016. Il ne s’arrête pas là. Pierre Boris s’affaire désormais à accomplir un postdoctorat en tant que chercheur dans le domaine de la coopération internationale. Depuis septembre 2016, il recueille des données auprès d’acteurs et de réfugiés en situation humanitaire grâce au Fonds de recherche de la Croix-Rouge française.

Expérience professionnelle antérieure
Avant d’obtenir cet emploi temporaire, Pierre Boris a réalisé différents contrats comme auxiliaire d’enseignement et chargé de cours au Département d’anthropologie de l’Université Laval entre 2010 et 2015.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi
Son poste de chercheur pour la Croix-Rouge française est directement lié à sa formation avancée en anthropologie et cette dernière est essentielle, selon lui, à la réussite de sa mission. En effet, les données recueillies au cours de ses terrains ethnographiques dans les camps de réfugiés sont analysées grâce à des logiciels comme N'Vivo. Ensuite, les résultats sont transmis à la Croix-Rouge pour éclairer ses actions. Son doctorat en anthropologie lui a été très utile, le rendant apte à la recherche en lui procurant des outils précieux pour la construction de problématiques d’un point de vue critique et pour l'élaboration de solutions sur la base de résultats obtenus. Ces acquis lui sont essentiels aujourd’hui dans la réalisation quotidienne de son travail. Aussi, la maîtrise d’outils ou de logiciels d’analyse de données qualitatives développée grâce à sa formation en anthropologie lui est indispensable dans l’exercice de ses fonctions.

Finalement, Pierre Boris soutient que toute expérience de recherche (l’aspect routinier des pratiques de collecte de données) est importante pour un travail pertinent et d’un point de vue méthodologique, les approches participatives sont très mobilisées dans ses activités actuelles tout comme en anthropologie.

Mary Richardson

Depuis 2015, je travaille comme consultante-anthropologue autonome. Mes clients sont très variés, allant d’organismes communautaires, à des réseaux régionaux et provinciaux, aux programmes internationaux. Mes intérêts tournent autour des questions environnementales, particulièrement celles liées à l’agriculture et la ruralité. Mon parcours est aussi empreint de préoccupations pour des questions de santé, de genre, de développement des communautés et de développement international. Je suis également professeure associée au département Sociétés, territoires et développement de l’Université du Québec à Rimouski.

 

Parmi mes clients, je travaille depuis 2015 avec un programme international de la McKnight Foundation, le Collaborative Crop Research Program, qui soutient la recherche collaborative sur l’agroécologie dans douze pays d’Afrique et des Andes. J’y travaille spécifiquement auprès de réseaux de recherche avec les agriculteurs, pour lesquels je développe des mécanismes de partage de connaissances, de méthodologies et d’expériences. Aux niveaux régional et provincial, je travaille auprès du Réseau communautaire de Santé et des Services sociaux dans le développement des connaissances reliées à divers enjeux de vitalité des communautés d’expression anglaise au Québec. Au sein de ce réseau, je soutiens également des organismes communautaires avec la recherche-action, l’évaluation de projets et la planification stratégique. Les rôles que j’occupe tournent donc autour de l’animation de processus d’apprentissage collectif, presque toujours dans une perspective transdisciplinaire.

 

Après une maîtrise sur la vie reproductive des femmes au Yucatan, Mexique (1991), j’ai travaillé plusieurs années en tant que traductrice en parallèle à une implication bénévole comme accompagnante à la naissance et dans le soutien à l’allaitement. Par la suite, j’ai fait un retour vers l’anthropologie, travaillant comme assistante de recherche au département à l’Université Laval. J’ai obtenu une bourse de réintégration à la recherche (FQRSC) qui m’a permis d’entamer un programme de doctorat que j’ai complété en 2008 avec une thèse portant sur les agriculteurs biologiques au Québec. De 2009 à 2014 j’ai participé à plusieurs projets à l’Institut national de santé publique du Québec sur le développement des communautés en milieu anglophone au Québec, l’évaluation de la Politique nationale de la Ruralité du Québec, les consultations publiques sur les projets porcins, ou l’évaluation du guide Mieux vivre avec notre enfant.

 

Mon travail est profondément ancré dans la pratique de l’anthropologie et ses méthodes. Je mets à profit l’analyse de données qualitatives et les méthodes mixtes, me servant parfois de méthodes novatrices pour obtenir des informations sur des sujets complexes. Ces approches constituent souvent d’importantes contributions à des équipes multidisciplinaires. Je considère qu’une des forces de l’anthropologie est la capacité à entendre, avec un esprit ouvert, différentes perspectives, et à y trouver un sens à travers une recherche et une analyse rigoureuse. Puisque mes mandats visent en général l’action, je tiens à soutenir l’agencéité des individus et leur capacité à produire de la connaissance sur leurs propres réalités. L’anthropologie me fournit une perspective importante sur différentes formes de connaissance, incluant les connaissances produites par d’autres disciplines. Un des fils conducteurs anthropologiques qui traverse ce parcours un peu éclectique est mon intérêt pour les savoirs locaux, empiriques ou traditionnels, et aussi pour les différentes façons d’être au monde et d’incarner des valeurs dans la pratique. En effet, les réseaux de recherche avec les agriculteurs (qui occupent une grande place dans mon travail) fournissent un espace de dialogue entre différents savoirs (« scientifiques » et « locaux ») sur les éléments de l’agroécosystème. D’autres projets à venir permettront également de mettre en réseau des gens ayant des connaissances spécialisées liées à la production et transformation de produits agricoles. Enfin, par la création en arts visuels, je tisse des liens entre le jardinage, l’élevage et l’expression artistique.

Philippe Messier

À la suite de sa maîtrise à l’Université Laval (2010) et de son doctorat en anthropologie à l’Université McGill (2019), Philippe Messier a complété un postdoctorat financé par le FRQSC au centre d’études graduées de l’Université de la ville de New York (CUNY Graduate Center) et à l’Université Trent (2019-2020). Il occupe maintenant un poste de professeur adjoint (assistant professor) au Département de sociologie et d’anthropologie de l’Université de l’Île du Prince-Édouard à Charlottetown (UPEI). Il y enseigne en 2020-2021 les cours Field Methods, Socio-Cultural Imagination, Introduction to Anthropology, et Anthropology of Media and Infrastructure. Il est également le chercheur principal d’une subvention CRSH développement Savoir intitulée « Connecting People Positively? The Infrastructure of Mobility in Democratic India and Socialist Vietnam », en collaboration avec des cochercheurs et cochercheuses aux universités Laval, McGill et Guelph.

Avant de joindre UPEI, Philippe a enseigné l’anthropologie à temps partiel dans trois institutions : au Collège LaSalle (Montréal), à l’Université Trent (Peterborough) et à l’Université Laval. Également formé en cinéma, il a produit des vidéos pour Equitas, Communautique, le Centre d’action Bordeaux-Cartierville, la Maison du père, les Maisons de jeunes St-Léonard et Bordeaux-Cartierville, et pour le Centre de recherche pour l'inclusion des personnes en situation de handicap (CRISPESH). En 2013-2014, il était chercheur invité à l’École Sarojini Naidu pour les arts et la communication à l’Université de Hyderabad.

Au fil des années, Philippe a tenté d’utiliser ses compétences en production vidéo pour élargir l’accès au savoir anthropologique. Grâce aux approches multimodales et collaboratives, il tente de révéler les engagements affectifs, sociaux et techniques des relations qu’il entretient avec les participants à la recherche et de les exposer à ses étudiants et étudiantes. La production vidéo, comme manière de penser la discipline, est ainsi partie intégrante de son enseignement de l’anthropologie et vice versa.

Philippe tente de maintenir un dialogue entre l’anthropologie sociale et culturelle et des disciplines aussi distinctes que l’ingénierie, la biologie, ou les sciences de l’information. À UPEI, il s’efforce d’inclure et de mettre en relation des étudiants et étudiantes de différents horizons disciplinaires dans ses projets de recherche et dans son enseignement.

Ana Marin

Mes études au doctorat en anthropologie au département ont été précédées par un baccalauréat et maîtrise en philosophie (Université d’État de Moldavie), d’une maîtrise en bioéthique (Université d’État de Médecine et Pharmacie « Nicolae Testemitanu », Moldavie) et d’une maîtrise interdisciplinaire en sciences sociales (Université de Bucarest). Ainsi, après mon doctorat en anthropologie, je suis retournée vers l’éthique en santé, imprégnée par ce que les sciences sociales, et l’anthropologie en particulier, ont apporté à ma formation. Actuellement, je suis conseillère en éthique clinique et organisationnelle au CISSS de Chaudière-Appalaches. Dans ce rôle, je soutiens les membres du personnel et l’organisation dans leurs dilemmes éthiques, je donne des formations et coordonne les activités des comités d’éthique clinique et organisationnelle qui relèvent du conseil d’administration de l’établissement. Impliquée aussi en éthique de la recherche, je préside le comité d’éthique de la recherche (CER) du CISSS de Chaudière-Appalaches et j’agis comme vice-présidente du CER du CHU de Québec-Université Laval. De plus, je suis professeure associée au laboratoire dirigé par la professeure Chantal Bouffard, Service de génétique, Département de pédiatrie, Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke, et membre associée de l’Institut d’éthique appliquée de l’Université Laval.

À la fin de mon doctorat en anthropologie à l’Université Laval (2009), j’ai travaillé comme professionnelle de recherche (Chaire de Santé, spiritualité, religion, Université Laval) et comme conseillère en éthique de la recherche (au Centre hospitalier affilié, et par la suite au CHU de Québec), pour changer après pour le domaine de l’éthique clinique et organisationnelle en 2016 au CISSS de Chaudière-Appalaches. En parallèle, j’ai effectué un postdoctorat au laboratoire de la professeure Chantal Bouffard (Université de Sherbrooke, 2010-2012). J’ai collaboré à des projets de recherche en santé (volet recherche qualitative) et en éthique, avec des équipes de l’Université de Sherbrooke et de l’Université Laval. 

En éthique, les intervenants viennent avec leur bagage disciplinaire - philosophie, médecine, soins infirmiers, etc. Dans un contexte multi et interdisciplinaire, j’affiche fièrement ma formation anthropologique et je vois clairement son apport à ma façon de concevoir l’éthique. La formation à la recherche en anthropologie, m’a permis de m’impliquer dans certains projets de recherche en santé comme cochercheuse, comme membre et présidente de CER et, depuis peu, de développer une programmation de recherche en éthique en santé et services sociaux (ETH-O-SSS) au sein du Centre de recherche du CISSS de Chaudière-Appalaches, en collaboration avec des chercheurs de trois universités québécoises (Université Laval, UQAR et Université de Sherbrooke). 

Laurent Jérôme

Laurent Jérôme est arrivé à l’Université Laval en 2000 dans le cadre d’un échange d’une année dans le cadre de sa maîtrise en anthropologie, et il y est resté pour compléter son doctorat en 2010. Depuis 2012, il est professeur d’anthropologie au département de sciences des religions de l’UQAM. Il est directeur de l’antenne montréalaise du Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones (CIÉRA-Montréal) ainsi que du Groupe de recherche interdisciplinaire sur les affirmations autochtones contemporaines (GRIAAC-UQAM). Coresponsable des programmes en études autochtones (avec N. Houde) de l’UQAM depuis 2015, il est également directeur de la Revue Recherches amérindiennes au Québec depuis 2018. Il poursuit ses recherches de terrain avec les Atikamekw et mène des recherches en milieu muséal et en contexte amazonien (Brésil).

Pendant son doctorat, il a occupé les fonctions d’auxiliaire d’enseignement pour différents cours de 1er cycle du département ainsi que d’assistant de recherche dans des projets de recherche subventionnés.  À quelques mois de la soutenance de sa thèse, il a obtenu un poste de chargé de recherche au Musée de la civilisation de Québec. Responsable de mettre en place une démarche participative de réalisation des contenus d’une nouvelle exposition portant sur les Premières Nations et les Inuit du Québec (C’est notre histoire. Premières Nations et Inuit du XXIe siècle, 2013-en cours), il a travaillé avec divers organismes culturels autochtones reconnus tels que la Boîte Rouge vif, l’Institut Tshakapesh ou la Société d’histoire atikamekw.

L’anthropologie lui permet aujourd’hui d’enrichir et de renforcer la programmation du département de sciences des religions de l’UQAM, qui a développé un champ d’expertise original et unique basé sur une approche non-confessionnelle et interdisciplinaire des relations entre culture et religion dans différentes sociétés. Ses compétences dans le domaine des études de terrain et des méthodologies participatives et décoloniales lui permettent de valoriser une vision anthropologique des faits religieux, d’analyser les continuités et les transformations des sociétés et des cosmologies autochtones, mais aussi d’amener des groupes d’étudiant-e-s sur le terrain pour des stages ethnographiques immersifs au Québec ou en Amazonie brésilienne.

Eve Dubé

Eve Dubé est chercheuse au Groupe scientifique en immunisation de l’Institut national de santé publique du Québec et dans l’axe maladies infectieuses et immunitaires du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval. (Ph. D. 2007)

Elle est passionnée d’anthropologie depuis son tout jeune âge. Elle a étudié au Département d’anthropologie de l’Université Laval où elle a développé un intérêt pour l’anthropologie de la santé. À la suite de l’obtention de son doctorat, elle a joint le Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval. Spécialiste des méthodes qualitatives, elle oriente principalement ses travaux de recherche sur les enjeux culturels, sociaux et éthiques entourant la prévention des maladies infectieuses. Son programme de recherche, qui porte principalement sur les déterminants psychosociaux et culturels de la vaccination, s’inscrit en continuité avec ses recherches doctorales où elle s’est intéressée aux enjeux éthiques et d’acceptabilité des interventions de réduction des méfaits en santé publique. Elle s’intéresse particulièrement au phénomène de l’hésitation à la vaccination.

Elle a mené plusieurs recherches au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde pour mieux comprendre pourquoi les parents hésitent à faire vacciner  leurs enfants et pourquoi certains professionnels de la santé entretiennent des doutes sur la vaccination. De 2012 à 2014, elle a siégé au comité d’experts sur l’hésitation à la vaccination de l’Organisation mondiale de la santé. Les travaux de ce comité ont permis de développer un cadre théorique des causes et des déterminants de l’hésitation à la vaccination qui servira d’assises conceptuelles pour les recherches dans ce domaine. Eve Dubé dirige actuellement le réseau de recherche en sciences sociales et humaines du Canadian Immunization Research Network portant sur la vaccination, lequel est financé par l’Agence de santé publique et les Instituts de recherche en santé du Canada. Elle s’intéresse également au transfert des connaissances, c’est-à-dire à l’intégration des données probantes dans les pratiques et politiques et mène différents projets dans ce domaine, notamment en lien avec la prévention des infections en milieux hospitaliers, de l’antibiorésistance et à l’implantation de mesures de réduction des méfaits.

Marie-Pierre Bousquet

À l’automne 2002, après avoir complété son doctorat au Département d’anthropologie de l’Université Laval (thèse en cotutelle avec l’Université de Paris X Nanterre en France, commencée à l’automne 1995, soutenue en automne 2001), Marie-Pierre a obtenu un poste de professeure adjointe au Département d’anthropologie de l’Université de Montréal, où elle continue sa carrière depuis.

Avant son embauche à l’Université de Montréal, Marie-Pierre a été chargée de cours à l’Université de Paris X Nanterre et a travaillé à ranger les archives de Robert Hertz au Laboratoire d’anthropologie sociale à Paris. Elle a également effectué, à titre de stagiaire non rémunérée, des stages au Musée de l’homme (Paris) et au Musée de la civilisation (Québec).

Depuis son tout premier cours dans la discipline, Marie-Pierre espérait avoir la chance d’exercer une profession lui permettant de vivre sa passion. Elle ne s’attendait pas à trouver un poste aussi vite et s’était préparée à l’éventualité d’utiliser les compétences qu’elle avait acquises dans d’autres milieux professionnels.

Passionnée depuis la maîtrise par les cultures et les sociétés des Premières Nations du Québec, Marie-Pierre a créé le programme en études autochtones de l’Université de Montréal, programme pluridisciplinaire qui a été inauguré à l’automne 2015. Outre ses travaux de recherche et ses activités académiques diverses, elle effectue des projets de transfert de connaissances d’abord aux Premières Nations concernées, puis au grand public. Elle a ainsi monté des expositions muséales dans deux communautés anicinabek et a envie de tenter le médium de la bande dessinée, outil qu’elle a testé avec Emanuelle Dufour et Sébastien Brodeur-Girard à l’occasion des élections présidentielles françaises de 2017. Elle s’investit également dans l’amélioration de l’accueil des étudiants autochtones dans son université et a créé en 2016 le prix Claude-Kistabish, qui récompense la persévérance des étudiants autochtones dans les études postsecondaires.

Aurélie Maire

Aurélie Maire est rédactrice en chef de la revue Études Inuit Studies, publiée par le Centre interuniversitaire d’études et de recherches autochtones (CIÉRA, Faculté des sciences sociales) à l’Université Laval. Son travail consiste en la publication d’articles scientifiques bilingues consacrés aux Inuit, à leur culture, à leur langue et à leur environnement, rédigés par les acteurs des milieux circumpolaires, Inuit et Qallunaat (non-Inuit), des chercheurs universitaires et des professeurs en sciences humaines et sociales ou en santé publique, par exemple. Concrètement, il s’agit de : définir les thématiques des numéros qui seront publiés en collaboration avec des rédacteurs invités – différents selon chaque numéro – ; s’assurer de la qualité des articles soumis avant de les faire évaluer par les pairs ; faire le suivi avec les auteurs de chaque article ; coordonner les corrections, les révisions linguistiques et les traductions des textes ; mettre en page et éditer les manuscrits ; veiller au respect des droits d’auteurs, etc.

Être rédactrice d’une revue scientifique est très stimulant intellectuellement, car nous apprenons toujours de nouvelles choses, mais c’est aussi très exigeant quant à la qualité du travail visé. Passionnée par la culture inuit depuis son plus jeune âge, cette fonction lui permet de conserver des liens étroits avec les communautés inuit, de rester informée de l’actualité de la recherche scientifique pluri- et inter-disciplinaire, de développer des partenariats entre des organismes inuit, des universités et des artistes, notamment, tout en favorisant la diffusion des savoirs et des savoir-faire auprès des Inuit et des Qallunaat, qu’ils soient scientifiques ou non. Aurélie adore son travail qui lui ouvre de nouveaux champs de connaissances perpétuels qu’elle partage avec les lecteurs de la revue Études Inuit Studies.

Expériences professionnelles antérieures

Récemment, Aurélie a contribué significativement aux travaux de différents paliers de gouvernements du Canada, en tant que consultante indépendante. Elle a ainsi participé à l’élaboration du Rapport final de la Commission d’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA), et de ses annexes (Rapport provincial Québec et autres documents). Son expertise a également été sollicitée par le Ministère de l’Éducation de l’Ontario, lors de la mise à jour curriculum scolaire collégial et préuniversitaire, et de son contenu axé sur la culture inuit et celles des Premières Nations au Canada. Aurélie a, par ailleurs, été responsable de l’organisation de plusieurs congrès scientifiques, mandatée par l’Institut nordique du Québec (INQ) et le Centre Interuniversitaire d’études et de recherche (CIÉRA, Université Laval), notamment : elle a ainsi organisé le Forum Santé Nord 2016 Northern Health Forum et le 19e Congrès d’études inuit/Inuit Studies Conference : Qaumaniq, le savoir qui illumine – Qaumaniq, Enlightening Knowledge (Université Laval, 2014).

Ces dernières années, Aurélie a occupé différentes fonctions, que ce soit : dans le domaine de l’édition scientifique, en tant que codirectrice des Cahiers du Ciéra ; dans le domaine de la santé publique, en tant que professionnelle de recherche au Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval où elle a travaillé sur des projets de recherches en santé publique inuit au Nunavik et au Nunavut ; ou dans les domaines muséal et culturel, en tant que chargée de projets pour l’Institut culturel Avataq, le Musée des Beaux-Arts de Montréal, ou le Centre culturel inuit Inuksuk à Paris, entre autres. Également titulaire d’une maîtrise en histoire de l’art (et d’un diplôme de langue et de culture inuit), Aurélie Maire est spécialiste des arts graphiques inuit et plus largement, des pratiques artistiques contemporaines autochtones au Canada. C’est dans ce cadre qu’elle a collaboré à l’organisation d’expositions internationales d’arts inuit au Québec et en France. Parallèlement à ces mandats, Aurélie a aussi travaillé à la galerie Inuit Art Zone à Québec durant presque dix ans et pour son plus grand plaisir!

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi

Sa formation doctorale en anthropologie lui a permis d’acquérir de nouvelles compétences qu’elle met en pratique chaque jour. Le travail méthodique et rigoureux de la collecte ethnographique de données, les différentes approches d’analyse anthropologique, et l’expérience du terrain en milieux inuit et autochtones représentent des atouts majeurs et des expertises uniques qui s’avèrent indispensables dans l’exécution de ses mandats professionnels, à titre de rédactrice en chef de la revue Études Inuit Studies et de consultante indépendante auprès d’organismes gouvernementaux ou non. L’anthropologie, combinée à l’histoire de l’art et à l’ethnolinguistique, offre différents niveaux de lectures et d’analyses critiques, divers points de vue, ainsi qu’une vision d’ensemble nécessaire à toute élaboration d’un discours ou d’un argumentaire qui permet de mettre en œuvre de solides collaborations avec les communautés et les individus avec lesquels on travaille et de prendre position en leur faveur, le cas échéant, de manière structurée et cohérente. Aurélie croit qu’une fois devenu(e) anthropologue, nous le restons à jamais : cette soif de connaissance et de compréhension des cultures autres que la nôtre perdure, la curiosité intellectuelle et le partage des savoirs nous animent chaque jour et notre intérêt pour la différence reste insatiable.

Benoit Éthier

À l’automne 2017, après avoir complété son doctorat au département d’anthropologie de l’Université Laval (2012-2017), Benoit a obtenu un poste de professeur adjoint à l’École d’études autochtones de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. En continuité directe avec ses études graduées, ses projets de recherches actuelles portent sur les enjeux territoriaux autochtones, la transmission des savoirs, le droit coutumier et la coexistence entre autochtones et allochtones.

 

Expériences professionnelles antérieures :

Avant d’être embauché à l’École d’études autochtones, Benoit a été auxiliaire de recherche et d’enseignement au département d’anthropologie de l’Université Laval (2012-2017). Entre 2010 et 2012, avant le début de son doctorat, il a aussi travaillé comme agent de recherche à la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador (CSSSPNQL)

 

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi :

Les approches théoriques et méthodologiques mobilisées par Benoit dans ses projets de recherche actuelle sont directement issues des disciplines de l’anthropologie et de la géographie sociale. Parmi les différentes approches théoriques et conceptuelles mobilisées, notons l’anthropologie du savoir, l’anthropologie juridique et la perspective ontologique. Dans son enseignement à l’École d’études autochtones, qui se veut un département multidisciplinaire, Benoit s’inspire aussi largement des concepts et approches anthropologiques. Il utilise plusieurs exemples issus de ses séjours au sein des communautés autochtones pour mieux expliquer les concepts et approches théoriques.

Eduardo Gonzales Castillo

Docteur en anthropologie de l’Université Laval (2010), Eduardo est professeur adjoint au Département de criminologie de l’Université d’Ottawa depuis 2017. Il s’agit d’un département très connu par l’approche critique de ses enseignants ainsi que par la richesse des problématiques abordées dans les recherches qui y sont réalisées. Outre la participation à différents projets de recherche, Eduardo est responsable de l’enseignement de cours concernant les jeunes en difficultés avec la loi (CRM 3712 Jeunes et justice), l’intervention communautaire (CRM 2710), l’action politique collective (CRM 4720 Justice sociale en action) et la dimension sociale de la violence (CRM 4746 Violence et société). Ses responsabilités incluent également la direction des travaux de recherche des étudiants à la maîtrise et au doctorat.

Expériences professionnelles antérieures

Avant de devenir professeur à l’Université d’Ottawa, Eduardo a collaboré comme enseignant dans différentes institutions éducatives au Canada et au Mexique. Ainsi, au Canada, il a travaillé comme chargé de cours au département de géographie de l’Université de Montréal, à l’École d’études sociologiques et anthropologiques de l’Université d’Ottawa et à l’École nationale d’administration publique. Certaines de ces activités ont été exercées dans le cadre de différents stages postdoctoraux (dont un financé par le CRSH). Au Mexique, Eduardo a travaillé dans le programme de maîtrise en anthropologie socioculturelle de la Benemérita Universidad Autónoma de Puebla.

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi

Comme anthropologue social, Eduardo offre aux étudiants en criminologie de l’Université d’Ottawa un regard nécessaire à la compréhension de la dimension culturelle et politique du rapport à la loi, surtout en ce qui concerne les pratiques des jeunes. En effet, une criminologie qui se veut non seulement critique, mais aussi rigoureuse (dans le sens académique du terme) sort gagnante de l’utilisation des différents outils conceptuels développés dans le domaine de l’anthropologie pour comprendre le caractère multidimensionnel et contradictoire des pratiques de régulation sociale ainsi que les différentes dynamiques culturelles qui y sont associées.

Marie-Thérèse Atsena Abogo

Après avoir obtenu un baccalauréat et une maîtrise en communication, c’est vers l’anthropologie que Marie-Thérèse s’est tournée pour effectuer son doctorat qui a grandement ajouté à son parcours antérieur, déjà ancré dans le domaine de la coopération internationale. Elle travaille actuellement comme coordonnatrice des services au Centre d’action bénévole de Cowansville (Québec). Elle est responsable du recrutement et de la gestion de plus de 100 bénévoles et du soutien de plus de 20 organismes oeuvrant dans le domaine communautaire.

Expériences professionnelles antérieures

En 2016-2017, elle fut à l’emploi du Centre canadien d’étude et de coopération internationale (CECI) et affectée à la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), à Darkar, au Sénégal. Marie-Thérèse travaillait en vue d’améliorer les capacités des principaux acteurs du gouvernement et des marchés à participer à des réseaux multiacteurs contribuant à des marchés durables inclusifs des femmes et des jeunes. Son mandat était d’assurer la mise en œuvre et l’amélioration du plan de communication, plus spécifiquement de la visibilité des initiatives du Centre pour le développement du genre (CCDG) de la CEDEAO, tant à l’échelle régionale qu’à celle des États membres. Les initiatives de cet organisme visent à favoriser l’autonomisation économique des femmes, l’éducation des jeunes filles, la santé reproductive, la paix et la sécurité de la femme.Marie-Thérèse a aussi œuvré comme conseillère volontaire en plaidoyer et sensibilisation (Advocacy & Outreach) au CHIMO Crisis Centre de la région de Vancouver, comme conseillère en approvisionnement dans une filiale d’ExxonMobil au Cameroun et comme conseillère en communication dans les secteurs gouvernementaux et parapublics au Cameroun.

 

Pertinence de l’anthropologie dans son domaine d’emploi

Son parcours en anthropologie a notamment aidé Marie-Thérèse à s’intégrer dans son nouveau milieu de travail au Sénégal. Grâce à ses compétences anthropologiques en observation et analyse des pratiques quotidiennes, elle a rapidement interprété la culture de l’institution et de son nouveau milieu professionnel de la même manière qu’elle l’aurait fait pour un terrain anthropologique.

Candice Cornet

Candice Cornet travaille depuis janvier 2025 en tant que coordonnatrice du bureau de la recherche à l'Institut de technologie agroalimentaire du Québec (ITAQ). Elle assure la mise en place de cette nouvelle structure pour les deux campus de Saint-Hyacinthe et La Pocatière. Son mandat est vaste : concevoir l'architecture complète du bureau, de la rédaction des politiques de recherche à la gestion budgétaire, en passant par l'accompagnement des chercheurs, la prospection de financements et le développement de partenariats stratégiques. Elle a récemment constitué un comité d’éthique pour traiter la multitude de projets auxquels participe l’ITAQ.

Parallèlement, l'ITAQ et son nouveau bureau de la recherche ont été sollicités par la Ville de Contrecœur pour agir comme conseil scientifique. Depuis mai 2025, Candice Cornet y assume le rôle de scientifique en chef, collaborant avec l'administration municipale sur des dossiers structurants : l'extension du Port de Montréal, l'aménagement d'un parc agricole, la révision des règlements sur la gestion des eaux pluviales. L'objectif des conseils scientifiques au Québec: ancrer les décisions municipales dans l'expertise scientifique.

EXPÉRIENCES PROFESSIONNELLES ANTÉRIEURES

Après un parcours d’études aux trois cycles en anthropologie, à Concordia et McGill d’abord, puis au doctorat à l’Université Laval, et enfin un postdoctorat à l’Université de Washington à Seattle, Candice Cornet s’est consacrée pendant 22 ans à l'enseignement au Cégep de Saint-Hyacinthe et pendant 10 ans comme chargée de cours à l'Université de Montréal. La recherche a jalonné toute sa trajectoire, la portant notamment en Chine (2000-2013) et au Maroc (2016-2025). Son intérêt croissant pour les systèmes alimentaires l'amène, lors d'un congé différé à l'automne 2020, à entreprendre une formation technique à l'ITAQ en production horticole. Forte de cette expérience, elle coorganise un colloque majeur sur l’avenir de l’agroalimentaire québécois en 2022. Son profil unique, conjuguant regard anthropologique, passion pour les systèmes alimentaires et compréhension des réalités agronomiques, lui vaut le poste qu'elle détient aujourd'hui.

PERTINENCE DE L’ANTHROPOLOGIE DANS SON DOMAINE D’EMPLOI

Entourée d'agronomes, de scientifiques issus des domaines de la chimie, de la physique, de l'environnement et du génie, Candice Cornet est souvent la seule à représenter les sciences humaines. L'anthropologie apporte un regard différent, qui tend à surprendre et déstabiliser. Cette discipline développe un regard critique unique : elle déconstruit les évidences, traverse les frontières disciplinaires et culturelles, et inscrit les défis dans une perspective temporelle élargie. C'est précisément cette posture qui fait de l'anthropologie un acteur clé de l'innovation pour repenser les systèmes qui nourriront le monde. Longtemps méconnue et sous-estimée, cette discipline est de plus en plus considérée essentielle pour affronter les défis contemporains, particulièrement dans ce cas-ci, ceux liés à la subsistance et à la sécurité alimentaire.